Critique : Dans les hautes herbes

Poster Netflix du film Dans les hautes herbes (In The Tall Grass en VO) écrit et réalisé par Vincenzo Natali avec Laysla De Oliveira

Les Dents de l’Herbe

Fiche

TitreDans les hautes herbesTitre VOIn the Tall Grass
RéalisateurVincenzo NataliScénaristeVincenzo Natali
ActeursLaysla De Oliveira, Avery Whitted, Patrick Wilson, Will Buie Jr., Harrison Gilbertson
Date de sortie04 / 10 / 2019Durée1h 41
GenreDrame, Horreur, Mystère, ThrillerBudget

Lorsque Becky et son frère Cal entendent les pleurs d’un petit garçon perdu dans un champ d’herbes hautes, ils s’aventurent à son secours. Mais bientôt, une force obscure les prend au piège, les désoriente et les sépare. Coupés du monde et incapables de se libérer de l’emprise de la nature, ils ne tarderont pas à découvrir que se perdre est bien moins grave que se faire repérer.

Critique

Décidément, Stephen King a le vent en poupe en ce moment. En même temps, s’il fallait citer un auteur qui a connu beaucoup d’adaptations cinématographiques. C’est bien lui qui vient en premier et ça ne date pas d’hier. Faut dire qu’il l’a cherché. Ben ouais, il est tellement prolifique, le mec. Je n’arrive même pas à suivre la cadence. Cette fois-ci, il s’agit d’une nouvelle co-écrite avec son fils, Joe Hill, et publiée dans le magazine Esquire d’août 2012.

Un canadien à la barre

Pour son adaptation Netflix, c’est Vincenzo Natali qui s’occupe de tout. Non seulement, il réalise, mais il l’écrit aussi. Le Vincenzo n’est pas un novice en la matière. Il a cartonné avec son premier long-métrage sorti en 1997, le génial Cube. Malheureusement, depuis, il n’a jamais réussi à obtenir le même succès malgré quelques bonnes péloches. À noter qu’il a été particulièrement actif à la télévision vu qu’il a réalisé des épisodes pour Hemlock Grove, Hannibal, Orphan Black, The Strain, Wayward Pines, Luke Cage, Westworld et Perdus dans l’espace. Avec Dans les hautes herbes, il signe son sixième film.

Je vais éviter les parcs pendant un moment

Dans les hautes herbes prouve, si besoin, il y avait, que le gars a un vrai talent dans la mise en scène. Quand même. Peu après avoir fini le film, j’ai remarqué que je longeais un buisson. Qu’est-ce que j’ai fait ? Je m’en suis délicatement écarté et je me suis mis à le regarder d’un air soupçonneux. Un buisson ! Un scénario digne des Dents de la Mer et ses plages désertes. Si ce n’est pas une belle preuve que le gars a réussi à me faire craindre l’herbe. Pourtant un des trucs les plus inoffensifs au monde que je connaisse. Qu’est-ce qu’on risque avec ça ? Se salir les vêtements est le pire scénario qui me vienne en tête. Enfin, ça c’était avant Dans les hautes herbes. Bref, niveau réalisation, c’est superbement soigné et l’herbe a une vraie puissance cinématographique au point de devenir une véritable entité à part. Et flippante avec ça.

Reste alors les personnages. Généralement, il s’agit d’un point fort de King. Sauf qu’ici, on est dans une nouvelle, dès lors, ce sera à Natali de les étoffer. Le mec s’en sort plutôt pas mal même s’il n’y a rien de fou. La plupart des acteurs sont assez lambda. Le gamin joue mal. Toutefois, il y Patrick « je pète la gueule à Aquaman » Wilson. Malgré tout, on sent également que le film a été rallongé pour tenir la cadence d’un long-métrage alors que le sujet collerait mieux à un épisode d’une heure style Black Mirror.

Triangle au cube

Quant au synopsis, attention, ça spoile à partir de maintenant, j’ai pensé très fort à Triangle. Il y a cette même logique où le temps devient une donnée non linéaire. C’est même encore plus fort ici, car une personne peut rencontrer plusieurs fois la même personne, mais de différentes lignes temporelles. C’est chelou à raconter, mais c’est plutôt bien retranscrit à l’écran.

Ce qui se passe dans les hautes herbes sort alors des sentiers battus. J’ai beaucoup aimé ce point car ça change. Aussi, j’ai apprécié qu’on sorte du classique « on est dans une boucle et le début rejoint la fin » même si le film tente de nous le faire croire. Jusqu’à la révélation de plusieurs cadavres d’une même personne. Preuve absolue qu’il n’y a plus de linéarité temporelle.

Par parti faire une cure pour soigner sa peur de l’herbe.

Conclusion

Pas la péloche horrifique de l’année, mais un long-métrage très sympathique grâce à une superbe mise en scène de Vincenzo « Cube » Natali et une trame originale. Toutefois, Dans les hautes herbes souffre du syndrome « on part d’une nouvelle et on essaie de rajouter des trucs pour tenir pendant plus d’une heure et demie ». Du coup, ça donne des baisses de rythme. Néanmoins, rien qui m’ait fait soupirer.

+

  • Faire de l’herbe, une entité terrifiante
  • Patrick Wilson
  • Réalisation inspirée
  • Trame bien barrée

  • Sensation d’étirement pour tenir pendant plus d’une heure et demie
  • Des acteurs pas vraiment talentueux
6/10

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