Critique épicée : Conjuring: Les dossiers Warren

Conjuring : Les dossiers Warren Poster
Warren des damnés

Fiche

Titre:
Conjuring: Les dossiers Warren
Réalisateur(s):James Wan
Scénariste(s):Chad Hayes et Carey W. Hayes
Acteurs:Vera Farmiga, Patrick Wilson, Lili Taylor, Ron Livingston, Mackenzie Foy, Shannon Kook-Chun, Joey King, Hayley McFarland
Titre original:The ConjuringDate de sortie:21 août 2013
Pays:États-UnisBudget:20 000 000$
Genre(s):HorreurDurée:1h52
Avant Amityville, il y avait Harrisville… Conjuring : Les dossiers Warren, raconte l’histoire horrible, mais vraie, d’Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… Contraints d’affronter une créature démoniaque d’une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l’affaire la plus terrifiante de leur carrière…
Photo de Conjuring : Les dossiers Warren
Nan mais sérieux, qui irait acheter et jouer avec une poupée aussi crade ?!

Critique

James Wan, c’est le petit gars qui s’est fait connaître avec Saw, un film qui avait fait son effet à sa sortie. Depuis, il s’est frotté à différents genres (vigilante movie, horreur) avec un certain talent et va s’attaquer au domaine de l’action avec le septième volet de la saga Fast and Furious en 2014. Cette année, on est plutôt gâté en ce qui concerne son domaine de prédilection, à savoir l’horreur, avec deux films à se mettre sous la dent en moins de deux mois. Alors que donne son premier essai, un des gros cartons de l’été aux U.S, The Conjuring?

L’histoire se déroule dans les années 70 et baigne ainsi dans une ambiance mi-nostalgique (les rouflaquettes de Patrick Wilson, « Twist and Shoot » des Beatles, etc.), mi-glauque de par les vêtements vieillots et la décoration lugubre de la maison de la famille Perron. Une période qui fait directement écho à celle de L’Exorciste. Ce qui n’est certainement pas un hasard au vu du final de The Conjuring. Bien que les dernières minutes du film marchent sur les plates-bandes du classique de William Friedkin, le niveau de terreur ne sera jamais dépassé, ni même égalé. Mais cela arrivera-t-il un jour?

L’introduction du film qui nous intéresse nous plonge directement dans le bain avec un des cas rencontrés par notre couple de chasseurs de fantômes, Ed et Lorraine Warren. En l’occurrence, l’affaire concerne une cousine de Chucky qui traumatise deux jeunes filles et secoue gentiment le spectateur par la même occasion.

Le dossier est présenté au cours d’une des nombreuses conférences que donnent ces vrais Ghostbusters à travers les États-Unis. L’une d’elle sera d’ailleurs l’occasion de présenter à l’assistance à laquelle les Warren font face mais également au spectateur le mode opératoire d’un esprit. Soit le déroulement qui nous attend dans le film : infestation, oppression, possession. Une formule classique et dont l’annonce clairement affichée nous montre bien que le réalisateur ne compte pas tellement nous surprendre à travers le déroulement de son histoire.

« Le déroulement qui nous attend dans le film : infestation, oppression, possession. »

Photo de Conjuring : Les dossiers Warren
Poil au…?

C’est à l’issue d’une de leurs colloques que leur chemin va rencontrer celui d’un autre couple, les Perron, qui ont quelques soucis de colloc’ avec des fantômes. Ces esprits frappeurs ont à ce stade du film pu démontrer leur savoir-faire: éclater en même temps une dizaine de cadres photos dans les escaliers, faire grincer et claquer des portes, jeter un ballon dans une cave, jouer d’un piano désaccordé, etc. Bref, titiller les nerfs d’une famille à base de tapage nocturne comme de nombreux fantômes avant eux. À partir du moment où ce couple de chasseurs de démons va entrer dans la maison des Perron, The Conjuring va commencer à grimper d’un cran dans les apparitions maléfiques. Mais ce déploiement d’effets ne s’accompagne pas nécessairement d’une efficacité accrue.

