Les chroniques de Coolson : Hook ou la revanche du Capitaine Crochet (1991)

– T’as la bouche pleine de caca mon p’tit, on t’a déjà dit ?

– Tu n’es qu’une grosse morve visqueuse et une usine à prout. Un sac à dégueuli de chats et de tripes de rats. Une arrachade de sparadrap pleine de croûte séchées et de giclures de poireaux. Un vieil hamburger d’asticot rassis avec de la moucharde forte et les mites à part.

– Remplaçant de prof de chimie.

– Mauvaise haleine !

– Pion de fac.

– P’tite tête !

– Barbier de prison.

– Petit empoilé

– Gynécologue astigmate

– Dans ta fiole tronche de cake !

– Dans tes miches, tes fesses de vache.

Et oui, c’est un dialogue. Un magnifique dialogue sorti tout droit d’un film magnifique. Si vous avez entre 30 et 45 ans, vous avez connu ce film, dans son prime. Mais vous avez surtout connu son acteur principal, parti bien trop tôt, laissant un gigantesque vide. Il aurait eu 70 ans cette semaine si la vie n’était pas une chiennasse.

Alors, on prend son chapeau de pirate, son épée en bois et on trouve une pensée agréable.

Cette semaine, c’est Hook !

En bonne et due forme Jack !

Hook ou la revanche du Capitaine Crochet est un film américain sorti le 11 décembre 1991 aux États-Unis et le 1er avril (sans blague) 1992 au pays de Victor Lanoux.

J’ai beaucoup à dire dessus, donc, on réduit le pitch à son minimum : Peter Pan a grandi, c’est devenu un connard, ses enfants se font enlever au pays imaginaire, il y retourne, redevient Peter Pan et c’est PUTAIN DE COOL !

Peter Banning/Pan est incarné par le très très très regretté Robin Williams, notre papa/grand frère/cousin/gentil tonton de substitution. Je pense que tout le monde a été touché par un film de Robin Williams. Que ce soit de par son interprétation de Adrian Cronauer dans Good Morning Vietnam, de John Keating dans Le Cercle des Poètes Disparus, de Daniel Hillard dans Mme Doubtfire, de Alan Parish dans Jumanji, de Sean Maguire dans Will Hunting, pour lequel il obtiendra un Oscar et bien entendu, du génie d’Aladdin, pour lequel il aura servi également de modèle et de tant d’autres rôles tout aussi marquant. Et puis, il a appelé sa fille Zelda en hommage à la princesse, on lui doit donc notre respect éternel.

Le capitaine Crochet est interprété par Dustin Hoffman, une légende d’Hollywood, en place depuis presque 70 ans et passé par à peu près tous les styles. Lauréat de deux Oscars, de 5 nominations, de 5 Golden Globes, de 7 nominations, sa carrière parle pour lui. Il a également été fait Commandeur des arts et des lettres en France, pour le récompenser de son œuvre. On devrait en reparler rapidement (clin d’œil).

Le reste du casting n’est pas en reste, avec en vrac, Julia Roberts, Bob Hoskins, Maggie Smith, et même Phil Collins qui est venu passer une tête.

M. Spielberg

Mis en scène par Steven Spielberg, c’est une nouvelle fois une réussite (essentiellement commerciale) le film ayant cartonné, malgré des critiques mitigées et cinq nominations aux Oscars. Je suis présentement en train de regarder sa filmographie, c’est bien simple, il n’y a que des blockbusters et/ou des films cultes. Je pense que, quoi qu’on en pense, cet homme a l’une, si ce n’est la plus incroyable, des plus belles carrières de l’histoire du cinéma, que ce soit en réalisation, mais également à la production où les gens qui gravitent autour de lui sont également des génies incontestables.

Il est, en compagnie de sa productrice de toujours Kathleen Kennedy, recordman du nombre de nominations pour l’Oscar du meilleur film, avec 8 citations. Il a même un astéroïde à son nom, découvert le 21 février 2001. Et je tiens à vous rappeler, comme je l’ai déjà dit ICI, mais cette stat est folle, qu’il est le cinéaste le plus rentable de l’histoire du cinéma, avec 10.5 milliards de dollars de recettes à travers le monde et plus de 96 millions d’entrées, rien qu’en France.

Je ne sais pas vous, mais moi qui suis passionné de cinéma et par cet homme également, je trouve ça fascinant de fédérer autant de monde, sur presque 50 ans de carrière. Je pourrais en parler pendant encore 3 000 lignes. En tant que geek et fan, cet homme est une idole. Je l’aimeuh.

Alors, c’est valable ?

Depuis que j’ai commencé mes clowneries chez Marvelll, l’inspiration arrive assez aisément au moment d’écrire. Le sujet me passionne et j’aime m’épancher sur les internets.

Mais cette semaine, j’ai commencé à écrire quatre articles, tant je voulais écrire sur Robin Williams. J’aurais pu vous parler de la beauté de la fin du Cercle des Poètes Disparus et de son célèbre poème de Walt Whitman, de mes souvenirs émus du génie, mais aussi de son changement radical de registre au début des années 2000 dans Photo Obsession ou encore Insomnia du débutant, mais déjà talentueux, Christopher Nolan avec Al Pacino, deux excellents thrillers.

Robin Williams crée chez moi un mélange de sentiment étrange, de nostalgie, de tristesse, de joie, de tendresse. Hook n’est que l’un de ses nombreux films qui m’aura touché, encore plus depuis sa disparition. Je le/les regarde comme une vieille VHS dans laquelle je retrouve le souvenir d’un être cher disparu.
J’espère sincèrement avoir réussi, au travers de ce moment ensemble, à transmettre non seulement mon admiration pour Steven Spielberg, mais aussi, et surtout, ma tendresse pour Robin WIlliams.

Et je terminerais, comme il se doit, par un dernier hommage évident, mais néanmoins de circonstances, si vous avez vu Le Cercle des Poètes Disparus et que vous savez comment il nous a quitté.

Ô Capitaine ! Mon Capitaine !

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est terminé

Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée

Le port est proche, j’entends les cloches, la foule qui exulte,

Pendant que les yeux suivent la quille franche, le vaisseau lugubre et audacieux.

Mais ô cœur ! cœur ! cœur !

Ô les gouttes rouges qui saignent

Sur le pont où gît mon Capitaine,

Étendu, froid et sans vie.

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.

Lève-toi: pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,

Pour toi les bouquets et guirlandes enrubannées, pour toi les rives noires de monde,

Elle appelle vers toi, la masse ondulante, leurs visages passionnés se tournent:

Ici, Capitaine ! Cher père !

Ce bras passé sous ta tête,

C’est un rêve que sur le pont

Tu es étendu, froid et sans vie.

Mon Capitaine ne répond pas, ses lèvres sont livides et immobiles;

Mon père ne sent pas mon bras, il n’a plus pouls ni volonté.

Le navire est ancré sain et sauf, son périple clos et conclu.

De l’effrayante traversée le navire rentre victorieux avec son trophée.

Ô rives, exultez, et sonnez, ô cloches !

Mais moi d’un pas lugubre,

J’arpente le pont où gît mon capitaine,

Étendu, froid et sans vie.

Bisous.

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