Critique : The Way, La route ensemble

Pour l’amour d’un fils

Fiche

D’après le livre Off the Road: A Modern-Day Walk Down the Pilgrim’s Route Into Spain de Jack Hitt
Titre:
The Way, La route ensemble
Réalisateur(s): Emilio Estevez
Scénariste(s): Emilio Estevez
Acteurs: Martin Sheen, Emilio Estevez, Deborah Kara Unger, Yorick van Wageningen, James Nesbitt
Titre original: The Way Date de sortie: 25 septembre 2013
Pays: Espagne Budget:
Genre: Aventure, Comédie, Drame Durée: 2h 08

Tom Avery, médecin américain à l’existence confortable, se rend d’urgence en France où son fils Daniel vient de disparaître lors d’un accident en montagne. Il découvre sur place que ce fils qu’il n’a jamais compris avait entrepris le pèlerinage de Compostelle. Tom décide alors de prendre le « camino ». Sur sa route, il croise Jack l’irlandais, Sarah la canadienne ou encore le hollandais Joost, pèlerins aux caractères bien trempés. D’abord fuyant, Tom s’ouvre pas à pas, à mesure qu’il apprend enfin à « marcher ensemble ».

Critique

The Way, La route ensemble vous propose de faire un pèlerinage tranquillement installé sur votre fauteuil. Le tout accompagné de Martin Sheen pour une réalisation de son fils…

Hein ? Charlie Sheen a réalisé The Way, La route ensemble. Non, il s’agit d’Emilio Estevez, le vrai frère de Charlie (quoiqu’en pense Alan). Estevez ? Mais ce n’est pas Sheen, son nom ? Il s’est marié et a pris le nom de sa femme ou quoi ? Non, tout simplement Sheen est un nom théâtral (faut dire que ça sonne mieux qu’Estevez). Charlie Sheen s’appelle réellement Carlos Estévez (il apparaît d’ailleurs sous son vrai nom dans le prochain Machete). Quant à celui de Martin Sheen, c’est encore plus tordu : Ramón Estévez. T’arrives à suivre jusque-là ? Passons désormais à la critique du film.

The Way, La route ensemble est la preuve qu’on peut encore un film sur des hommes et des femmes, en toute amitié.

Tom Avery (Martin Sheen) connaît la douleur de perdre son fils (unique de surcroît). Ce dernier a quitté notre planète lors d’une tempête lors de son premier jour de pèlerinage. Le père décide de prendre la suite de son fils et d’achever cette quête. Ce sera l’occasion de faire la connaissance avec d’autres personnes dans une ambiance très L’Auberge Espagnole.

Le long-métrage de Cédric Klapisch est probablement le film qui s’approche le plus de The Way, La route ensemble. On retrouve le même ton à la fois malicieux, humoristique et émouvant tout en découvrant un riche panel de cultures. Autant dire qu’on passe un agréable moment dont l’empreinte humaniste fait plaisir dans un cinéma lorgnant trop sur le drame ou la romance. Comme quoi, on peut encore un film sur des hommes et des femmes, en toute amitié.

Martin Sheen est un acteur monstrueux, mais tellement rare ces derniers temps. On l’avait entrevu en oncle Ben dans The Amazing Spider-Man ou dans la sitcom de son fils, Anger Management. Il est à l’honneur du film du jour et prouve que les années ont beau passer, le talent ne meurt jamais. Il joue plusieurs émotions, allant de l’humour (la scène où il est bourré est un délice), du drame (difficile de ne pas lâcher une petite larme devant son visage meurtri par la découverte du cadavre de son fils), et sur le cliché jouissif du vieux papy solitaire. Il faut dire que sa bouille de papy cool qui aime bien embêter son entourage joue beaucoup.

The Way, La route ensemble est la preuve qu’on peut encore un film sur des hommes et des femmes, en toute amitié.

L’autre atout du sixième long-métrage d’Emilio Estevez, c’est son périple. Un véritable pèlerinage que le réalisateur a choisi d’entreprendre en suivant le scénario, c’est-à-dire chronologiquement malgré toutes les difficultés que ça peut apporter. On découvre alors des paysages magnifiques, des hommes et des femmes au caractère différent mais si humain (mention spéciale au vieux tout seul dans sa maison). Un long-voyage qui donne foi en l’humanité.

Terminons avec quelques lignes sur le trio accompagnant Tom dans son périple. Yorick Van Wageningen (le Nils Bjurman du Millenium version US), Deborah Kara Unger (la Dahlia Gillespie de l’adaptation de Silent Hill) et James Nesbitt (l’inoubliable Jekyll de la série anglaise éponyme). Chacun campe des personnages de nationalité différente et apporte beaucoup de fraîcheurs à ce voyage. D’ailleurs, Emilio tente de voir en son film, une sorte d’adaptation de Le Magicien d’Oz : « Martin joue Dorothy, Deborah est l’homme de fer à la recherche de son cœur, James Nesbitt notre épouvantail : il cherche à retrouver l’inspiration et Yorick interprète le lion peureux. ».

Conclusion

Une formidable aventure humaine. Le genre qui donne envie de faire comme les personnages et de s’embarquer pour un pèlerinage.

+ – Martin Sheen
– Profondément humaniste
– Un vrai pèlerinage
– Drôle
– …
Trophée8/10

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