Critique : Blade Runner 2049

Les androïdes rêvent-ils à nouveau de moutons électriques ?

Fiche

TitreBlade Runner 2049Titre VO
RéalisateurDenis VilleneuveScénaristes Hampton Fancher, Michael Green
Acteurs Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Sylvia Hoeks, Robin Wright, Mackenzie Davis, Carla Juri, Lennie James, Dave Bautista, Jared Leto
Date de sortie04 / 10 / 2017Durée2h 43
GenreScience fiction, ThrillerBudget150 000 000 $

En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…

En une image, on comprend déjà que le film va être du lourd visuellement.

Critique

Donner suite à un monument de la science-fiction relève toujours du pari casse-gueule. Seulement, c’est Denis Villeneuve qui s’y colle. Sincèrement, qui de mieux que l’héritier spirituel de Ridley Scott pour faire Blade Runner 2049 ? Je te le demande, qui ?

Avant le film, le jeu vidéo

Si j’adore autant Blade Runner, c’est surtout parce que je l’ai découvert via un jeu vidéo. Celui de Westwood Studios sorti en 1997, soit 15 ans après la sortie cinéma du long-métrage de Ridley Scott. Quand j’avais découvert les aventures du blade runner McCoy, collègue de Rick Deckard (Harrison Ford) et personnage principal du jeu, j’avais été fasciné par l’univers. Après avoir terminé l’aventure (plusieurs fois au vu des multiples fins – le jeu est un modèle dans le genre, car nos actions influent réellement sur le déroulement de l’histoire), c’est tout naturellement que je me suis jeté sur le film en mode charognard. Je traduis : je harcèle toutes mes connaissances afin de savoir si quelqu’un en avait la K7.

La première fois que j’ai vu le chef d’œuvre de Ridley Scott, j’avais été déçu. Préférant largement le jeu vidéo. Puis au fil des visionnages, comme pour The Big Lebowski, j’ai commencé à l’aimer de plus en plus au point qu’il est aujourd’hui un de mes films préférés. Néanmoins, le jeu vidéo restera toujours devant dans mon cœur. D’ailleurs, il est abandonware (c’est-à-dire qu’on peut le télécharger légalement), donc tu n’as pas d’excuses pour ne pas l’essayer. Bref, c’était l’instant nostalgie avant d’aller dans le futur (reculer pour mieux sauter, tout ça). DeLorean, emmène-moi en 2049 !

Remarquable promotion

Une fois n’est pas coutume, Warner Bros a fait des efforts sur la promotion en demeurant flou concernant l’intrigue. La première bande-annonce déployait une atmosphère folle avec des images soignées sans quasiment rien dévoiler de l’intrigue. La seconde était plus généreuse, mais restait réservée. J’applaudis une telle manœuvre, car voir Blade Runner 2049 sans rien connaître de l’histoire est exactement la chose à faire.

Dès lors, dur de faire une critique sans parler de l’histoire. Vraiment ? Pas nécessairement. Car Blade Runner 2049 est davantage un film d’ambiance. Ainsi, c’est le travail visuel et sonore accompagné du jeu des acteurs qui est à mettre en avant. C’est donc naturellement que je délaisse la critique de l’aventure. Je soulignerais juste qu’elle regorge de surprises et prolonge parfaitement le mythe du film original tout en allant plus loin. En passant, je conseille fortement de voir le premier sous peine de zapper certaines émotions.

C’est peut-être le futur, mais au moins, moi, j’ai un écran plat.

Quand Denis Villeneuve fait du Denis Villeneuve

C’est drôle. Une fois, la séance terminée. Au moment de faire le compte de ce que j’ai aimé et pas aimé. Je me suis surpris à remarquer que ce sont exactement les mêmes qualités et défauts que sur les des deux précédents longs-métrages du réalisateur. En conséquence, oubliez tout de suite l’idée d’avoir un blockbuster qui renie l’original en misant davantage sur le fun. Blade Runner 2049 reprend cette idée de film noir dans un futur dépaysant tout en se révélant d’une justesse minutieuse (épatant soin apporté aux détails).

Denis Villeneuve et son équipe ont livré une performance ahurissante au niveau de l’atmosphère. C’est simple, deux heures après la fin de la séance, j’étais encore dans l’ambiance. Même constat, le lendemain matin. Impossible de m’en dépêtrer. Impossible non plus de compter le nombre de plans cultes. Ils semblent tous l’être et ça commence dès le texte introductif (j’avais envie de bondir sur mon fauteuil tel un fanboy). Les effets spéciaux sont transparents. Mieux même, ils sont derrière des séquences spectaculaires, mais pas dans le sens grand spectacle. Spectaculaire, dans le sens jamais-vu. Côté son, j’ai revécu la mémorable expérience de Sicario et Premier contact. Écrasant.

Quand Denis Villeneuve fait du Denis Villeneuve 2

Quant au scénario, on remarquera quelques gimmicks qui sont du pur Villeneuve. C’est bien la preuve que nous sommes devant un film d’auteur. Par contre, je dois maintenant attaquer une des faiblesses du film. 163 minutes. Deux heures et quarante-trois minutes. C’est long. D’autant plus qu’on parle d’une œuvre contemplative comme Dennis Villeneuve les affectionne.

