Nick la critique : Equalizer 2

Don’t Fuck with Rob

Fiche

TitreEqualizer 2Titre VOThe Equalizer 2
RéalisateurAntoine FuquaScénaristeRichard Wenk
ActeursDenzel Washington, Pedro Pascal, Ashton Sanders, Melissa Leo
Date de sortie15 / 08 / 2018Durée2h 01
GenreAction, ThrillerBudget62 000 000 $

Robert McCall continue de servir la justice au nom des exploités et des opprimés. Mais jusqu’où est-il prêt à aller lorsque cela touche quelqu’un qu’il aime ?

Rob s’apprête à buter son passager parce qu’il n’a pas choisi la bonne destination

Critique

Attention, cette critique contient des spoilers…

The Equalizer

The Equalizer est tiré d’une série des années 80 produite par Universal. Perso, j’ai jamais vu cette série. Le film est une production CBS maintenant. J’ai découvert comme la plupart ce personnage au cours du film. L’histoire des origines du héros a été un peu modifiée ce qui est certain. Robert McCall est un ancien militaire fier de ses états de service qui s’est dit un jour qu’il veut mourir de cette vie pour en faire une autre. C’est suite au décès de sa femme qu’il prend la décision de mourir aussi. Ses amis Brian et Susan sont les seuls à savoir son secret. Et à en croire le scénar, personne d’autre n’est au courant. C’est ce genre de failles que les films Marvels ont bouchés en faisant intervenir le SHIELD qui te faisait bien comprendre que tes secrets n’en sont plus pour eux.
L’histoire n’en est pas moins intéressante. J’ai vu la première partie et vu le niveau qui nous avait été imposé la suite valait le détour. Un mec qui regarde sa montre pour te zigouiller en deux-deux toi et deux de tes potos. Et sa particularité, c’est qu’il s’en prend quasiment qu’aux pédocriminels. Cette fois ça va changer pour lui. Il est un modeste chauffeur VTC Lyft et joue le Batman dans sa blackmobile. Déformation professionnelle oblige, c’est un putain d’enquêteur. Et il fait son boulot à cœur jusqu’au jour où son amie Susan se fait zigouiller à son tour.

Rob et Susan se promènent

La mort de Susan

La mort de Susan met un coup de fouet à Rob. Il la voit la veille et elle meurt le lendemain à Berlin. Et c’est là que le film se déclenche. Rob est en pétard, sa vie part en ruine, sa femme a cassé sa pipe on sait pas comment et Susan s’est fait fumer.
Rob est tellement parano dans son élément que chez lui tout est rangé dans l’ordre. Il est de la vieille école, ce qui peut être intéressant, mais on n’a pas trop envie de lui ressembler. Il n’a pas de femme, ça craint. Je sais bien qu’il est quinquagénaire, mais putain ! Pète un coup ! Pour sauver l’image ennuyeuse du personnage, on lui ramène un ado perdu au nom de Miles. Il est talentueux à sa manière. C’est un artiste. Il veut devenir gangster et Rob joue l’image du père manqué. Dans la série originale, il a un fils qu’il n’a pas vu grandir. Là, Miles le ramène à ses propres échecs et on se doute que sa femme devait sûrement être enceinte quand elle est morte. Miles est la seconde chance que lui a donnée le film. Son insatiable envie de sauver les gens lui vient de son incommensurable échec avec sa propre vie. C’est un super-héros torturé. J’ai même imaginé qu’il pourrait être le mentor de Frank Castle. C’est à croire que toutes les vies de militaire que l’on a raconté en film sont similaires. Ils sont tièdes, toujours sur le qui-vive. Ça ne fait pas rêver d’être militaire, et ce, malgré toute la panoplie d’entraînement qu’ils subissent. Franchement, c’est super de faire comme Rob mais pas être Rob. Sa vie est d’un ennui d’ennuis que tu te suiciderais avant d’atteindre la retraite si tu aimes le métro-boulot-dodo.
Son caractère dans ce domaine l’oblige à faire des promesses qu’il est obligé de tenir. Il va devoir tuer les bourreaux de son amie. Au fil de son enquête, il est contraint de griller sa couverture et se rend compte que le crime est de grande envergure. Susan n’est pas une femme à problème et mourir comme ça sur le fait de petits délinquants ça fait bizarre et c’est là qu’il découvre que ses propres hommes sont derrière ce meurtre. C’est là que ça rend le film un peu fermé genre c’est pas notre problème, débrouillez-vous. C’est votre délire de militaire.

