Critique : Le Passager nº4

En apnée, dans l’espace

Fiche

Titre Le Passager nº4 Titre VOStowaway
Réalisateur Joe Penna Scénaristes Joe Penna, Ryan Morrison
Acteurs Anna Kendrick, Toni Collette, Daniel Dae Kim, Shamier Anderson
Date de sortie22 / 04 / 2021 (Netflix) Durée1h 56
GenreDrame, Science fiction, Thriller Budget

Un équipage de trois personnes en partance vers Mars est confronté à un choix impossible quand un passager imprévu met tous les passagers à bord en danger.

Critique

J’ai lancé Le Passager nº4 sans rien savoir du film. L’affiche me plaisait bien et y a trois acteurs que j’aime beaucoup, à savoir Anna Kendrick, Toni Collette et Daniel Dae Kim de ma période Lost.

Dans l’espace, personne ne vous entend crier…

Au vu du titre, je m’attendais à un ersatz d’Alien, le huitième passager. M’enfin quoi, on est dans du pure association jeu de mots avec « espace » et « passager ». Donc forcément, je sors la carte de la créature née de l’imagination d’H.R. Giger. Du coup, j’étais un peu surpris. Certes, les deux passagers non invités ont la même couleur, mais ils ne font clairement pas partie de la même espèce. J’étais là à attendre la suite tout en me méfiant. Si ça se trouve, soit il porte un sale bestiole en lui, soit c’est un alien façon Men in Black ou alors un truc que je n’avais pas prévu. Truc cool, c’était le truc que je n’avais pas prévu…

En fait, le long-métrage de Joe Penna m’a marqué par son réalisme du début jusqu’à la fin. On est donc loin d’un monde fantastique. Au contraire, le réalisateur s’attache à rendre son film le plus crédible possible. Jusqu’à employer des termes techniques à foison (sans heureusement noyer le spectateur). Surtout, il s’attache à bien installer une ambiance anxiogène.

Du début jusqu’à la fin, on sera coincé avec les personnages dans l’espace. Sans possibilité d’une interlude sur Terre permettant de souffler. Même lorsque l’équipage communique avec l’équipe de notre planète bleue, on entend que les paroles de l’équipage. J’ai limite eu l’impression d’être en apnée.

Dans l’espace, faut pas être claustro…

C’est encore plus vrai dans la deuxième partie du film où j’étais scotché à mon canapé. Limite, s’il ne fallait pas que je dise à mon corps de penser à inspirer et expirer. J’ai vraiment adoré, car on est loin du grand spectacle à la Gravity. On pourrait dire que c’est lent, sauf que si on se prend au jeu comme moi, c’est stressant. Le suspense monte crescendo, petit à petit, et on ne dispose d’aucun indice dont le genre est très friand pour nous avertir de ce qui va se passer. J’ai quasiment eu l’impression d’assister à un événement en direct. J’étais là à craindre le pire toutes les secondes. Usant… Mais dans le bon sens.

Oui, clairement, c’est un des gros points positifs de Le Passager nº4 à mes yeux. Comme je n’avais pas vu la bande-annonce, j’avais du mal à deviner la suite de l’histoire (faut pas oublier que je croyais que c’était une histoire d’alien au départ). À chaque fois, j’étais pris au dépourvu par là où m’emmenait le duo de scénaristes. Le voyage s’accompagne également d’une jolie petite réflexion philosophique sur la façon dont on réagirait à leur place. Les bons points restants se distribuent entre une mise en scène sans fausse note et un casting au poil.

Néanmoins, je reproche tout de même au film de Joe Penna d’être un peu trop lent et une réaction du quatrième passager un peu trop soft à mon goût. Après, ça reste une histoire de point de vue. Mais personnellement, je n’aurais jamais réagi comme lui.

Par reprenant son souffle après avoir été en apnée dans la troisième partie.

Conclusion

J’ai lancé le film en m’attendant à un ersatz d’Alien, le huitième passager. Pas du tout. Au contraire, on est sur un long-métrage prenant son sujet très au sérieux. Le tout avec d’excellents acteurs et une ambiance anxiogène faisant monter le stress crescendo jusqu’au terme. Pas pour son côté spectaculaire, mais pour le suspense ébouriffant. Restent quelques petits défauts, mais rien de dramatique.

+

  • Cette scène d’action stressante
  • Réalisme accru
  • Joli dilemme philosophique

  • Un peu lent
  • Réaction soft du passager mystère
7/10

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