Critique : Conjuring 2: Le Cas Enfield

Affiche de The Conjuring 2: The Enfield Poltergeist avec Patrick Wilson et Vera Farmiga

Et maintenant, quelque chose de complètement pareil

Fiche

TitreConjuring 2: Le Cas Enfield
RéalisateurJames Wan
ScénaristesCarey Hayes, Chad Hayes, James Wan, David Leslie Johnson
ActeursPatrick Wilson, Vera Farmiga, Madison Wolfe, Frances O’Connor
Titre originalThe Conjuring 2: The Enfield PoltergeistDate de sortie29 / 06 / 2016
PaysÉtats-UnisBudget40 000 000 $
GenreÉpouvante, Horreur, MystèreDurée2h 14

Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s’agira d’une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes…

Photo de The Conjuring 2: The Enfield Poltergeist avec Madison Wolfe
Le classique « le gamin réussit à faire passer sa tête entre les deux barres de la grille, mais pas à l’enlever ».

Critique

En livrant Conjuring: Les dossiers Warren, James Wan avait fait un joli tour de force. Non seulement, le film a été très apprécié (spécialement par votre serviteur), mais en plus, il a cartonné au box-office en rapportant plus de quinze fois son budget (318 millions pour un budget de… 20). Tellement marquant qu’il a déjà eu droit à un spin-off : Annabelle (mais bon, ce dernier était vraiment pourri à mon goût, malgré tout, ça ne l’a pas empêché de cartonner avec 256 millions de dollars pour un budget de 6,5 au point qu’il aura aussi droit à une suite). Bref, après Conjuring, James Wan avait fait Fast & Furious 7 et la suite de l’histoire, on la connaît : carton aussi monstrueux que la poupée Annabelle avec 1,5 milliard pour un budget de 190. Néanmoins, ça n’a pas empêché le réalisateur de refuser Fast & Furious 8 pour faire… Conjuring 2: Le Cas Enfield. Si ce n’est pas une belle preuve d’amour, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

J’ai eu la chance de pouvoir voir cette suite au Grand Rex. Le truc sympa, c’est qu’à l’entrée, on nous a offert un collier où pend au bout, une petite croix. La particularité de cette croix, c’est qu’elle s’allume d’une lumière bleutée quand on raccorde les deux extrémités du collier. Évidemment, c’était une belle connerie d’offrir une telle chose avant une séance au cinéma, parce qu’il y a toujours deux ou trois gogolitos pour jouer avec pendant le film. Fort heureusement, au bout de la cinquantième fois (au bout d’une demi-heure, quoi), ils se sont lassés…

Ceci est une histoire vraie : un homme a succombé en regardant le film puis son corps a disparu

Avant le lancement de la projection de Conjuring 2: Le Cas Enfield, il a fallu attendre qu’un prêtre bénisse la salle. Merci tout de même à l’équipe du cinéma d’avoir pensé à nous. Surtout quand on connaît l’histoire de cet Indien qui est mort d’une crise cardiaque en regardant le film et dont le corps a disparu peu après avoir été examiné à l’hôpital. Naturellement, on se marre en lisant un tel fait divers, mais dans le doute, on loue la bénédiction. Sait-on jamais ? Sur un malentendu…

Comme d’habitude, à chaque critique, j’essaie d’être le plus franc possible, donc je vous le dis direct, la critique qui suit est à prendre avec des pincettes. Je n’ai jamais réussi à flipper de tout le film. Jamais. Mais comment pourrais-je ? La salle a été très bruyante. Le mec devant moi passait son temps à discuter avec sa voisine (non, non, il n’essayait pas de se la faire, c’était sa maman). Dès lors, les séquences d’épouvante m’ont plus plu pour leur côté ludique qu’horrifique. En même temps, c’est le problème avec les films d’épouvante. Au cinéma, ils nécessitent d’avoir un public très sage et ce n’est certainement pas le profil de celui du Grand Rex. Pour le genre, les meilleures séances restent donc celles à la maison. Seul dans le noir, avec un son particulièrement élevé.

Une suite trop proche de son prédécesseur

Néanmoins, ça ne m’a pas empêché de remarquer que le film souffrait de défauts assez pénalisants. Déjà, la première heure avec la présentation de la famille a un côté « remake du premier épisode » malgré le changement de cadre (on quitte la ferme américaine isolée pour une maison au nord de Londres). Le film met donc un moment à démarrer (il paye sa longue durée), malgré une excellente séquence d’ouverture. C’est dommage de ne pas nous avoir offert, comme diraient les Monty Python, « quelque chose de complètement différent ».

Au centre de l’histoire se trouve la jeune Janet Hodgson incarnée par Madison Wolfe. La gamine s’en sort pas mal dans le rôle. Tour à tour, touchante et flippante. Néanmoins, elle reste trop classique pour réellement marquer. Le même constat est extensible à sa mère jouée par Frances O’Connor. Au final, seuls les Warren (Patrick Wilson et Vera Farmiga) sont ceux qui arrivent à amener de l’émotion et du fun. Notamment sur une émouvante séquence musicale.

L’impression de déjà-vu, constante durant la première moitié du long-métrage, devient moins forte dans la deuxième moitié, même si elle revient par moments. Parmi les points forts, je cite l’arrivée de deux nouvelles créatures pour le moins marquantes. Ma préférence va néanmoins largement pour L’Homme tordu. Mais dans l’ensemble, il n’y a rien de spécialement transcendant. Fort heureusement, James Wan est toujours aussi à l’aise avec la caméra et nous offre quelques jolies envolées (littéralement, des fois). J’ai aussi noté quelques touches d’humour réussies (souvent volontaires, mais parfois non, comme avec certains clichés).

En tout cas, quelle belle surprise en découvrant les photos d’origine durant le générique final. Elles permettent de constater à quel point l’équipe du film les a respectés. Notamment au niveau des décors.

Par depuis Enfield, le20 juin 2016.

Photo de The Conjuring 2: The Enfield Poltergeist avec Vera Farmiga
Le classique « le monstre est derrière l’héroïne »… Ça marche aussi pour les films porno avec ces braquemarts de 40 centimètres.

Conclusion

À cause d’une séance particulièrement bruyante, il m’est difficile de juger la partie épouvante de Conjuring 2: Le Cas Enfield. Néanmoins, le nouveau long-métrage de James Wan n’offre rien de particulier lui permettant de se démarquer de son prédécesseur au point que j’ai parfois eu l’impression d’en voir un remake, mais dans un autre lieu. Cette suite reste toutefois un film sympathique à regarder et elle bénéficie d’un croque-mitaine efficace.

+

  • Côté épouvante fun…
  • L’Homme tordu
  • Techniquement nickel

  • …mais pas flippant
  • L’impression d’avoir un remake déguisé
6/10

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