Critique : Rush

Affiche française du film Rush de Ron Howard avec Chris Hemsworth et Daniel Brühl
Mon ennemi juré

Fiche

D’après une histoire vraie
Titre:Rush
RéalisateurRon Howard
ScénaristePeter Morgan
ActeursChris Hemsworth, Daniel Brühl, Olivia Wilde, Natalie Dormer
Titre original:Date de sortie:25 septembre 2013
Pays:États-Unis, Allemagne, Royaume-UniBudget:38 000 000 $
Genre:Action, Biopic, Drame, SportDurée:2h 03

RUSH retrace le passionnant et haletant combat entre deux des plus grands rivaux que l’histoire de la Formule 1 ait jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant pour les illustres écuries McLaren et Ferrari. Issu de la haute bourgeoisie, charismatique et beau garçon, tout oppose le play-boy anglais James Hunt à Niki Lauda, son adversaire autrichien, réservé et méthodique. RUSH suit la vie frénétique de ces deux pilotes, sur les circuits et en dehors, et retrace la rivalité depuis leurs tout débuts.

Critique

Le duo derrière l’excellent Frost/Nixon, le réalisateur Ron Howard et le scénariste Peter Morgan, nous offrent une vision sur la rivalité hors du commun entre les deux pilotes de F1 : James Hunt et Niki Lauda. Le tout sans arrêt au stand…

Autrefois, un réalisateur estimé, Ron Howard a perdu beaucoup de crédit à mes yeux à force d’aligner les films moyens Le Grinch, Da Vinci Code, Anges et Démons et en 2011, Le Dilemme. D’autant plus rageant que le bonhomme est capable de perles : Apollo 13, En direct sur Ed TV, Un homme d’exception, De l’ombre à la lumière (mon préféré) et Frost/Nixon. On peut remarquer que trois des films précédemment cités partagent le point commun de se dérouler dans le passé. De bon augure pour Rush ?

Autrefois, un réalisateur estimé, Ron Howard a perdu beaucoup de crédit à mes yeux à force d’aligner les films moyens.

Je ne vais pas faire de suspense. Direct, la conclusion : j’ai pris un pied sur Rush. Loin d’être le film décérébré de course que l’affiche laisse envisager. Rush est un film intelligent revenant sur la rivalité légendaire des deux pilotes. Le scénario de Peter Morgan est impeccable. Aucun pilote n’est starifié. Au contraire, chacun a ses qualités et ses défauts, mieux même, ils sont l’exact opposé. La seule chose qui les réunit est leur amour pour la Formula One. C’est agréable d’assister à un film où on s’attache aux deux personnages (un pari que n’avait pas réussi Warrior tant Tom Hardy noyait son partenaire sous une vague scélérate de charisme). Aussi, on peut souligner son scénario habile qui prend tour à tour le point de vue des deux pilotes sans aucune rupture dans la narration. J’ai été bluffé par ce tour de force. Par contre, j’ai été un peu déçu de voir que les relations familiales des héros passent à la trappe, surtout suite à la scène où Niki Lauda s’engueule avec son père.

Chris Hemsworth prouve encore une fois qu’il est un excellent acteur. Pas étonnant qu’il soit demandé partout. Par contre, Daniel Brühl risque d’en surprendre plus d’un. L’acteur, vu dans le très bon film SF Eva, campe avec brio Niki Lauda, au point que face aux images d’archive du vrai Niki, on est un peu confus. On pourrait parler des seconds rôles, mais il n’y a pas grand chose à dire, solides, ils permettent aux acteurs principaux de se sublimer.

Là, où j’attendais Ron Howard, c’était au niveau des courses. C’est donc avec plaisir que je vous annonce que le réalisateur a accompli sa mission. Les courses sont un régal à suivre grâce à la multiplication de caméras, cela permet de dynamiter le rythme des courses tout en restant très lisible. Le plan le plus impressionnant reste celui où la caméra allongée sur l’herbe, on voit les voitures de course passer à quelques centimètres et l’herbe est déchiquetée par les roues. Ron Howard réussit à retranscrire toute la pression du pilote et la vitesse des courses (pas forcément évidente à assimiler en regardant la télévision). On peut regretter tout de même leur brièveté. Hormis la course finale, elles ne durent à peine plus de quelques minutes. À noter que les effets spéciaux sont impeccables car quasiment invisibles.

Ron Howard réussit à retranscrire toute la pression du pilote et la vitesse des courses.

Ce n’est pas tout, le réalisateur réussit à distiller quelques plans marquants et empreints de poésie (excellente photographie en passant) comme les yeux de Chris Hemsworth scrutant le ciel nuageux lors de sa dernière course. Évidemment aucun n’atteint la maestria de la scène d’ouverture du documentaire d’Asif Kapadia, Senna, qui me fout des frissons à chaque fois que je la regarde.

On peut en ressortir une analyse intéressante en regardant Rush. C’est vraiment dans l’adversité que les grands sportifs deviennent des légendes (un constat d’ailleurs visible avec le duel Senna/Prost). Sans compter sur le fait que le duel Hunt/Lauda nous livre des moments spectaculaires. Surprenant que personne ne s’est encore penché sur le sujet. Car cinématographiquement parlant, c’est tout juste parfait. Après avoir vu le film, j’ai une petite pensée pour le duel Ronaldo/Messi. Au lieu de se battre pour savoir qui est le plus fort, estimons-nous heureux de vivre une belle aventure footballistique avec ces deux cyborgs.

Conclusion

Ron Howard signe un retour fracassant avec Rush (décidément, le bonhomme est à l’aise avec les biopics). Pas un film de course, mais un film de pilotes. Agréable à suivre grâce à une narration impeccable (merci Peter Morgan), Rush est l’excellente surprise de l’année. On ressort de la salle avec une belle banane.

+– Deux acteurs excellents
– Une rivalité sportive exceptionnelle avec une grande puissance dramatique
– Narration impeccable
– Superbe réalisation
– Des courses parfois trop courtes
– Les relations familiales des héros ne sont pas approfondies
Trophée9/10
Affiche de Rush
Affiche de Rush

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