Bonne nouvelle malgré tout, je n’en ai pas ressenti le poids. Par contre, j’ai subi des baisses de régime. Ces fameux moments où l’envie de mettre vitesse x2 démange. Mais d’un autre côté, une fois la séance finie, je ne voyais pas trop ce qu’il y avait à retirer tant l’ensemble formait un tout excellent. Non, je mens. J’aurais sûrement amoindri le rôle de Jared Leto tant j’ai trouvé son personnage de mégalomane lourd avec ses monologues « branlettes ». Surtout sur une scène de naissance longue et dispensable.

Comme d’habitude, chez le réalisateur, le jeu d’acteurs est excellent. Chaque personnage qu’il soit principal ou secondaire trouve sa place dans l’intrigue et livre une performance mémorable, spécialement combiné avec le look, au point qu’on s’en souvient indubitablement. Toutefois, je ferais tout de même une distinction pour Sylvia Hoeks (Luv). Je ne l’attendais pas du tout et elle m’a vraiment épatée.

Je termine en faisant une petite digression. C’est fou de comparer Blade Runner 2049 au Ghost in the Shell live sorti plus tôt cette année. Tout ce que ce dernier aurait voulu faire, le film du jour l’a fait.

Par qui se pourlèche déjà les babines à l’idée de le revoir en 4K, le5 octobre 2017.

« Ryan Brosling, on essaie de piquer mon boulot ? »

Conclusion

Encore une fois, je ne suis pas ressorti indemne d’un film de Denis Villeneuve. Pourtant, ce projet-là avait tout pour briser la filmographie sans-faute du réalisateur canadien. Mais non, à nouveau, il s’en sort avec brio et livre un objet cinématographique majeur. On retrouve les mêmes défauts que sur ses travaux précédents (contemplatif avec des longueurs, d’autant plus que Blade Runner 2049 dure 2h43), mais ils ne sont que poussières devant les innombrables qualités. Un modèle parfait de suite. Le mythe du film original est repris et est emmené vers des nouveaux horizons. Désormais, Blade Runner sera indissociable de sa suite (et du jeu vidéo).

+

  • Ambiance extraordinaire
  • Plans cultes à foison
  • Personnages tous mémorables
  • Scénario prolongeant le mythe du premier tout en l’enrichissant

  • Longueurs
  • Wallace (Jared Leto) un peu lourd
9/10

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A propos de l'auteur : (2825 articles)

Fou de cinéma depuis qu’il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • Whyl Bertrand

    Bon bah moi j’avais jamais vu le premier (pas envie, trop peur d’être déçu par un film considéré comme culte), et pis d’ailleurs c’est même pas celui là que j’allais voir à la base !

    Je me tâtais entre American Assassins ou le Sens de la fête, pis comme ma femme bosse au cinoch (3615 ta vie), et comme elle est fan de Gosling, et comme elle avait une heure de pause en plein pendant ma séance, bah je me suis dit, Allez, on va se faire ce film là comme ça j’aurais chérie avec moi un petit peu…

    Au final j’ai trouvé ça sympa, parfois chelou, et moi qui suis pas trop science fiction, j’ai été agréablement surpris par l’ambiance noire et pesante qui m’a rappelé Total Recall. J’ai senti également des longueurs, surtout vers la fin (j’avais faim aussi…) mais dans l’ensemble, je dirais que j’ai plutôt aimé.

    Pis j’ai découvert Ana de Armas, ça valait le coup !

    • « surtout vers la fin (j’avais faim aussi…) », ah, c’est horrible ça. Ça m’a niqué certains films. T’as tellement faim que tu décroches du film.

      Sinon, si tu as trouvé ça sympa, je te conseille de regarder le premier film, l’impact de cette suite en est multiplié. Notamment pour les passages « Rachel ». Ça m’a foutu un sacré coup de nostalgie.

      • Whyl Bertrand

        Ouais j’en ai causé avec un pote hier qui a vu l’original samedi et à qui j’ai demandé de me spoiler le film du coup, et bon, faut voir, je me tâte, j’ai le temps mais pas l’envie… Un jour sûrement ! Mais d’abord faut que je me fasse la saison 4 de black sails.

        • Ah, ah, c’est quand même moins long à regarder qu’une saison complète 😛

  • Captain Cook

    Mon avis est proche du Monsieur : https://www.youtube.com/watch?v=p1b6-qh_CA8

    Pour le coup.

    Je vais étre le seul mouton noir ^^.

    Mais tant pis.

    Est bien, sympa sans plus pour ma part !

    Bon avant toute chose (je l’avais déja dit il me semble ici), je suis pas fan du 1er (que je trouver super beau, avec des thématique excellente, mais le rythme et l’aspect contemplatif ma laisser sur le carreau) !

