Critique : La Planète des Singes: Suprématie

Ape-pocalypse Now

Fiche

TitreLa Planète des Singes: SuprématieTitre VOWar for the Planet of the Apes
RéalisateurMatt ReevesScénaristesMark Bomback, Matt Reeves
ActeursAndy Serkis, Woody Harrelson, Amiah Miller, Karin Konoval, Steve Zahn, Terry Notary
Date de sortie02 / 08 / 2017Durée2h 20
GenreAction, Aventure, Drame, Science fiction, ThrillerBudget150 000 000 $

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

Les Quatre Salopards.

Critique

La Planète des Singes: La Suprématie est le dernier chapitre de la trilogie initiée avec La Planète des Singes: Les Origines et poursuivie par La Planète des Singes: L’Affrontement. Si j’avais adoré le premier opus, j’avais été déçu par le second où Rupert Wyatt avait filé sa casquette de réalisateur à Matt Reeves. Si ce dernier avait débarqué sur L’Affrontement un peu à la dernière minute, cette fois-ci, il a eu la main mise sur le scénario. Pour nous offrir une conclusion à la hauteur ?

Ne te laisse pas avoir par l’excellente scène d’ouverture avec une bataille bénéficiant de l’hallucinante beauté des décors naturels de la région de Vancouver au Canada (on est dans la continuité du second sur ce point). Alors qu’on nous promettait la war dans le titre VO de La Planète des Singes: La Suprématie, les scènes d’action se font rares. Heureusement, quand elles surviennent, on en prend plein les mirettes. Mais mince, quand même. Je voulais la guerre, moi ! Finalement, on ne l’aura pas.

César

À la place, on nous oriente vers un drame intime narrant la vendetta qui anime César. Une vengeance provoquant chez lui de forts conflits intérieurs. Si Andy Serkis fait encore une fois d’énormes prouesses dans le rôle du meneur qui parle des Singes, difficile de ne pas avoir une sensation de déjà vu avec les précédents films de la trilogie et une autre production de la Fox sortie plus tôt cette année : Logan.

J’ai été assez surpris de voir à quel point le long-métrage de Matt Reeves partageait pas mal de similarités avec la dernière balade d’Hugh Jackman dans la peau du mutant griffu. On retrouve cette même ambiance western post-apo, cette alchimie particulière entre le héros et ses compagnons, la petite fille qui vole la vedette et sans oublier le fait qu’il s’agit aussi de la conclusion d’une trilogie. On retrouve également le même type de méchant charismatique animé d’une intention respectable, même si discutable, avec Donald Pierce (Boyd Holbrook) qui laisse sa place au Colonel (excellent Woody Harrelson), clone de celui d’Apocalypse Now (d’ailleurs cité directement).

Superbe film malheureusement pénalisé par des défauts agaçants

Si l’ensemble se révèle efficace et touchant, difficile néanmoins de ne pas poser quelques bémols. Déjà, la forme est parfois lourde. Si Matt Reeves est souvent pris de fulgurances comme sur la scène de l’arbre fleuri avec la jeune fille, le dialogue entre César et Bad Ape ou le combat de la scène d’ouverture, il pèche de temps en temps en appuyant trop sur les sentiments. Sa réalisation signale largement trop ce qu’on est censé être ému à ce moment donné. Le procédé n’est pas trop dérangeant quand il est utilisé avec parcimonie, il est malheureusement fastueusement employé ici. C’est un peu le relou qui insiste « il faut que tu rigoles à ma blague, non mais sérieux, il faut que tu rigoles » alors qu’on était sur le point de rigoler. Au final, on en devient crispé et le rire reste coincé dans la gorge. Illustration parfaite du problème : la scène de Luca.

Concernant le fond de l’histoire, je regrette cette sensation que les mêmes thèmes soient rabâchés à nouveau. Toujours cette notion de relation ambiguë entre les animaux et les humains. De singes en captivité. De la folie des hommes. Toutefois, il faut reconnaître qu’une donnée change les règles du jeu. Malgré tout, ça ne fait pas évoluer les propos autant que j’aurais espéré. Résultat, j’ai eu l’impression de revivre, à quelques nuances près évidemment, le même film que les précédents.

La fin

Attention, ce paragraphe contient des spoilers…

Je regrette aussi que sur la fin, ils n’aient pas introduit une petite vidéo récapitulant la vie de César depuis Les Origines comme le veut la légende disant qu’on voit notre vie défiler juste avant notre mort. Ça aurait pu donner quelque chose de très émouvant. Parce qu’au bout du compte, ça m’a fait comme avec Logan. Je suis resté assez froid, comme déconnecté émotionnellement. Le problème est peut-être aussi dû à la prévisibilité de l’histoire.

Par ému en repensant à César dans Les Origines, le3 août 2017.

Attention, Laura, t’as une concurrente de poids !

Conclusion

La déception procurée par L’Affrontement étant encore vivace, c’était naturellement avec crainte que je guettais La Planète des Singes: La Suprématie. Finalement, le nouveau film de Matt Reeves est bien plus réussi même si je préfère toujours Les Origines. Plutôt qu’un film de guerre qu’annonçait pourtant le titre VO, on nous offre un western. L’occasion de vivre des scènes d’action rares mais marquantes et des moments touchants (même si c’est parfois trop appuyé au point de devenir agaçant) aux côtés d’un personnage profond et d’un autre hilarant. Une digne conclusion pour la trilogie de César. En passant, j’ai trouvé amusantes les nombreuses similitudes que partage le film du jour avec une autre production de la Fox, Logan.

+

  • Scènes d’action…
  • Décors naturels d’une beauté à faire décrocher la mâchoire
  • Western à la Logan, fort, émouvant et avec une belle ambiance
  • Bad Ape franchement drôle

  • … trop rares
  • Longuet
  • Pas un film de guerre
  • Thèmes rabâchés
  • Certains moments émouvants trop appuyés
8/10

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A propos de l'auteur : (2939 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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