« Le film est à mon sens très efficace sur deux aspects : la suggestion et la mise en scène. »

Parce que le film est à mon sens très efficace sur deux aspects : la suggestion et la mise en scène. Dans la suggestion, le réalisateur fait travailler l’imagination du spectateur avec une agréable économie d’effet. À l’image de cette séquence terrifiante où l’une des enfants de la famille Perron se fait tirer le pied en pleine nuit. Ce qui va la pousser à chercher dans sa chambre le petit malin qui l’embête au beau milieu de la nuit. Jusqu’à ce qu’elle entrevoit la présence maléfique tapit dans l’obscurité, juste derrière sa grande sœur. On ne verra alors rien à l’écran, on ne pourra que se contenter de l’imaginer tout en craignant de la voir surgir. Le rendu est excellent avec au final pourtant très peu d’effet à l’écran. Cette sobriété de moyens est aussi efficace que bienvenue. Le jeu du « clap-clap », déjà aperçu dans les premières bandes-annonces, est également une excellente trouvaille. Pas de gros effets déployés mais encore une fois, une efficacité de premier ordre lorsque la mère joue avec sa plus jeune fille.

« Le jeu du « clap-clap », déjà aperçu dans les premières bandes-annonces, est également une excellente trouvaille. »

Photo de Conjuring : Les dossiers Warren
« Salut, on est la famille Perron. Et on est sur le perron. »

En termes de mise en scène, le film contient de nombreux plans au sein desquels des silhouettes peuvent apparaître dans 2 ou 3 endroits à la fois. Que ce soit de derrière une porte, de l’obscurité ou encore dans un miroir. Les travellings lents et autres plans fixes créent une tension, parfois une frustration du spectateur de ne rien voir jaillir alors qu’il est en sur le qui-vive. The Conjuring recherche par moments à prendre le spectateur à revers avec des effets vus et revus dans de nombreux films mais où le scare-jump n’est pas forcément là où on l’attend. Appréciable. En plus de cela, la caméra de James Wan se montre toujours aussi fluide et virtuose.

« En plus de cela, la caméra de James Wan se montre toujours aussi fluide et virtuose. »

Que ce soit à travers ce petit plan-séquence lors de l’emménagement de la famille Perron, du plan subjectif-renversé lorsque la petite fille regarde sous son lit (qui rend encore une fois l’exploration des différents recoins de la pièce déstabilisant et plus flippant). Ou encore au détour d’un plan renversé qui se retourne tout en montant au passage d’un personnage, et fera l’exact mouvement inverse lorsque le personnage repassera dans l’autre sens. Un effet de caméra qui n’est pas sans rappeler ceux utilisés dans Silent Hill (http://www.youtube.com/watch?v=952NoFhRBGA celui à 4mins25 par exemple). Bref, James Wan sait poser sa caméra quand il le faut mais aussi la manier avec brio.

Au tableau des réussites, on peut également ajouter l’interprétation globalement très solide, ce qui n’était pas aisée au vu des 5 petites filles que comporte la famille Perron. Mais tout ce beau monde s’en sort très bien et nous permet de rentrer encore plus aisément dans l’histoire. La véritable famille Perron était à ce titre présente sur le plateau (à l’exception de l’épouse, probablement encore trop traumatisée parce qu’elle a enduré) et a certainement contribué à rendre l’histoire plus crédible et vérace à travers leurs douloureux souvenirs.

« Le film perd toutefois en impact lorsque les présences maléfiques se font trop voyantes. »

Le film perd toutefois en impact lorsque les présences maléfiques se font trop voyantes, que ce soit en surgissant d’en haut d’une armoire d’un saut de grenouille assez risible ou lors de la séquence d’exorcisme finale. Il recycle également des effets croisés trop souvent ces dernières années dans les Paranormal Activity et compagnie, à savoir le drap qui bouge ou le personnage qui traverse une pièce en se faisant tirer par une force invisible. Un peu d’originalité dans ces films de démons que diable !

Photo de Conjuring : Les dossiers Warren
La (Petite) Fille aux allumettes.

Conclusion

Conjuring: Les dossiers Warren reste un spectacle très honnête, par moments très efficace, habilement réalisé, qui délivre son lot de sensations fortes et est très appréciable pour l’amateur de pelloche qui fout la pétoche. Dommage que l’originalité soit rarement de mise.
+– De bons moments de frousse
– Une belle ambiance
– L’interprétation globale de qualité
– Réalisation solide qui joue avec les nerfs du spectateur
– Intrigue classique et peu surprenante
– Retombée de tension sur le final
– Des effets déjà vus. Et revus.
– Risqué d’aller jouer sur le terrain de L’Exorciste…
7/10

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