L’ombre de la peste sur le mythe du Minotaure
Fiche
| Titre | Resonance : A Plague Tale Legacy | ||
|---|---|---|---|
| Éditeur | Focus Entertainment | Développeur | Asobo Studio |
| Plate-forme | Windows, PlayStation 5, Xbox Series | Date de sortie | 27 / 08 / 2026 |
| Joué sur | PlayStation 5 | Genre | Action, Aventure, Drame, Fantastique, Historique |
Critique
Ah, le diptyque A Plague Tale par les Bordelais d’Asobo Studio, une de mes sagas vidéoludiques préférées dont le final a inscrit un vrai traumatisme, que je range aux côtés de la mort d’Aeris. 4 ans après Requiem, le studio prend le risque de ne pas offrir une suite, mais de partir sur un spin-off autour d’un personnage mémorable de, justement, Requiem : Sophia. De quoi amener un peu de fraîcheur en délaissant la déprimante France médiévale pour le soleil de la Crète.
Asobo part en vacances
Cela se traduit principalement au niveau du gameplay où on sent un opus bien plus porté sur l’action, même si on retrouve certains passages d’infiltration et des puzzles. J’ai eu comme l’impression qu’Asobo Studio voulait faire son Tomb Raider.
Pour ce faire, ils ont repris l’histoire classique du Minotaure pour l’adapter à l’univers d’A Plague Tale, d’où la mention du Legacy dans le titre. J’ai beaucoup aimé la manière dont ce classique de la mythologie a été réadapté, même si ce n’est pas sans heurts, car de notre expérience sur Innocence et, surtout, Requiem (Resonance : A Plague Tale Legacy se déroule en 1334, soit 15 ans avant), on comprend où cette histoire va nous mener. Ce qui n’empêche pas quelques jolies surprises et des émotions, d’autant plus que l’histoire se concentre aussi sur l’origin story de Sophia, mais une impression de déjà-vu traîne dans le coin. En plus, de par son statut de spin-off et de préquel, l’histoire n’atteint pas le même niveau de suspense que la saga d’origine.
Par contre, là où Asobo s’est lâché, c’est au niveau des panoramas qui sont absolument splendides. De nombreuses fois, je me suis arrêté pour admirer le paysage. D’autant plus que le jeu alterne merveilleusement entre la lumière et les ténèbres, ce qui établit un contraste formidable. Sans oublier cette double temporalité qui permet de donner vie aux ruines. J’ai trouvé cette idée, en plus d’être intéressante narrativement, formidable visuellement. Cela provoque comme une nostalgie de voir ces lieux autrefois remplis de vie être des ruines désolées. Il y a également cette idée de la démesure qui renforce ce sentiment de grandiose. Bref, la reconstitution historique était une force d’A Plague Tale et elle continue de l’être avec Resonance.
Des énigmes au sommet, mais une infiltration qui tourne en rond
Au niveau du gameplay, j’ai beaucoup aimé les puzzles que j’ai trouvés bien plus réussis que ceux d’Indiana Jones et le Cercle ancien (pour citer un jeu récent dans le même registre). J’éprouvais une vraie satisfaction à les accomplir. En plus, idée de génie qui devrait devenir la norme, on peut lire notre livre où sont inscrits des indices pour résoudre les puzzles et lever la tête pour admirer le décor en bougeant le stick analogique droit. Ça n’a l’air de rien, mais ça rend l’immersion encore plus forte.
Un petit bémol par contre pour les phases de combat et d’infiltration que j’ai trouvées un peu répétitives. Les combats ont suffisamment de dynamisme et de challenge pour être accrocheurs (même si pour la suspension consentie de l’incrédulité, comme pour Tomb Raider, ça la fout mal de voir le héros faire un véritable carnage dans les rangs ennemis), par contre, les phases d’infiltration, j’ai eu un peu plus de mal, car j’avais l’impression de toujours devoir faire la même chose même si j’ai beaucoup aimé celle dans le labyrinthe de Dédale. Petit coup de cœur pour les phases de course-poursuite qui mettent toujours un peu de tension.
Par Christophe Menat, qui veut la suite des aventures d’Amicia de Rune maintenant.
Conclusion
|
Même si la formule tire un peu sur la corde côté action et qu’on perd forcément en suspense face à l’histoire d’Amicia et Hugo, Resonance : A Plague Tale Legacy reste un excellent spin-off. Retrouver Sophia sous le soleil de la Crète fait un bien fou et, visuellement, Asobo nous met une véritable claque avec des décors grandioses. Si on ajoute à ça des puzzles bien foutus, on lui pardonne facilement ses petits défauts. Une belle aventure qui prouve que le studio bordelais en a encore largement sous le capot. |
|
|
+
|
–
|
| 8/10 | |