Critique : Capone

Les derniers jours de Scarface

Fiche

TitreCaponeTitre VO
RéalisateurJosh TrankScénaristeJosh Trank
ActeursTom Hardy, Linda Cardellini, Matt Dillon, Kyle MacLachlan
Date de sortie12 / 05 / 2020Durée1h 43
GenreBiographie, Crime, DrameBudget20 600 000 $

Al Capone sort de prison après y avoir passé dix ans et montre des premiers signes de démence tandis que son passé refait surface.

Critique

Un réalisateur assassiné par le marketing

Encore un film prévu pour les salles muté directement en VOD suite au Covid-19.

Pour le coup, il s’agit d’une vraie curiosité, car avant d’être le nouveau Tom Hardy, c’est le troisième long-métrage de Josh Trank après Chronicle et Les Fant4stiques. Entre-temps, il s’était engagé sur un spin-off Star Wars, mais a finalement quitté le projet. Une décision assez compréhensible vu à quel point le gars en a pris plein la gueule concernant le flop du Marvel de la Fox. Du coup, faire une histoire dans une galaxie lointaine avec sa base de « fans » haineux après une telle expérience n’était clairement pas l’idée du siècle. Le Trank s’en est rendu compte et s’est orienté vers un film plus intimiste.

Manque de bol (ou véritable malédiction ?), une mauvaise décision marketing risque de le pénaliser. De quoi, je parle ? De changer le titre original du projet, Fonzo, en Capone. Certes, le nouveau titre est bien plus vendeur, mais il n’a finalement que peu à voir avec ce que Trank veut nous proposer. En effet, il n’est pas question d’un biopic sur Alphonse « Scarface » Capone, mais d’un long-métrage sur ses derniers jours alors qu’il est atteint de la neurosyphilis. Du coup, après visionnage, il est clair et net que Fonzo était un titre bien plus adapté en plus d’être un peu poétique quelque part.

Voyage au bout de la folie

Bref, profitant de l’état sacrément détérioré du gangster de Chicago, Josh Trank livre un long-métrage où les hallucinations se confondent avec la réalité et il est parfois difficile de faire la différence. Dès lors, ceux ne connaissant rien d’Al Capone et ayant lancé le film avec l’idée d’en savoir plus vont se noyer. Car avare en détails est le Trank. Des indices par-ci et par-là pour nous permettre de résoudre le puzzle, mais les bases sont indispensables.

Peu importe, car le réalisateur semble avoir une vraie volonté de briser le mythe. Alors que les gangsters étaient autrefois portés aux nues au point de devenir des icônes. Josh Trank traîne Al Capone dans la boue (sur un passage, il le fait littéralement) au point de le transformer en Bugs Bunny qui chie dans son froc. Évidemment, il faut accepter l’idée que le lapin de la Warner puisse mettre un pantalon. Pour couronner le tout, le réalisateur va même jusqu’à reprendre l’arme fétiche du gangster pour une scène surréaliste aux confins du ridicule.

La nuit du Capone

Heureusement que Josh Trank avait un Tom Hardy dans le rôle-titre afin de mettre en images sa volonté. Comme à son habitude, ce dernier va jusqu’au bout du délire et livre une prestation totalement habitée un peu comme il l’avait fait pour Nicolas Winding Refn sur Bronson. Reste un maquillage assez bizarre donnant l’impression d’avoir affaire à Bub de Le Jour des morts-vivants. Ouais, j’avais l’impression que le Al allait se transformer en zombie et bouffer tout le monde. Mais bon, j’imagine que les mecs ont fait des recherches et que le déclin physique provoqué par la neurosyphilis ressemble à ça.

Autre point positif, la photographie et la mise en scène sont magnifiques. La façon dont les hallucinations se mélangent à la réalité, un peu comme si on était dans un film d’épouvante, donne naissance à des scènes visuellement puissantes. Malheureusement, ça a un coût, la lente descente vers la démence totale pète les genoux du rythme à coups de barre de fer et j’ai bien eu du mal à ne pas m’endormir durant la première heure. Surtout qu’elle amène une succession assez répétitive de péripéties. J’ai réussi à tenir en me mettant à plier le linge.

Par fier de ne pas s’être endormi.

Conclusion

Pas un biopic sur la vie d’Al Capone, mais sur ses derniers jours alors qu’il sombre dans la démence. Josh Trank en profite pour livrer un film stylé mais marqué par un rythme soporifique.

+

  • Tom Hardy habité
  • La légende Scarface brisée
  • Mise en scène entre réalisme et hallucination

  • Dur de ne pas s’endormir
  • Ardu à comprendre si on n’a pas des notions de la vie de Capone
6/10

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