Critique : Eddie the Eagle

Affiche française du film Eddie the Eagle réalisé par Dexter Fletcher avec Taron Egerton et Hugh Jackman

White Rockett

Fiche

TitreEddie the Eagle
RéalisateurDexter Fletcher
ScénaristesSean Macaulay, Simon Kelton
ActeursTaron Egerton, Hugh Jackman, Keith Allen, Jo Hartley, Jim Broadbent, Christopher Walken
Titre originalDate de sortie04 / 05 / 2016
PaysRoyaume-Uni, États-Unis, AllemagneBudget23 000 000 $
GenreBiopic, Comédie, Drame, SportDurée1h 46

Eddie Edwards n’a jamais rien eu d’un athlète, bien au contraire. Pourtant, depuis qu’il est petit, il n’a qu’un seul rêve : participer aux Jeux Olympiques. Au fil des années, ni son piètre niveau sportif, ni le manque de soutien, ni les moqueries n’ont entamé sa volonté. Et c’est ainsi qu’en 1988, celui qui n’a jamais lâché a réussi à se retrouver, on ne sait trop comment, aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary.

Photo d'Eddie the Eagle avec Taron Egerton et Hugh Jackman
« Oh mec, viens par ici. On vient de m’en raconter une bonne. Y a un con qui dit que c’était toi qui jouais la star de Kingsman. Ah, ah, ah… P’tain, excellente cette blague. Non, mais sans offense, mais t’as vu ta gueule ! Ah, ah ! »

Critique

Il n’a fallu qu’une seule chose pour me convaincre d’être excité par Eddie the Eagle, la présence de la société Marv. En effet, ce studio fondé par Matthew Vaughn en 2004 est à l’image de son fondateur, porteur de films atypiques d’excellente facture. Eddie the Eagle en fait partie. Un film qui, à l’image de son héros, sort de nulle part et s’impose comme une réussite !

Eddie the Eagle s’inspire d’une histoire vraie, mais n’espérez pas un biopic très respectueux. D’après les dires de Michael Edwards (le vrai Eddie the Eagle) à la BBC, le film serait à 90 % non conforme à la réalité. Un pourcentage qui fait mal au cul, mais peu importe, car la réussite du long-métrage de Dexter Fletcher est à chercher ailleurs.

Difficile de ne pas penser à Matthew Vaughn en regardant le film tant l’ensemble respire sa patte, je me suis même demandé si ce n’était pas lui qui avait réalisé ce film durant la séance avant de me rappeler que ce n’était pas possible, le réalisateur étant occupé sur d’autres projets (notamment Kingsman: The Golden Circle). Il ne faut pas chercher loin pour comprendre mes dires. Rien qu’avec la géniale scène d’ouverture, on se sent chez Vaughn. En deux/trois plans, on est déjà attaché à ce personnage atypique qu’est Eddie the Eagle. Grâce à ce mélange d’humour raffiné et d’humanité, je sentais déjà les bienfaits que seuls les meilleurs feel good movies procurent.

Pourtant, l’histoire n’a rien d’extraordinaire. Il faut dire qu’il est impossible de ne pas penser à Rasta Rockett. Ce dernier s’inspire lui-aussi d’une histoire vraie, celles des quatre Jamaïcains partis concourir dans une compétition de bobsleigh. Comme Eddie the Eagle, Rasta Rockett prend des libertés avec la vraie histoire pour un récit romancé dont la figure de proue est cet entraîneur looser et controversé. Le pompon du pompon ? Ces Jamaïcains-là participaient aux mêmes JO qu’Eddie the Eagle ! Ceux de Calgary 1988. Tu comprends pourquoi j’étais donc obligé de mettre ce titre.

L’important, c’est de… faire un bon film

Si je pouvais pester et râler face à l’intrigue semblant être un calque de Rasta Rockett, finalement, ce n’était pas bien grave. Car dans ce genre d’histoire, ce ne sont pas des éléments qui sont importants. Ce qui l’est, par contre, c’est l’alchimie entre le métrage et le spectateur. Pour ma part, j’y ai succombé, mais à fond la caisse, comme si je descendais la piste de ski avec Eddie the Eagle ! Booooooooooooooooo Derek !

Taron Egerton fait des miracles dans le rôle principal. En mode Marlon Brando dans Apocalypse Now, il apporte beaucoup de charme à son personnage. Au point que je l’adorais. Que j’étais vraiment furieux quand il était moqué ou rabroué. Du côté du banc, on dispose d’un coach charismatique en la personne de l’australien Hugh Jackman. Le gars est parfait. Rien à dire, de plus. Il est taillé pour le rôle. L’alchimie entre les deux est nette. J’ai beaucoup aimé aussi Keith Allen et Jo Hartley qui jouent les parents d’Eddie.

L’autre atout du film est au niveau de sa réalisation. Ça n’a l’air de petits riens, mais l’ensemble est très convaincant et offre de très jolies séquences comme le saut d’Hugh Jackman. La classe pure, comme si Wolverine avait décidé de faire du saut à ski. Le tout mettant en scène des répliques souvent délicieuses et justes. Bref, le combo parfait pour le meilleur feel good movie de l’année.

Le truc qui me fout la plus grosse claque, c’est à quel point le long-métrage prouve que la maxime « l’important dans la vie n’est pas le triomphe mais le combat ; l’essentiel n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu » est vraie. Car la bande-annonce d’Eddie the Eagle a beau dévoiler toute l’intrigue et le triomphe, rien ne vaut pourtant le combat.

Par Christophe Menat qui déploie ses ailes, le .

Photo d'Eddie the Eagle avec Michael Edwards et Taron Egerton
« Bonjour, je m’appelle Eddie et je vous présente… Eddie. »

Conclusion

J’attendais beaucoup de ce Eddie the Eagle, mais certainement pas autant. Le long-métrage produit par Marv est une réussite de tout instant. Casting, réalisation, histoire, la trinité se forme pour offrir un long-métrage diffuseur officiel de bonheur. Comment pourrais-je le qualifier autrement quand j’ai fini le film avec les larmes… de joie ! J’annonce : le meilleur feel good movie de l’année 2016 (je m’en fous s’il reste encore 7 mois).

+

  • Le feel good movie dans ce qu’il a de mieux
  • Taron et Hugh
  • Saut de Bronson Peary
  • Humour fin

  • Difficile de pas penser à Rasta Rockett
Trophée9/10

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