Critique : L’affaire Rachel Singer

Deux affaires Rachel Singer: une réussie et l’autre emmerdante

Date de sortie cinéma : 15 juin 2011

Remake du film israélien The Debt d’Assaf Bernstein.

Titre original : The Debt (trad: La Dette)

Écrit par le duo prolifique Matthew Vaughn/Jane Goldman (Kick Ass, Stardust, X-Men le Commencement à eux deux. Pour les mecs, je vous conseille de faire une recherche d’images de Jane Goldman, vous allez vous régaler) avec Peter Straughan (Les chèvres du Pentagone)

Réalisé par John Madden (rien à voir avec le maître du football américain, il est connu pour avoir réalisé Shakespeare in Love)

Avec Helen Mirren (inoubliable The Queen et mamie tueuse dans Red), Sam Worthington (Avatar, Le Choc des Titans), Tom Wilkinson (le papa riche de The Green Hornet), Jessica Chastain (révélée par The Tree of Life), Ciarán Hinds (Le Rite), Marton Csokas et Jesper Christensen (Mr White dans Casino Royale et Quantum of Solace).

Avertissement
Long-métrage américain
Genre : Drame, Thriller
Durée : 2h00
Distributeur : Universal Pictures International France

En 1965, trois jeunes agents du Mossad -Rachel Singer, David Peretz et Stephan Gold- orchestrent la traque et la capture du tristement célèbre « chirurgien de Birkenau » dans le but de le transférer en Israël où il sera jugé pour ses crimes passés. Mais le détenu tente de s’enfuir et la mission s’achève avec la mort du criminel nazi dans les rues de Berlin-Est. Les trois agents rentrent en Israël où ils sont accueillis en héros.
30 ans plus tard, Rachel est toujours célébrée dans son pays comme un modèle de dévouement et de courage. Et sa fille publie un livre qui relate toute la mission du trio, de l’identification à l’enlèvement, puis à la séquestration du médecin nazi à l’ombre du Mur de Berlin. Mais bien des choses se sont passées depuis. Rachel et Stephan ont été mariés et ont divorcé. Et David n’est toujours pas en paix avec lui-même ni avec Rachel. Un sentiment de doute et d’incertitude plane sur le trio.

Produit par Marv, la boite de Matthew Vaughn, L’Affaire Rachel Singer est un film assez inégal. Décomposé en deux parties séparées temporellement comme le magnifique Blue Valentine (j’en profite pour en faire de la pub, il mérite tellement que vous le visionniez), le long métrage du réalisateur de Shakespeare in Love n’offre pas deux parties égales qualitativement parlant.

En somme, on a deux histoires en une qui se rejoigne pour faire ce qu’on appelle un twist (révélation choc qui change totalement les enjeux). Malheureusement, ce twist est beaucoup trop prévisible, c’en est même gênant de voir le réalisateur nous poser les explications comme si c’était des révélations de fou. Du coup, je suis assez mitigé devant L’Affaire Rachel Singer parce que le film est tellement bon dans sa partie historique. Pour la suite, je vais critiquer séparément les deux parties.

Aussi attention il peut y avoir tromperie sur la marchandise, ne vous attendez pas à un actionner avec Sam Worthington. La vraie star, ce n’est pas lui, ni Helen Mirren mais bien, Jessica Chastain mais étant donné sa notoriété quasiment nulle (ça a changé depuis The Tree of Life), il était suicidaire de faire reposer le marketing du film sur elle. Voilà aussi pourquoi la bannière du film pour l’article ne montre pas Helen Mirren mais bien Jessica Chastain (un moyen de ma part de lui rendre les honneurs qu’elle mérite pour le film).

Il faut arrêter le chirurgien de Birkenau – 7/10

Cette partie représente la plus grosse majorité du film, elle représente même un film à elle seule. D’une durée d’une heure vingt, elle suit le trio Rachel, David et Stefan dans une mission consistant à arrêter le monstre des camps de concentration de la seconde guerre mondiale.

Le trio d’acteurs joue bien. Jessica Chastain est magnifique dans le rôle d’une femme forte/fragile. On finit par succomber au charme de son personnage. Quant à Sam Worthington à des milles lieux de ses précédents personnages de blockbuster, il arrive à nous émouvoir en étant David, un personnage traumatisé par la perte de sa famille dans les camps.

En plus de l’intrigue palpitante pour arrêter le chirurgien devenu un simple gynécologue à Berlin Est, on nous propose un trio amoureux tragique mais surtout passé la moitié de cette intrigue, Jesper Christensen (le chirurgien de Birkenau) commence à prendre de l’ampleur. Il devient nettement inquiétant: ce sera l’occasion de formidables scènes face à Sam et Jessica. On bifurque donc du film d’espionnage vers un huis clos étouffant.

C’est avec regret qu’on quitte ces personnages pour retourner dans l’intrigue se déroulant en 1997 avec Helen Mirren.

Les conséquences de la mission (30 ans plus tard) – 4/10

Franchement, j’ai été déçu d’être arraché du charme de Jessica Chastain pour me retrouver avec Helen même si je l’adore (The Queen m’avait époustouflé, elle est la seule attraction de Red même avec Bruce Willis et Morgan Freeman à ses côtés). Surtout pour une intrigue aussi faiblarde (surtout pour les raisons citées au début de l’article) que le trio Mirren/Hinds/Wilkinson (pas des débutants donc) n’arrive pas à sauver.

Il est surprenant qu’un film aussi poignant dans sa partie historique devient un vulgaire film d’espionnage prévisible de bout en bout. Je ne parle même pas du maquillage ridicule nuisant à toute crédibilité.

Spoiler

Le summum est atteint lorsque Helen retrouve Vogel, son maquillage est à mourir de rire.

L’Affaire Rachel Singer aurait beaucoup gagné à être coupé d’au moins la moitié de l’intrigue avec Mirren, il serait devenu plus fluide et moins prévisible.

Un film d’espionnage mitigé proposant deux parties inégales. On se ravira avec le trio Chastain/Worthington/Csokas et on s’emmerdera avec leurs homologues proches de la retraite Mirren/Hinds/Wilkinson.

Sa scène culte : la première fois que Rachel Singer rencontre David, un plan furtif très réussi.

Note : 6/10

L affaire Rachel Singer affiche

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