    Du coup, cette suite plaira vraiment a ceux qui ont adoré (je pense), le premier film. Car il suit vraiment quasiment les même codes (et d’autres). Ensuite visuellement c’est juste une claque, le cast est excellent (surtout Gosling), et je pense qu’il vaut le coup d’être vu dans les meilleurs condition.

    Par contre, 2h40 de film, j’ai trouver sa quand même SUPER LONG. Et d’autre autour de moi (qui ont kiffé), ont aussi ressentie le truc. Je pense pas que ca sera un film que je regarderait (souvent) !

    Mais dans le domaine des Block, sa reste couillu de faire un film comme sa, du coup japrouvecbien .

    Donc comme le premier, j’y ait vu les qualité, je comprend pourquoi le film fait du bruit. Mais il ne m’a pas toucher personnellement !

    3/5

    Par contre, j’en ai pas forcément parler, mais la réalisation du metteur en scène est juste a tomber. Pffiou des passage de ouf quand j’y repense !

    Et le reste du casting, et vraiment solide, surtout Ana de Armas japrouvecbien jaime ou encore Robin Wright et Mackenzie Davis.

    Jared Leto était bon aussi, mais pas forcément aussi fascinant que ceux cité.

    La BO aussi, ils ont réutiliser des thèmes (bonne chose), ensuite c’est du Zimmer quoi. De bonne compo, d’autres plus chiante.

    Enfin voila, je fait mon blaser, mais le film est bourré de qualité. Alors que c’est pas mon trip !

  • Dreadfox

    Ce film…ce film a des défauts qui l’empêche d’accéder au statut de chef d’oeuvre pour moi. Il y a quelques petites facilités typiquement hollywoodiennes (notamment l’enquête qui est très simple au final, K ne rencontre pas vraiment de difficultés, et n’importe qui de patient et intelligent en serait venue aux mêmes conclusions et actions). Il est parfois un chouia longuet (rien d’ennuyeux cela dit). Le fil rouge du récit, s’il est fort symboliquement, me paraît assez wtf et simpliste en même temps.

    J’en profite pour demander: Les Réplicants sont-ils mécaniques, « biologiques », ou un mélange des deux? Jusque là je pensais que c’était des sortes d’androïdes, mais ce film semble dire le contraire, les présentant plus comme des « humains artificiels ».

    J’aurais aussi nuancé Wallace, le personnage de Leto (qui se rattrape de fort belle manière de son pitoyable Joker). Contrairement à toi, j’ai trouvé ce perso intéressant: une sorte de « Dieu », mais finalement assez vulnérable (et aveugle en ce qui concerne les infos dont il dispose?). Mais le film le traite trop comme « le méchant », alors qu’il aurait gagné à être décrit comme plus ambivalent. Il a tout de même sauvé la Terre d’une famine majeure, et son but est de faire progresser l’humanité entière, de sortir ses semblables de la merde dans laquelle ils se sont mis (mais sur le dos des Réplicants). Si ses méthodes sont des méthodes de salopards, son but premier est celui d’un Sauveur visionnaire (et le traiter lui de salopard, n’est-ce pas un peu hypocrite au final? Puisque du coup, tous ceux qui utilisent les Réplicants le serait)

    J’aurais aussi davantage développé Luv. On aurait put faire un parallèle intéressant avec Joi. Luv est un peu trop présentée comme le bras droit sans pitié alors que le film suggère qu’elle est plus que ça Le moment où elle pleure presque par accident. Elle reste froide, procédurale, mais je pense que cette scène en dit beaucoup

    Même s’il y avait de beaux moments d’émotion, j’ai trouvé qu’il en manquait, ou qu’ils manquaient d’intensité (rien de comparable avec le discours en slip sous la pluie^^)

    Mais à part ces défauts…bordel mais quel film !!! Oo
    Très très bon, même si moins que le premier (mais moins hermétique que son aîné).
    On sent vraiment le respect de l’oeuvre original (une critique a même évoqué la modestie par rapport au film de Scott et je pense qu’il y a un peu de ça).
    Visuellement c’est ouf de bout en bout, il y a des plans magnifiques à la pelle (mention spéciale à l’arrivée dans la ville abandonnée. D’ailleurs j’ai dut louper une ligne de dialogue, est-ce Mars ou Las Vegas?

    Tout comme le 1er, j’ai été épaté. Il y a quasiment une idée de mise en scène ou réflexion sur le monde par minute ! je pourrais citer pêle-mêle l’humanité de l’artificiel, le capitalisme qui tente de masquer la décadence inéluctable par toujours plus de plaisirs faciles, le questionnement sur la présence de l’âme, la quête d’identité comme une sorte d’instinct irrépressible qui entraîne la chute mais aussi la vie, le questionnement écologique, et j’en oublie énormément tellement j’ai réfléchi devant ce putain de film (c’est ça Blade Runner je trouve, je réfléchis à des milliers de choses devant mais j’oublie presque toutes ces réflexions une fois le générique de fin arrivé :/ )

    Le personnage de K, s’il n’est pas exceptionnel, devient de plus en plus attachant (bizarrement la chef de la police et la créatrice de souvenirs aussi, alors qu’on les voit très peu). J’ai beaucoup aimé le fait qu’ils désamorcent d’entrée de jeu un des grands problèmes du film.

