Critique : Preacher (Série TV)

Poster de la saison 4 de Preacher avec Joseph Gilgun, Dominic Cooper et Ruth Negga

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois

Fiche

TitrePreacherTitre VO
CréateursSam Catlin, Seth Rogen, Evan Goldberg
ActeursDominic Cooper, Joseph Gilgun, Ruth Negga, Graham McTavish
Nombre de saisons4Nombre d’épisodes43
Date de sortie22 / 05 / 2016Durée44 mn
GenreAventure, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, MystèreChaîne:AMC

Jesse, un prêtre d’une petite ville perdue du Texas, essaye tant bien que mal de se débarrasser de son passé. Pendant ce temps, une mystérieuse force surnaturelle s’abat sur la Terre, provoquant une vague de destruction sur sa route…

Critique

Attention, cette critique contient des spoilers.

Au tournant, la déception, mais aussi de l’espoir

Preacher est un de mes comics préférés de tous les temps. J’y ai tout adoré. Dès lors, j’avais attendu la sortie de la série avec un mélange de crainte et d’excitation.

J’avais fini la première saison avec un sentiment de déception. En effet, j’étais loin d’avoir retrouvé tous les éléments qui m’ont plu dans les comics. Principalement, le côté road trip qui donnait un rythme très nerveux (qui a dit Mad Max : Fury Road ?). Pire même, on était coincé à Annville pendant toute la première saison. Néanmoins, le final explosif (littéralement) m’avait laissé avec beaucoup d’espoirs pour la suite. Allons-nous avoir enfin droit au road trip que j’attendais depuis le début ?

Road trip jonché de crevaisons

Manque de bol, la réponse est non. Saison 2, on est coincé à La Nouvelle-Orléans. Saison 3, rebelote à Angelville. Seule la saison 4 fait office d’exception, même si on passe pas mal de temps dans le quartier général du Graal.

Dès lors, comme conséquence, on peut regretter une narration assez disparate où on a davantage l’impression d’avoir une succession d’idées barrées plutôt qu’une histoire montée du début jusqu’à la fin. Plus agaçant est le trio Jesse, Tulip et Cassidy. Si les personnages sont impeccables, le trio amoureux m’a saoulé. D’une force. À mes yeux, ça a même cassé la, pourtant excellente, dynamique des personnages pour donner un truc lourdingue. J’ai senti ça comme si les personnes derrière le show n’avaient plus d’idées pour remplir les épisodes. Du coup, on fait appel à la classique « histoire de cul qui fout la merde ».

To the moon !

Heureusement, Preacher reste Preacher. Il y a beaucoup de passages mémorables. En bref, beaucoup des meilleurs éléments des comics ont été repris. D’autres ont été ajoutés. Conclusion, une foule de bons passages et des personnages atypiques comme l’immonde Archipère, Tronchdecul, Hitler et Humperdoo (étonnamment émouvant dans la dernière saison). Mais le meilleur demeure, et de loin, très loin, méga loin, Herr Starr. Incarné par Pip Torrens, il est le personnage qui m’a fait le plus rire. Dans la quatrième saison, il est juste exceptionnel. Nan, mais sérieux, ce robinet ? Il se paye même le luxe d’avoir le plus beau final. Un bon gros fuck dans l’esprit du show.

Concernant les adieux, j’ai adoré la façon dont Cassidy quitte le show. C’était émouvant. Genre, bon, maintenant, j’ai suffisamment déconné. Il est temps que je rejoigne mes potes. Du final, je retiendrais aussi mon deuxième personnage préféré du show, Le Saint des Tueurs. Le plan où il s’assoit sur le trône de Dieu est une merveille. La posture est juste parfaite.

Par surpris de ne pas avoir été marqué plus que ça par le fait que la série Preacher soit finie.

Conclusion

Au final, que dire de Preacher ? Il s’agit assurément d’une série comme nulle autre. Elle s’est permis de se moquer de pas mal de sujets tabous. Dès lors, il s’agit d’une véritable bouffée d’air frais de la regarder. Dommage alors que la narration n’ait pas suivi avec l’ajout d’artifices lourdingues comme le trio amoureux. Le tout donnant une sensation permanente d’avancer puis de reculer. Bref, loin d’être aussi jouissive que le comic qu’elle adapte, elle n’en reste pas moins une bonne série.

+

  • Idées géniales à la pelle
  • Sujets tabous abordés de plein front
  • Ose quasiment tout
  • Herr Starr

  • L’aspect nerveux et road movie a été mis de côté
  • Rythme de la narration
7/10

Pin It on Pinterest