Critique : Don Jon

Love is dead. Porno is alive !

Fiche

Titre:
Don Jon
Réalisateur(s):Joseph Gordon-Levitt
Scénariste(s):Joseph Gordon-Levitt
Acteurs:Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore, Tony Danza, Glenne Headly, Brie Larson
Titre original:Date de sortie:25 décembre 2013
Pays:États-UnisBudget:6 000 000 $
Genre:Comédie, Drame, RomanceDurée:1h 34

Jon Martello est un jeune homme athlétique, séduisant et séducteur. Ses amis l’appellent Don Jon en raison de son talent à « lever » une nouvelle fille chaque weekend, mais même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, ravissante et un brin vieux jeu. Nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, elle est bien décidée à trouver son Prince Charmant et partir avec lui sur son cheval blanc. Chacun ayant des attentes illusoires sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir lutter contre un monde de fantasmes véhiculé par les médias dans le but d’espérer trouver une véritable intimité.

Critique

Un mec qui parle ouvertement de son addiction au porno. C’est ça, Don Jon ! Grosse surprise de cette année. Alors que je m’attendais à une énième comédie romantique made in Hollywood avec une love story entre Joseph et Scarlett, Joseph Gordon-Levitt qui cumule ici les casquettes de réalisateur, scénariste et acteur principal et qui a même refusé Django Unchained pour faire Don Jon, livre un pamphlet d’une rare franchise et malicieux. À l’image de son auteur en fait.

De nos jours, le porno s’est démocratisé à tel point que tout le monde y a accès. Téléphone, ordinateur portable, télé, magazine, roman. Le porno règne en maître et brasses des millions de billets verts. Pourtant, il est toujours un sujet tabou. Tout le monde nie en apparence (surtout au cinéma – qui a vu du porno dans une comédie romantique ?), mais tout le monde y a goûté. Surtout les hommes. Il y a même souvent une sorte d’incompréhension entre les hommes et les femmes à propos du X. Une incompréhension traitée de façon jubilatoire dans Don Jon au détour d’une scène impliquant une parallèle (plutôt bien vue) entre le porno et les comédies romantiques. D’ailleurs, Don Jon donne l’apparence d’être une comédie romantique pour mieux surprendre son public avec ses premières images. J’ai vu des filles se demander où elles avaient débarqué. Et ça, ça n’a pas de prix. Enfin, une comédie romantique qui parle aux mecs !

Enfin, une comédie romantique qui parle aux mecs !

Don Jon, c’est le surnom du héros. Un métrosexuel qui couche avec des tas de femmes sans vraie difficulté. Bref, le tombeur par excellence. Le Don Juan du nouveau siècle. Pourtant, pour lui, le sexe ne vaut pas le porno. Il n’y a qu’à le voir entamer une petite branlette après avoir terminé avec sa conquête du soir. De ce postulat de départ, Joseph Gordon-Levitt livre un film très réussi dans la forme. Si la réalisation n’atteint pas les sommets des maîtres, elle offre des idées géniales. D’un, la présence de vidéos pornographiques ayant juste les scènes les plus crues coupées (néanmoins suffisants pour provoquer l’excitation). De deux, la voix off nous livrant les pensées du héros et bourrée de réflexions très drôles parfois si vraies. De trois, un excellent humour à répétition rappelant la scène culte de Snatch avec Avi (le voyage éclair). Un trio faisant des merveilles et provoquant des tonnes de rire.

Pour son premier long-métrage, Joseph Gordon-Levitt s’entoure d’un casting peu mémorable. Sauf pour sa Scarlett Johansson véline. Véritable pétasse (gros boule, seins donnant l’impression d’étouffer dans le soutien-gorge, faux ongles et chewing-gum mastiqué en permanence), l’actrice livre une performance de haut-vol. Je ne l’avais jamais vu jouer dans ce style, si vulgaire. Le rôle était fait pour elle. Non seulement, elle lui permet de casser son image, mais en plus, elle va faire disjoncter les neurones des couilles des hommes notamment via la scène de sexe tout en frottement, un moment mémorable ! On retiendra aussi la famille pour des scènes de repas certes clichées, mais drôles.

Scarlett Johansson va faire disjoncter les neurones des couilles des hommes.

Du fait de sa courte durée de vie (une heure et demie), Don Jon va directement à l’essentiel et ne s’embarrasse pas d’une intrigue bidon parfois prodigieusement agaçante des comédies romantiques. J’ai pris un plaisir monstrueux sur Don Jon et je me suis bien marré. Surtout, je me suis reconnu en Jon. Pour ma part, j’ai toujours vu le porno et faire l’amour comme deux activités distinctes. L’un est simulé mais pourtant si jubilatoire car facile ! L’autre demande plus de travail et une implication émotionnelle (même si parfois, un petit coup ça fait du bien 🙂 ) pour un résultat parfois si jouissif (tiens, ça marche dans les deux sens, Raymond Devos, sors de mon corps). Du coup, la fin m’a déçu.

Spoiler : la fin

J’ai trouvé ça un peu gnangnan. Oh, Don Jon a vu la lumière et a délaissé le porno pour l’amour vrai. Tellement cliché et à des années-lumière de la franchise qu’il offrait auparavant. Ça fait un peu la fin bricolée pour satisfaire le public frigide (le grand public, la plupart du temps) avec une pincée de romantisme. J’aurais bien aimé une scène post-générique avec Jon devant son ordinateur. La voix off achèverait son discours par : « Que voulez-vous ? Le porno ! » et Joseph ferait un petit sourire à la caméra.

Conclusion

Coup de cœur.

Pas une comédie romantique, mais le journal d’un accro au porno. Don Jon fait partie de ces films si surprenants donc jubilatoires. Joseph Gordon-Levitt frappe fort pour son premier long-métrage. Vivement le suivant !

+– Le porno comme jamais vu
– Très drôle
– Joseph Gordon-Levitt excelle partout
– Réalisation maligne
– Scarlett Johansson, what’s the fuck !
– Final décevant
Trophée8/10

Affiche-Don-Jon

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A propos de l'auteur : (3073 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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