L’héritier spirituel de Heat
Fiche
| Titre | Crime 101 | Titre VO | – |
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| Réalisateur | Bart Layton | Scénariste | Bart Layton, d’après le roman de Don Winslow |
| Acteurs | Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Barry Keoghan, Monica Barbaro, Corey Hawkins, Jennifer Jason Leigh, Nick Nolte, Halle Berry | ||
| Date de sortie | 01 / 04 / 2026 (Prime Video) | Durée | 2h 22 |
| Genre | Drame, Policier, Thriller | Budget | 90 000 000 $ |
Les cambriolages méticuleux à LA le long de l’autoroute 101 d’un voleur de bijoux chevronné (Chris Hemsworth) déconcertent la police. Un flic solitaire (Mark Ruffalo) est à ses trousses. Lorsque leurs chemins croisent celui d’une courtière en assurance désabusée (Halle Berry), tous trois sont confrontés à des choix déterminants face aux millions de dollars en jeu.
Critique
Cette adaptation du roman de Don Winslow, déjà porté à l’écran avec Kill Bobby Z (2007), où le regretté Paul Walker tenait l’affiche, et Savages (2012) par Oliver Stone, a fait l’objet d’une lutte acharnée entre Netflix et Amazon MGM Studios. Ce dernier a finalement raflé la mise pour 90 millions de dollars, avec une sortie en salles. Du fait de la chronologie des médias, le film a été privé de grand écran dans le pays où le prix de l’essence a explosé (bon, ça n’aide pas vraiment à identifier la France, en fait…). Il aura donc fallu attendre deux mois pour le découvrir (il est sorti dès le 11 février dans le reste du monde).
Bref, ce qui attire de prime abord, c’est évidemment le quatuor Chris Hemsworth, Mark Ruffalo (pour une réunion « Ragnarokienne »), Barry Keoghan et Halle Berry. Mais Crime 101 est avant tout un thriller policier efficace qui renvoie au chef-d’œuvre de Michael Mann : Heat (1995). On y retrouve cette même volonté de suivre plusieurs individus des deux côtés de la barrière : le criminel et le flic, auxquels s’ajoute ici l’assureur (difficile de dire de quel côté penchent les assureurs, tant c’est parfois de la pure arnaque).
Réunion Ragnarokienne pour un thriller Heatien
Ce qui est intéressant, c’est que, comme dans Heat, le récit ne cherche pas à faire la morale ou à illustrer un combat manichéen entre le bien et le mal. Les trois camps défendent un point de vue qui se tient, ce qui permet de s’attacher à chaque protagoniste. La tension monte d’un cran, car il est parfois difficile de deviner de quel côté la pièce va tomber notamment grâce à l’agent du chaos incarné par Barry Keoghan.
Cela faisait longtemps que des scènes d’action ne m’avaient pas autant accroché. Si, avec le recul, elles n’ont rien d’épatant techniquement, elles ont le mérite de servir parfaitement la narration en instaurant un vrai suspense, ce dont la majorité des blockbusters actuels sont dénués.
Reste malgré tout (et bizarrement) un déroulement un poil trop prévisible, avec des rebondissements que l’on voit venir de loin. Mais difficile de bouder son plaisir devant Crime 101, tant il représente un style devenu rare au cinéma, et encore plus rarement réussi.
Par Christophe Menat, qui a ajouté Bart Layton dans sa liste des réalisateurs à suivre.
Conclusion
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Si Crime 101 n’atteint pas la virtuosité de ses illustres modèles (Heat en tête), il en capture l’essence. Bref, un polar solide, porté par une interprétation sans faille, qui rappelle qu’une tension bien orchestrée vaut mieux qu’une succession d’explosions. Un retour aux sources du thriller urbain qui fait du bien. |
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| 7/10 | |