    Harisson Ford est au top, comme d’hab. Par contre, si le film suit l’une des hypothèses du premier, il faut m’expliquer comment il est toujours en vie

    Mais c’est vraiment le perso de Joi qui m’a bluffé. Elle est touchante je trouve. On a sincèrement envie de la considérer comme humaine, tout en sachant qu’elle ne suit sans doute que des lignes de code, qu’elle n’est peut-être que la satisfaction incomplète d’un besoin, et que toute sa vie est un « mensonge » décliné à l’infini (ce qui pose en plus la question du contrôle)

    Enfin, ce que j’adore c’est le rapport du film à l’Hollywood actuel. Il prend complètement à contrepied les blockbusters actuels. C’est dingue aujourd’hui de faire un blockbuster de 2h50 avec quasiment AUCUNE scènes d’action, mais qui reste prenant. Et j’aime beaucoup comment le film reprend un schéma de quête d’identité classique, pour le tordre finalement presque à l’opposé.. Enfin, est-ce que je suis le seul à avoir vu une réflexion sur la vague de reboots et remakes actuels dans l’échange entre Leto et Ford ?

    En bref, 2047 est un digne successeur, et, à l’image de Fury Road, une réminiscence du passé maîtrisée de bout en bout mais pourtant tellement généreuse, une exception rafraîchissante dans cet Hollywood qui a tendance à assez mal recycler ce qui a fait sa gloire.

    • « Ce film…ce film a des défauts qui l’empêche d’accéder au statut de chef d’oeuvre pour moi. », on pense exactement pareil. Il a beaucoup de qualité, mais il lui manque un poil de cul de ce petit truc pour y avoir droit.

      Par contre, je serais plus mesuré concernant l’enquête. Le gars a quand même un matos de fou pour l’assister (le fameux robot qui sort du toit du véhicule). De plus, il est concerné de près par l’histoire vu qu’il possède les souvenirs.

      Pour la définition de répliquant, c’est effectivement assez flou étant donné que ce terme est spécifique à Blade Runner, mais cet article va beaucoup t’aider : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9plicant. On ne peut pas faire plus clair et limpide 😉

      Pour Wallace, je ne le trouve pas inintéressant. Il a une certaine classe et son statut de méchant ambigu, comme tu le décris, me plait beaucoup. Seulement, je trouve que ses dialogues finissent par devenir lourd. Il aurait gagné à être davantage dans l’ombre. Davantage en mode dieu et moins en mégalomane.

      On est d’accord pour Luv. C’est vraiment une des grandes forces de ce Blade Runner. Les personnages ne sont pas approfondis au niveau du background, mais leurs interprètes sont si bons qu’ils arrivent aisément à faire passes des messages par leur jeu même sans dialogues. Ça fait du bien dans notre ère où tout doit être expliciter. Mais c’est un exercice qui n’est réservé qu’aux plus grands metteurs en scène et acteurs.

      Pour la ville abandonnée, je ne sais pas trop où c’est. Faut dire que les descriptions étaient écrites tellement en petite police.

      Encore une fois d’accord pour les réflexions posées par le film. Elles sont très nombreuses, en plus d’être toujours pertinentes, et on switche facilement entre elles, je trouve.

      Pour Harrison Ford, j’imagine que tu parles de son statut de répliquant ? Si oui, il faut savoir qu’il est d’une nouvelle génération de répliquant, donc sans durée de vie limitée comme Rachel.

      Tout à fait pour K. Le personnage est traité avec grande intelligence. Surtout, si son statut de répliquant est désamorcé dès le début. Celui de fils de Deckard est passionnant. J’ai pris de plein fouet, la révélation. C’était si décevant. Seulement,
      ici, ça permet d’avoir encore plus d’empathie pour Joe. Comme lui, je voulais y croire.
      Un coup de maître.

      Pour Joi, je trouve qu’elle amène une couche supplémentaire, car les répliquants de par leur statut de « clone » sont un peu à part. Tandis que Joi permet d’étendre la thématique de Her ou Ex Machina. Au final, ça donne aux répliquants, un statut d’entre deux mondes.

      Pour la réflexion sur la vague de reboots, j’avoue que je n’y avais pas pensé, mais maintenant que tu en parles. J’avoue que c’est tout à fait pertinent. Je ne sais pas si c’est volontaire, mais en tout cas, ça colle.

      « En bref, 2047 est un digne successeur, et, à l’image de Fury Road, une réminiscence du passé maîtrisée de bout en bout mais pourtant tellement généreuse, une exception rafraîchissante dans cet Hollywood qui a tendance à assez mal recycler ce qui a fait sa gloire. », j’applaudis cette conclusion.

      Tu m’as fait plaisir, Dreadfox, avec ce commentaire. J’ai beaucoup aimé le lire et j’ai pris du plaisir à y répondre.

      • Dreadfox

        C’est pas faux pour ce qui concerne la technologie et les souvenirs, c’et vrai que ça simplifie l’enquête.

