Les chroniques de Coolson : Heat (1995)

Cette semaine, nous avons perdu un grand, très grand monsieur du cinéma français. Mais aussi et surtout, un immense monsieur du doublage. Je tiens d’ores et déjà à lui dédier cette chronique. Et l’occasion était trop belle pour l’associer à deux autres légendes, Messieurs De Niro et Pacino, qui après des années d’attente, ont décidé de réunir leurs talents devant la caméra d’un non moins talentueux réalisateur, avec la voix profonde et charismatique de M. Frantz pour interpréter M. De Niro.

Alors, on prend son masque de hockey, son fusil d’assaut et son costard, aujourd’hui, c’est Heat.

Du casting

Heat est un film américain sorti le 15 décembre 1995 aux États-Unis et le 21 février 1996 au pays de Sim. Pour faire simple, le film nous voit, pendant 2 h et 51 minutes, nous extasier sur la rencontre tant attendue (ensemble à l’image, parce que les plus tatillons me diront : “gné gné, Coolson il raconte des balivernes, gné gné ils ont joué ensemble dans Le Parrain ! C’est vrai, je raconte des balivernes, mais pas là ! Ils ont joué ensemble dans Le Parrain effectivement, mais pas dans la même timeline, il ne se rencontre donc pas. AH !). LA rencontre, donc, entre deux des plus grandes légendes de l’histoire du cinéma.

On va éviter de résumer leur carrière respective ici. On n’a pas le temps, ou alors, j’en ai pour la semaine et Marvelll va me gronder (non, c’est faux, il est extrêmement sympathique [NdM : bravo, mon petit, tu as bien appris ta leçon]).

En revanche, le reste du casting n’est pas en reste, en associant les noms de Val Kilmer (Iceman, clique ! ), Tom Sizemore, devenu depuis une parodie d’être humain, accusé de pas mal de saloperie, mais qui a tourné dans quantité de films à cette époque.

Mais également, Ashley Judd, Wes Studi, William Fichtner, une jeune Natalie Portman, Hank Azaria, Jon Voight, Danny Trejo, Henry Rollins, Xander Berkeley ou encore Jeremy Piven.

Si vous vous intéressez au cinéma, vous les connaissez. Si vous avez déjà regardé des films, vous connaissez leurs visages.

De la technique

Le film est écrit et mis en scène par Michael Mann, qui a heureusement eu les épaules pour supporter le poids de son casting. Il a remaké son propre téléfilm L.A. Takedown, avec Michael « Yondu » Rooker, en ajoutant environ 1h 30 pour raconter l’histoire qu’il avait écrite.

Il a su créer une attente, au cours du film, de la fameuse “rencontre”. Elle arrive en point d’orgue d’un jeu de chat et de la souris insoutenable. Mais, Mann étant un réalisateur visuel, aimant les plans contemplatifs, il a décidé de ne pas montrer les deux acteurs sur la même image. Ils sont ensemble oui, mais filmés en champ / contre-champ pendant toute la scène. Ils n’apparaîtront pas sur le même plan. Il s’en expliquera en disant : « Ce plan aurait été grammaticalement faux. Ils incarnent deux hommes que tout oppose. Je ne pouvais les montrer face à face. ». 

Et on ne peut bien sûr ne pas parler de Heat sans parler de la cultissime scène de fusillade qui a inspiré bien des jeux, des films, des séries, et même de vrais braqueurs ! La sonorisation de cette scène est un modèle de mise en scène. On place l’action au cœur de la ville qui devient alors une zone de guerre. Pas de musique, caméra à l’épaule, on est dedans et on en ressort épuisé. Si vous devez vous donner envie de voir ce film, déjà, questionnez vous sur votre rapport au cinéma, et ensuite, regardez cette scène !

Alors, c’est valable ?

Est-ce que respirer de l’oxygène, c’est valable ? Est ce qu’une paire de Rayban en plein soleil, c’est valable ? Il a été classé 38e sur 500 dans la liste des 500 meilleurs films de tous les temps par le magazine Empire. C’est un chef d’œuvre, il n’y pas d’autres mots.

La force de Heat réside, selon moi, dans le fait que Michael Mann a mis ses acteurs au service d’une excellente histoire et non pas le contraire. Avoir des grands ne fait pas un grand film (bon, ça peut filer un bon coup de pouce, mais ce n’est pas une valeur sûre).

Ils remettront le couvert en 2008 pour l’exécrable La Loi et l’Ordre, qui est ce qui se passe quand on se contente d’écrire en gros les noms sur l’affiche et puis qu’après on écrit au fur et à mesure que l’on tourne les scènes, en oubliant son talent, ses études de cinéma et sa créativité. Heureusement, ils se retrouveront pour la belle dans The Irishman de Scorsese sur Netflix, histoire de rappeler qui c’est les darons quand on parle de mafia/police.

Et je terminerais cette chronique que j’ai difficilement pu faire plus courte tant les doigts me démangeaient d’écrire sur ce film, sur ces gens, mais aussi sur Jacques Frantz, qui nous berce tous, depuis tant d’années, de sa voix profonde et caverneuse. Il a doublé Mel Gibson, De Niro, Nick Nolte, Jeff Bridges, Ron Perlman, mais c’est aussi Jack Sullivan, Pacha dans Kuzco, Obélix, mais aussi en tant qu’acteur dans Les Ripoux ou encore dans le très très bon Contre-Enquête avec Jean Dujardin et je pourrais en faire une tartine comme ça pendant un moment.

Au revoir M.Frantz et merci.

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