Rob et Dave se serrent la main

Son ennemi principal

Son ennemi principal est très intéressant. Dave York semble mener une vie de famille paisible et plus lumineuse que celle de Rob très contrastée. Il semble être propriétaire et il y a beaucoup de lumière autour de chez lui contrairement à Rob qui vit dans un immeuble où l’ombre pèse plus que la lumière.
On a du mal à croire que c’est l’ennemi au point de penser qu’il est du côté de Rob, mais c’est un tout autre profil qui se met en place. Malgré toute cette ambiance paisible, Dave ne va pas tarder à faire ressortir son mauvais côté. Ça me rappelle cette phrase religieuse: le diable se déguise toujours en ange de lumière.
Quand tu deviens militaire, on t’apprend à être un con fini. Tu fais ce qu’on te dit de faire et puis c’est tout. Quand tu retournes à la vie civile, tu veux imposer ta façon de voir aux autres parce que tu penses que c’est la bonne jusqu’au jour où tu deviens un peu moins con et tu changes ou tu finis dans un camion à décharger les cartons(pas de sous-métier, c’est musclant). Dave est torturé au point de devenir mercenaire. Son sens du code moral est passé à la trappe jusqu’à se considérer comme un déchet militaire avec des états de service. Il incarne tout ce que Rob a échappé de justesse via cette mort symbolique. Les conséquences de son trafic l’ont conduit à croiser le chemin de Rob qu’il croyait bel et bien mort. S’en suivra des scènes de warzone à haut niveau pour ne pas nous endormir. Zzz…

La réalisation

Antoine Fuqua sur 25 ans de carrière semble s’être spécialisé dans les thrillers et passer du policier au militaire, c’est une suite logique. Quand il nous avait livré un Training Day sous tension permanente, il calme le jeu avec Equalizer en prenant des pauses parfois longues, mais que ne sont pas sans intérêt. Denzel est presque son acteur fétiche (Les sept mercenaires, Training Day, Equalizer 1 & 2 ). J’aurais kiffé voir une suite de Captain America incluant Punisher dirigé par lui, car le genre thriller il maîtrise et sait donner de l’importance à tous ses personnages. Ce qui est très difficile dans ce genre de film. Il n’y a qu’à regarder Derrick pour comprendre de quoi je parle. Il n’y en avait que pour lui au point que l’on passait la série aux heures de siestes. Au moment crucial, il choisit une guerre en pleine tempête ce qui fait penser au film flop Hurricane. Malgré quelques défauts dans ce film, j’espère qu’il se rattrapera dans le prochain film sur les Black Panthers Party l’histoire de Fred Hempton. Si ce film sort, ce sera le big thriller de l’année.

Par , le10 septembre 2018.

Photo d’Antoine Fuqua, réalisateur du film Equalizer 2.

Conclusion

J’ai failli m’énerver au début du film à voir Denzel en chauffeur Lyft. J’avais l’impression de retourner au boulot… Quand t’es chauffeur VTC et que tu vois ce film, t’as envie de faire pareil que dans le film à certains clients pour avoir tes 5 étoiles. Mais ce n’est qu’un film, ressaisis-toi. Si tu flippes, prends un taxi. Malgré tout, c’est un film sympa et je regrette de n’avoir pas eu autant d’Equalizer dedans, mais ça se regarde. Je ne te dirai pas qu’il faut à tout prix le voir, mais tu peux regarder si tu kiffes Denzel. En tout cas, je kifferais voir Denzel en mentor de Frank Castle. Ça expliquerait pourquoi Frank serait si bon. En attendant, j’espère qu’il y aura une suite et qu’elle sera bien plus badass que celle-ci que j’ai trouvé un peu molle. Ce film reste un chef-d’œuvre au même rang que John Wick à avoir chez soi. S’il y a une leçon à tirer de ce film, c’est surtout que n’est pas guerrier qui veut et n’est pas militaire qui veut, mais qui peut. Rob possède ces deux capacités et la présence de Miles vient nous la démontrer. Ce qui contraste avec Dave qui, malgré sa vie de famille, est resté un simple soldat vidé de toute émotion et intelligence.

+

  • Les scènes de combats sont nickel
  • Le suspens est à son comble
  • Des scènes de vives émotions
  • Des moments émotions pour maintenir éveiller

  • Quelques petites longueurs
  • La mort de Susan m’a fait bien chier
7/10

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A propos de l'auteur : (40 articles)

Comédien étudiant le théâtre à l'atelier de Caroline Rabaliatti à Fontenay-sous-Bois. Dessinateur, aussi. Il écrit des scénarii quand il peut le faire. Passionné de BD, il prépare la sienne.

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