        Yep, j’avais vu la définition ensuite. Ce sont donc davantage des humains artificiels du coup.

        Pour Wallace j’ai bien aimé le ton très prophétique de ces dialogues perso, en général j’aime bien ce genre de persos.

        « Ça fait du bien dans notre ère où tout doit être explicité. » -> Totalement d’accord, enfin un film qui se tient scénaristiquement sans se sentir obligé de tout expliquer X)

        La ville serait Las Vegas apparemment, mais j’ai été déçu que ce ne soit pas Mars car ça y ressemble beaucoup, ce qui est sans doute voulu.

        Pour Harisson Ford, je ne savais pas ça. Bordel mais ça remet en question tout le 1 alors Oo Quasiment tout serait un test de Tyrell qui aurait presque tout manigancé depuis le début? Oo (son nouveau modèle échouant donc à traquer dans les temps ses semblables, mais réussissant à procréer et ressentir des sentiments? A moins que les sentiments ne soient qu’un accident de parcours).
        Du coup ça rend d’autant plus cruel le sort des Nexus 6 par comparaison^^

        Merci X)
        Je dois dire que ton commentaire me fait plaisir aussi, c’est toujours sympa d’avoir des retours 😀

        • Dreadfox

          Au passage, le nom que Joi donne à K: Joe

          Non seulement ça fait un beau parallèle entre eux.

          Mais est-ce que ça ne serait pas aussi le foreshadowing d’un des twists? JoeK

          Joke. Blague.

          Lui qui pensait être le fils de Deckard se rend compte que tout est une blague, que ce qu’il avait cru était faux. Que lui ne compte pas vraiment dans l’équation (même si au final il compte tout de même).

          • Dreadfox

            Ou bien c’est dans le sens Jockey, et dans ce cas là c’est une métaphore du transport? Il est celui qui guide Deckard vers sa fille?

          • Ou alors, tu vas chercher trop loin XD En tout cas, j’adore la façon dont ils m’ont manipulés sur ce coup. J’attendais tant des retrouvailles entre le père et le fils, et la révélation n’a lieu qu’après. C’est si génial. Parce que ça permet d’avoir quand même le kif de la réunion, même si elle est illusoire.

        • Pour Harrison Ford, il ne faut pas oublier que nulle part, il est explicité qu’il soit un répliquant (le Nexus 7, ça permettrait de justifier sa durée de vie dans cette suite), c’est selon. Pour Ridley Scott, il en est un, mais ça reste ouvert. Pour ma part, je préfère qu’il soit humain. J’aime beaucoup l’idée de l’humain qui tombe amoureux d’une répliquante.

          • Dreadfox

            Va savoir 😉

            Et oui, la gestion des twists est réellement bien faite dans ce film.

            Perso je ne suis pas contre le délire IA dans Alien. Certes, ça risque de noyer le coeur du propos qui est la bestiole et les peurs qu’elle suscite; mais les IA étaient sans doute les choses les plus réussies de Prometheus et Covenant. Donc, quitte à s’enfoncer dans la médiocrité, autant mettre en valeur ce qui apporte le plus de qualités.

            Par contre je te rejoins sur le flop de BR 2049, moi aussi j’en suis attristé. Bien vu l’argument de la longueur du film qui lui empêche un petit coup de pouce de rentabilité. Je pense aussi que c’est (hélas) dû au fait que, trop habitué aux blockbusters d’action, les gens ne savent plus vraiment apprécier un film atmosphérique et contemplatif (et même si j’ai kiffé ce BR 2049, je dois dire que les films posés m’attirent moyennement d’habitude, même si ça dépend beaucoup du film).

            J’espère qu’au fur et à mesure du temps, ce film deviendra culte, comme son aîné. J’ai l’impression qu’il lui manque quelque chose pour acquérir ce statut, mais sincèrement j’aimerai beaucoup.

        • En passant, ça me déprime de voir que Ridley Scott envisage d’aller encore plus loin dans le délire IA pour le prochain Alien. Comme si Covenant ne suffit pas. Comme si Blade Runner ne suffisait pas.

          Autre nouvelle qui me déprime. Le « flop » de Blade Runner 2049 au box-office (81 millions dans le monde entier pour son premier week-end, malgré un budget de 150). Mais je ne suis pas surpris. Le film est beaucoup trop long pour le cinéma.

  • Flegelei

    La première image est l’oeil du Héro qui s’ouvre. Exactement, le même
    principe que dans Alien Covenant, à ceci près est que David était plus un
    anti-héro qu’autre chose. Cependant, tous 2 sont des Androïdes.

    Dès le début du film nous sentons que Ridley commande le fond du film et qu’il
    n’a laissé que la forme à Villeneuve.

    Pourtant, c’est une réussite sur les 2 tableaux.

