Critique : Hôtel Transylvanie

Affiche française du film Hôtel Transylvanie réalisé par Genndy Tartakovsky
Juste une demi-pension, SVP

Fiche

TitreHôtel Transylvanie
RéalisateurGenndy Tartakovsky
ScénaristesRobert Smigel, Peter Baynham
Voix (VO)Adam Sandler, Selena Gomez, Steve Buscemi, Kevin James, Andy Samberg, Fran Drescher
Voix (VF)Virginie Efira, Alex Goude
Titre original:Hotel TransylvaniaDate de sortie:13 février 2013
Pays:USABudget:
Genre:Animation, Action, ComédieDurée:2h17

Bienvenue à l’Hôtel Transylvanie, le somptueux hôtel de Dracula, où les monstres et leurs familles peuvent enfin vivre leur vie, se détendre et faire « monstrueusement » la fête comme ils en ont envie sans être embêtés par les humains. Pour l’anniversaire de sa fille, la jeune Mavis, qui fête ses 118 printemps, Dracula invite les plus célèbres monstres du monde – Frankenstein et sa femme, la Momie, l’Homme Invisible, une famille de loups-garous, et bien d’autres encore… Tout se passe très bien, jusqu’à ce qu’un humain débarque par hasard à l’hôtel et se lie d’amitié avec Mavis…

Hôtel Transylvanie
La Tartakovsky’s touch fait des merveilles.

Critique

La curiosité d’Hôtel Transylvanie est à chercher au niveau de son réalisateur, Genndy Tartakovsky. On parle d’un mec qui a chopé un max de prix pour son travail en tant que réalisateur de séries télévisées d’animation (deux Annie Awards et trois Emmy Award pour un total de 17 nominations). Le Laboratoire de Dexter, c’est lui. The Powerpuff Girls, c’est aussi lui. L’excellent Samouraï Jack, c’est encore lui. Mais surtout, Clone Wars (la version anime, pas la très chiante série en CGI), c’est lui. Bref, un beau palmarès où on peut ajouter le storyboard d’Iron Man 2 et qui aurait pu être complété par Power of the Dark Crystal, la suite du culte Dark Crystal de Jim Henson mais le projet est au point mort depuis des années (même s’il a eu un sursaut en 2010).

Pour ceux ayant vu les séries d’animation que j’ai cité, ils sauront que le style Tartakovsky est reconnaissable entre mille. Du coup, c’est avec appréhension qu’on apprend son passage vers la 3D au détriment du dessin. Finalement pas la peine de s’inquiéter, ses personnages sont toujours aussi caricaturés et leurs animations vraiment soignées tout en conservant le style outrancier du cartoon. Ce dernier constat fait plaisir à l’heure où les films pour enfants en images de synthèse tendent de plus en plus à devenir réalistes – par exemple le Rebelle de Pixar. C’est un petit retour vers notre enfance qui s’accomplit. Une époque où nos héros de dessin animé étaient capables de se contorsionner de manière surhumaine et c’était souvent drôle.

Hôtel Transylvanie
Des situations comiques plutôt rares.

C’est encore meilleur car Hôtel Transylvanie offre une galerie de monstres n’ayant rien à envier à l’âge d’or de l’horreur selon Hollywood : Dracula, la créature de Frankenstein et sa fiancée, la Momie, le loup-garou et sa famille sans oublier l’Homme Invisible. Tout le monde bénéficie du Tartakovsky’s style et surtout ils collent au plus près de leurs voix VO ainsi on ne sera pas étonné de voir un air de ressemblance entre Dracula et Adam Sandler, ni le loup-garou et Steve Buscemi ou encore Kevin James et la créature de Frankenstein. Graphiquement, le film s’en sort pas trop mal avec par moments d’excellents plans dont le gothique est absolument splendide (celui où Dracula est seul avec son bébé face à un château en flamme semble être tout droit sorti d’un Castlevania).

Malgré tout, le bémol est à mettre du côté du script trop classique par rapport à ce qu’on pouvait attendre d’une telle galerie de monstres. Si le début est bidonnant grâce à l’hôtel des monstres terrifiés par les humains, le reste n’est qu’un ersatz Rebelle (déjà lui ersatz d’un paquet d’autres films pour enfants), comprendre par là, une jeune fille avec une volonté de s’émanciper et de parcourir le monde mais dont ses parents ne veulent pas laisser partir, au nom de l’aristocratie pour Rebelle, au nom de l’intolérance des humains pour Hôtel Transylvanie. Tous les clichés y passent avec la morale dégoulinante qui va bien afin de formater l’esprit de nos enfants, nous les adultes, ça fait belle lurette qu’on a assimilé les concepts. L’autre problème majeur d’Hôtel Transylvanie, c’est qu’il faut que ça dure une heure et demie… Du coup, les scènes remplissages sont légions, les péripéties répétitives aussi pour un résultat sans vraiment de surprise mais un peu d’émotions (à force de jouer sur la corde sensible). Pas assez mauvais pour être évité mais trop classique pour mériter plus.

Hôtel Transylvanie
Un belle galerie de monstres.

Conclusion

Hôtel Transylvanie est un bel hommage à tous les monstres ayant peuplé le genre gothique mais souffre d’un scénario trop convenu. Typiquement le genre de film sympathique sur le coup du visionnage mais qui ne restera pas dans nos mémoires.

Au moins, ce n’est pas aussi catastrophique que Les Schtroumpfs du même studio.

+– les monstres de légende
– les animations
– furieusement classique
– sans originalité hormis son pitch de départ
5/10

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