Critique : Green Room

Poster teaser du film Green Room écrit et réalisé par Jeremy Saulnier avec Anton Yelchin

Le survival comme il doit être

Fiche

TitreGreen Room
RéalisateurJeremy Saulnier
ScénaristeJeremy Saulnier
ActeursAnton Yelchin, Patrick Stewart, Macon Blair, Imogen Poots, Alia Shawkat
Titre originalDate de sortie27 / 04 / 2016
PaysÉtats-UnisBudget
GenreThrillerDurée1h 35

Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…

Photo de Green Room avec Anton Yelchin et Alia Shawkat
« Scott Pilgrim, c’est pour toi ! »

Critique

Vu à quel point le monde de la critique presse s’était extasié devant Blue Ruin alors que je l’avais trouvé très moyen (c’était chiant, voilà, c’est dit), je n’arrivais pas à leur faire confiance quand ils disaient que Green Room était bien, « un survival dément ». Finalement, je me suis laissé séduire par le nombre d’avis positifs du côté des gars comme vous et moi (à moins que tu ne sois un journaliste…) et y avait rien au ciné.

J’ai bien fait…

Tout d’abord, Green Room est beaucoup moins chiant que Blue Ruin tout en gardant les mêmes qualités : photographie léchée, des plans superbes, un jeu d’acteur convaincant et un scénario offrant des personnages et situations bien plus crédibles que la moyenne du genre.

Ce qui m’a énormément plu dans Green Room, c’est justement que Jeremy Saulnier ne prenne jamais le spectateur pour un con de classe mondiale, ni même un con de district. Au contraire, le bonhomme préfère jouer avec le spectateur en l’embarquant dans des situations auxquelles on ne s’attend pas. Les morts du film ne sont jamais, mais ô grand jamais, prévisibles. Résultat, un thriller ultra-nerveux qui aura réussi la prouesse de me crisper. Ça ne m’arrive pas souvent, même si c’est arrivé récemment avec le final de Civil War (mais bon là, c’est une autre histoire). Durant la projection, votre serviteur était là à serrer les poings, non pas parce qu’un mec ultra casse-couille tapait sur son siège, mais parce qu’il craignait pour les héros du film.

Cette fois-ci, pas de super-héros

Des héros pas forcément charismatiques, ni même foncièrement intéressants (gros kif tout de même de retrouver Maeby Fünke d’Arrested Development). Les choses qui m’ont fait attacher à eux, c’est que ce sont des victimes d’un malheureux concours de circonstances (ça pourrait nous arriver), qu’en face, ce sont des enfoirés de néo-nazis et surtout que leurs comportements demeurent toujours largement plausibles. Ils ne se transforment pas en super-héros capables de liquider tous les méchants comme c’est le cas dans un sacré paquet du film du genre (j’ai The Descent en tête). Ils font des erreurs comme toute personne réelle à leur place. Ça n’a l’air de rien, mais dans ce registre où les personnages sont des clichés sur pattes accumulant les pires incohérences possibles, ça change.

Chez les méchants, on retrouve Macon Blair, l’anti-héros de Blue Ruin, et notamment Patrick Stewart. Bon, là, sincèrement, beaucoup ont plébiscité l’ancien Professeur X, mais je ne l’ai pas trouvé transcendant dans le rôle. Par contre, j’ai beaucoup aimé que Saulnier n’ait pas tenté d’en faire une sorte de croque-mitaine. Ça reste un homme, certes peu recommandable, mais un homme quand même. C’est cela qui est intéressant avec le film du jour, c’est que les méchants ne sont pas des gros méchants bien bourrins. Juste des gars un peu dépassés par la situation et qui tente d’y remédier en employant des moyens pas très conventionnels. Et surtout, ils le font à contrecœur.

Autre point positif, les scènes d’action. Ne vous attendez pas à des trucs dignes d’un blockbuster, c’est très sobre, mais fort. C’est tendu du slip et la violence n’est jamais édulcorée. Bref, ça tache et ça marque. On n’est pas là pour déconner. Après, j’ai tout de même été un peu déçu par le final qui aurait mérité d’être plus intense, même s’il y a une jolie séquence avec le chien.

Par un Christophe Menat bien vert, le .

Photo de Green Room avec Patrick Stewart
Une belle brochette d’individus adorables.

Conclusion

Après Blue Ruin, je n’avais pas spécialement envie de voir le nouveau travail de Jeremy Saulnier, mais je me suis laissé tenter. Au final, j’ai bien fait. Green Room étant un survival nerveux et efficace ayant été capable de me crisper avec une tension palpable. Le tout sans personnages au comportement incohérent. Pas forcément novateur dans son approche mais appliquant la recette du genre à la perfection. Comme on dit, c’est dans les vieux pots…

+

  • Très crispant (dans le bon sens)
  • Aux chiottes, les personnages clichés aux réactions invraisemblables
  • Court et concis

  • Final un peu décevant
Trophée8/10

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