    En effet, sous des airs de polar SF atmosphérique avec une intrigue tout au
    plus correct, se cache l’oeuvre d’un Ridley Scott en plein questionnement sur
    l’humanité. C’est pourquoi sera clairement traité dans l’oeuvre une réflexion
    sur l’Amour, la Création, l’IA, l’Art et la Religion. En gros…Strictement les
    mêmes sujets de fond qu’Alien Covenant..La similitude ne s’arrêtant pas la car l’humanité
    a encore une fois, flingué la planète, et est en majorité obligée de vivre dans
    des colonies en dehors de la terre.

    L’ambiance est celle des mornes plaines, d’un règne des Hommes passé, du
    monochrome et des natures mortes.

    Pour les connections directes avec Covenant, outre ce fameux Oeil, il y a en
    premier lieu le passage avec des statues de simili-Ingénieurs enfermées dans du
    verre que l’ont voit au même moment où la secrétaire de Wallace raconte que
    l’Humanité c’est installée dans des colonies en dehors de la Terre.

    Ensuite, la connection avec Ozymandias de PB Shelley quand le héro va chercher
    Deckard et marche seul dans le désert, avant de se trouver face à face avec une
    tête de statue à moitié cassé, puis, finir plus loin entre les jambes tronquées
    par la caméra d’une statue féminine.

    Pour le reste les liens ne se font réellement que sur le fond des sujets
    traités par les 2 films.

    Cependant, la quête de Wallace à retrouver l’enfant Replicant, cache
    grossièrement son désir de ressembler à ses créateurs, en voulant absolument
    obtenir le secret de la création en copiant le système de reproduction humain.
    Plus loin que cela, on ressent une détresse énorme des Androïdes dans leur
    incapacité à trouver l’Amour. Que ça soit celui d’un Père, d’une Mère, d’un
    Enfant, ou celui du Couple.

    Wallace comme David de Covenant est frustré de ne pouvoir ni se reproduire, ni
    aimer et être aimer. Il se contente simplement de recréer ce qui lui est
    accessible en tant que Robot évolué, donc créer des machines sans âmes qui ne
    peuvent au mieux que simuler des émotions. Seul les anciens modèles, donc les
    Replicants semblent en avoir le secret et ont été mis à mort par les Hommes
    pour cela.

    « Ô vous les puissants, Contemplez mes oeuvres et soyez en affligé »
    dirait David, et le passage dans le désert n’est pas anodin à ce propos..

    On y trouve aussi un puissant message de la création au sens divin, car si
    Wallace ne peut recréer son créateur, il n’hésite pas à paraphraser la Bible en
    tentant clairement de se positionner en Dieu tout puissant dominant les Hommes
    et les Machines. Comme David, il y a un désespoir de ne pouvoir qu’entrevoir ce
    qu’est que d’être humain et de ne pouvoir créer et procréer.

    Si on devait tirer une conclusion du message sur la Création de Blade Runner
    et de Covenant, il est clair que l’auteur la voit comme l’échappatoire absolu
    face à la mort.. Qu’elle serve la reproduction de l’espèce, l’élaboration de
    technologies divers ou d’une oeuvre d’art, elle seule assure l’immortalité face
    à l’angoisse du néant et permet de projeter une partie de soi au delà de son
    temps de vie biologique.

    On pourrait même y constater le peu de trace de sympathie envers l’Homme que
    Ridley laisse entrevoir, qui fait comparer une oeuvre d’art à l’Homme. Mais ici
    et maintenant, l’art est devenu mauvais…

    Plus loin, c’est aussi à se demander si R.S. défie Freud qui soutenait que la
    Libido s’opposait principalement à la pulsion de mort, en lui répondant que ce
    n’est pas celle-ci qui contrecarre cette angoisse du néant, mais bien l’espoir
    de pouvoir pro-créer/créer.. Ne plaçant de ce fait la Libido qu’en simple
    vecteur de la Création. Le scénariste veut subtilement nous montrer que seule
    la Création nous donne accès à l’immortalité en s’opposant à la pulsion de
    mort.

    Au plus haut degré, la Création est détenu par les Dieux, d’où la volonté de
    Wallace et David de s’approprier et s’identifier à ceux-ci, car tout comme eux,
    la technologie a fait d’eux des éternels. Malgré tout, ils ne peuvent donner la
    vie autrement que par la création technologique et artistique. Il y a un
    paradoxe net qui se crée chez ces robots car si la Création sert de frein aux
    pulsions d’anéantissements, eux qui sont éternels (ou presque), n’ont dans
    l’absolu plus besoin de créer. Et pourtant..On retrouve ici une image du
    concept de sublimation des instincts qui est depuis fort longtemps considéré
    comme source de la création artistique chez l’Homme.

    Par ce message Scott, s’identifie un peu à ces 2 Droïdes à la folie créatrice
    sans limites, mais surtout invente une nouvelle mythologie plaçant l’Artiste
    absolu à l’égal de Dieux et faisant de Dieux un Artiste.

    La cité de Blade Runner est Los Angeles et tous les bâtiments sont
    rectilignes, il y a des symétries et lignes droites partout, aucune folie n’est
    présente dans ce New Angeles de 2049. Tout cela est clairement à l’image d’un
    système de pensée masculine où la rectitude règne en maître. Seul quelques
    hologrammes de femmes, au mieux, et des prostitués, au pire, sont présents
    anecdotiquement pour garder une trace de cette féminité manquante à l’équilibre
    de l’humanité.

