Critique : Maléfique

Affiche du film Maléfique réalisé par Robert Stromberg en 2014 avec Angelina Jolie
« Bonne nuit, mocheté. »

Fiche

D’après le livre de Charles Perrault, La Belle au bois dormant, et celui des frères Grimm, Little Briar Rose
Titre:Maléfique
Réalisateur(s):Robert Stromberg
Scénariste(s):Linda Woolverton, John Lee Hancock
Acteurs: Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley, Lesley Manville, Imelda Staunton, Juno Temple, Sam Riley
Titre original:MaleficentDate de sortie:28 mai 2014
Pays:États-UnisBudget:200 000 000 $
Genre:Action, Aventure, Famille, Fantastique, RomanceDurée:1h 37

Maléfique est une belle jeune femme au coeur pur qui mène une vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique, n’écoutant que son courage, s’élève en féroce protectrice de cette terre. Dans cette lutte acharnée, une personne en qui elle avait foi va la trahir, déclenchant en elle une souffrance à nulle autre pareille qui va petit à petit transformer son coeur pur en un coeur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi, jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore. Mais lorsque l’enfant grandit, Maléfique se rend compte que la petite princesse détient la clé de la paix du royaume, et peut-être aussi celle de sa propre rédemption…

Photo de Maléfique avec Angelina Jolie
… Non, mais quand je disais que ça se voyait que tu allais bientôt avoir 40 ans, ce n’était pas méchant. C’était juste… Euh… Bon, je vais te laisser, hein ?

Critique

Après le carton mondial au box-office d’Alice au pays des merveilles par Tim Burton, Disney a bien senti le nouveau filon consistant à faire des « faux remakes » (pas vraiment un remake, mais une trame restant sensiblement la même) de ses classiques. Le studio de Mickey a tenté à nouveau l’affaire avec Le Monde fantastique d’Oz en confiant la réalisation à un autre réalisateur expérimenté, Sam Raimi. Résultat, encore un carton. Alors, là, les gars de chez Disney ont lâché les rênes. Deux films prévus coup sur coup. En attendant le Cendrillon par Kenneth Branagh (Thor), Maléfique est de sortie.

J’ai été bluffé par Maléfique. Alors que je m’attendais à une relecture gnangnan à la Alice au Pays des Merveilles (je ne vais pas affirmer que c’est nul, parce que bon, avec plus d’un milliard de dollars de recettes au box-office, le public a clairement choisi), les scénaristes ont clairement mis l’accent sur la grande méchante de l’histoire. Il faut dire que Maléfique a beaucoup joué sur le succès de La Belle au bois dormant. Hautaine, gothique et terrifiante, Maléfique gardait tout de même un air triste la rendant fascinante. Ce n’est pas pour rien qu’elle a été un des boss les plus mémorables du jeu vidéo crossover Disney/Square Enix : Kingdom Hearts.

Une relecture intelligente de La Belle au bois dormant.

Le choix d’Angelina Jolie est tout simplement la meilleure idée du projet. L’actrice collant parfaitement au personnage. Sa transformation en Maléfique est subjuguante, au point que même ses propres enfants (à l’exception d’un) ont tous tremblés en voyant leur mère déguisée. Par contre, l’originalité réside dans le fait que ce n’est pas La Belle au bois dormant l’héroïne du film, mais bel et bien, Maléfique.

Le premier long-métrage de Robert Stromberg (deux Oscars pour les effets spéciaux d’Avatar et Alice au Pays des Merveilles, ça pose le bonhomme) raconte la « véritable » histoire derrière le conte : une histoire tordant délicieusement le cou à pas mal de clichés. Le roi n’est plus une figure paternaliste bienveillante, les bonnes fées sont des véritables pestes idiotes et la méchante est en fait la plus grande victime. C’est avec délectation que j’ai suivi l’histoire, bien content de la faible durée de vie (le film dure à peine 1h 37) qui fait qu’on ne souffre d’aucuns temps faibles. Cela pourrait provoquer une rupture empathique comme c’est souvent le cas, seulement Angelina Jolie est impeccable.

Quand Maléfique se déchaîne, on est calmé.

Un autre point fort, ce sont les effets spéciaux qui envoient du pâté ! Certaines séquences sont des véritables prouesses visuelles (si certaines vous rappellent Avatar, c’est normal, c’est le même responsable). Ma préférée reste l’envolée à la Man of Steel de Maléfique. Plus surprenant par contre est le style de certaines scènes comme la première bataille entre les habitants de la Lande et les Humains donnant l’impression de voir un spin-off du Seigneur des Anneaux. Je me suis même demandé si le film était vraiment destiné aux gamins et pas plutôt à leurs parents qui ont grandi avec le dessin animé. Pour finir, je vous rassure, on aura droit au dragon culte. Et quel dragon !

Évidemment, le film ne s’épargne pas de quelques petits défauts. Notamment, Elle Fanning (la fameuse Belle au Bois Dormant) un peu trop en mode béatitude (« Oh, c’est magnifique. », « Oh, qu’est-ce qu’elle est belle, la fée. », oh, ça te dirait une claque ?) pour être intéressante ou des effets spéciaux de qualité variable (mais on n’en tiendra pas beaucoup compte au vu de leur générosité).

Par Christophe Menat, le .

Photo du film Maléfique réalisé par Robert Stromberg en 2014 avec Elle Fanning
Quand Avatar s’invite chez Disney.

Conclusion

Excellente surprise, Maléfique est une relecture intéressante de La Belle au bois dormant. Au lieu de se cantonner à remaker (même faussement) l’histoire, les scénaristes nous offrent une nouvelle vision de la méchante, superbement interprétée par Angelina Jolie.

+– Angelina Jolie EST Maléfique
– Effets spéciaux généreux
– Vraie relecture du conte
– Court et rythmé
– Elle Fanning en mode princesse innocente
Trophée7/10

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