    Nous retrouverons seulement les traces de cette fusion du masculin et du
    féminin dans l’architecture et les décors, au début du film, dans la maison du
    Replicant et à la fin chez Deckard avec nombre d’objets d’art présents à
    l’écran. Seulement on sent bien que ces endroits appartiennent au passé. Il y a
    comme dans Covenant un côté nihiliste très prononcé. L’Homme a détruit sa
    planète et son âme, et son salut semble ne pouvoir résider que dans l’anomalie
    d’une technologie qui peut-être les remplacera (les Replicants). Pourtant celui
    ci ne tient pas à se faire remplacer et comme les Ingénieurs, ils chercheront
    donc à détruire leur création trop similaire et humainement/technologiquement
    supérieure au modèle d’origine. Affront du fils envers le père. C’est un peu
    l’histoire d’un Oedipe avorté où la mère n’est plus de la partie.

    Au sujet de la référence à Ozymandias quand le Héro arrive dans le désert,
    nous voyons en premier lieu une statue de femme géante sur fond de pyramide et
    temple égyptien avec des statues de leurs divinités. Puis, quand le héro avance
    dans cette sorte de reprise visuel du sonnet de Shelley faite de statues de
    femmes géantes au corps nues et poses difformes pour finir face à des ruches
    d’abeilles, nous nous devons de nous poser la question du pourquoi.

    Pour ma part, je pense que c’est très clair, comme dans Covenant, Mister Scott
    se sert de ce poème pour pointer du doigt les courants dictatoriaux majeurs de
    la civilisation moderne. Si dans Alien c’était la religion et plus
    particulièrement le Judaïsme qui en prenait dans les dents, dans BD 2049 c’est
    bel et bien le côté obscur du féminisme qui est pointé du doigt.

    En effet, les statues des femmes à l’image de leurs homologues égyptiennes nous
    renseigne sur le fait que la civilisation antérieur avait divinisé la Femme ou
    du moins son apparat.

    Rappel : Ozymandias PB Shelley

    J’ai rencontré un voyageur venu d’une terre antique

    Qui m’a dit : « Deux immenses jambes de pierre dépourvues de buste

    Se dressent dans le désert. Près d’elles, sur le sable,

    À moitié enfoui, gît un visage brisé dont le sourcil froncé,

    La lèvre plissée et le sourire de froide autorité

    Disent que son sculpteur sut lire les passions

    Qui, gravées sur ces objets sans vie, survivent encore

    À la main qui les imita et au cœur qui les nourrit.

    Et sur le piédestal il y a ces mots :

    « Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois.

    Voyez mon œuvre, vous puissants, et désespérez ! »

    À côté, rien ne demeure. Autour des ruines

    De cette colossale épave, infinis et nus,

    Les sables monotones et solitaires s’étendent au loin. »

    Ici les visages sont inexpressifs au possible, seul le corps de ces statues
    de femmes semblent vivant de part le jeu des positions de nu alambiqué. Cette
    société passé vénérait donc, non pas la femme, en tant qu’âme mais bien son
    apparat uniquement. L’allégorie de la ruche, système matriarcale par
    excellence, confirme le « diagnostique » sur le fait que Ridley veut
    nous dire que la société précédente est tombée car elle remplaça Dieu par le côté
    purement utilitaire de la femme du point de vue de la sexualité. C’est un peu
    le pique de l’auteur vis à vis des dérives du côté obscur du féminisme qui
    ronge notre société dite moderne..Un féminisme hyper sexué encore trop
    dépendant du regard de l’homme..(cf les talons aiguilles, symbôle de la toute
    puissance de la femme..dépendante du pénis)

    On peut finalement constater que cette ancienne L.A. « Cité des Anges »
    était soumise à des divinités castratrices. Ce qui a engendré par effet rebond
    une société hyper-masculine qui a fini par marginaliser tout ce qui touche à la
    féminité sans trier le bon grain de l’ivraie. Nous le remarquons tant dans la
    mise en avant des prostitués que des hologrammes de Joy. D’ailleurs le dernier
    hologramme qui parle au héro prête à Joy les yeux d’un démon et le tente par
    ses artifices après qu’il se soit libéré de son 1er modèle et surtout libéré de
    lui-même…

    Malgré cette critique acerbe de la dérive féministe, le message n’est pas
    négatif bien au contraire. Le scénariste tient juste à remettre la hutte à
    sacrifice au centre du village.

    Et c’est grâce au miracle de l’Amour que la féminité réelle sera retrouver,
    celle-la même qui fît naitre la fille de Deckard obligée de vivre dans une
    prison dorée, isolée de ce monde désenchanté. Soi-disante malade, on comprend
    facilement qu’à elle seule, elle est porteuse de tout ce qui reste de la vraie
    féminité nécessaire à la fusion du principe masculin et féminin qui sera
    nécessaire au salut de cette humanité « augmentée ou non ». Mais l’air
    de son temps ne peut tolérer cette féminité et elle est donc obligée d’en être
    séparée pour le moment.

    Concernant sa naissance miraculeuse, n’aviez-vous pas fait le lien avec Jésus?
    Marie ne devait et ne pouvait pas être enceinte..Et pourtant..Nous ne voyons
    plus les étoiles et la Lune dans Blade Runner, le ciel semble avoir abandonné
    les Hommes qui eux mêmes l’ont abandonné pour des fausses divinités. Wallace en
    arrive même à s’autoproclamer en tant que tel, pourtant aveugle et ne devant sa
    vision qu’à la technologie des Hommes dont il est aussi issu.

    Il y a une conséquence lourde pour l’humanité à avoir voulu s’approprier le
    pouvoir divin de la création sexué. L’usage strictement utilitaire du corps des
    femmes qui sera suivi par l’appropriation de la création divine par la
    technologie a fini par faire fuir toute trace du divin. Le prix a payé en est
    la perte d’âme de l’humanité comme le montre Villeneuve par bien des aspects.

    Heureusement, le sauvetage de cette humanité en détresse est annoncé au début
    du film quand le Héro fait face à l’arbre mort « de la connaissance ».
    Il trouvera une fleur colorée pourtant sans racines, symbole de vie hors
    contexte naturel standard, qui volontairement choque dans ce paysage de nature
    morte. Celle-ci le guidera vers les (et ses) racines mortes où il découvrira
    l’indice qui l’emmènera au cheval et aux os de cette Marie 2.0. Le côté sacré
    du squelette est mis en évidence par le fait que ses os ont été lavé comme ont
    le fait avec ceux des Saints et à l’image d’une relique religieuse.

    Que les féministes se rassurent donc, ça fini bien pour la Femme car le concept
    de la femme réelle et de la féminité authentique est sauvé par un Jésus.. au
    féminin!

    Ridley Scott fait encore et toujours très fort avec son usage de la symbolique
    où il arrive en mêlant images, mots et musique à raconter plusieurs histoires
    en même temps. Avec ce film, il transpose une partie de la Bible dans un futur
    proche et crée comme dans Covenant une nouvelle mythologie.

    Pour le Héro, il sera principalement présent pour soulever la problématique
    de l’amour et de l’IA. Ainsi il connaitra les problèmes de l’amour avec un
    hologramme, qui n’est principalement que le reflet de sa volonté et de son
    anima. Et nous comprendrons plus tard qu’il ne connaitra que le vrai amour avec
    une autre Replicant ou Humaine (le doute est volontairement laissé) quand il
    perdra son amour virtuel et se délaissera des illusions de la volonté et de
    l’ego.

    On retrouve, à ce sujet, le côté égoïste et surtout nihiliste sur l’existence
    humaine qui nous dit que l’autre n’existe pas, que ce n’est qu’illusion et
    support à nos besoins primaires. Ainsi, son histoire d’amour avec son IA
    holographique est basé entièrement la-dessus, elle n’est que projection de ses
    désirs..La société encourageant cela en faisant de ce travers un business..

    Plus encore, c’est son désir de trouver une famille, un Père, une Mère qui le
    fera persévérer outre la raison dans sa quête.

    Et enfin, la question sur la conscience, l’âme via les souvenirs, qui sommes
    nous, qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes, l’authenticité… Ici, un
    souvenir implanté active l’affect du héro, pourtant ça n’est pas le sien, mais
    ce souvenir est réel, et donc sa réalité apporte l’authenticité de l’existence
    propre à l’être humain dans son esprit de robot. L’auteur semble soutenir que
    les souvenirs réels font notre personnalité futur contrairement à des souvenirs
    programmés. la conscience est pour R. Scott lié à la qualité des souvenirs et
    la capacité à les intégrer.

    Sieur Scott pousse ici le débat sur l’IA vers une direction de la conscience
    lié à l’affect et la création.

    Le cheval étant le véhicule de par sa symbolique qui le fera passé de
    « l’autre côté » et se trouver lui-même en trouvant la fille de
    Deckard.

    Pour la surface du film, rien à dire si vous acceptez le rythme lent et
    atmosphérique. La musique et les images sont d’une qualité exceptionnelle et la
    cohérence de l’intrigue est à la hauteur d’un bon polar SF. De plus, c »est
    aussi une excellente suite de Blade Runner premier du nom.

    Maintenant, comme ce film est lié sur le fond à Alien Covenant, je dirai que
    ces films sont indissociables pour en comprendre toute l’essence. Car si sur la
    forme, il faudrait logiquement regarder les 2 Blade Runner à la suite, il
    faudra surtout sur le fond se plonger dans Covenant et ce film pour cerner
    l’immensité de l’oeuvre de Ridley Scott. Villeneuve n’est que le messager de
    quelque chose de plus grand et je vous invite à lire mon analyse de Covenant
    afin d’y voir plus clair.

    Dans tous les cas, nous avons affaire ici à un chef d’oeuvre dystopique de très
    haut-niveau, à ne surtout pas manquer tellement cela se fait rare..