Critique & Test Blu-ray : Enter the Void

Aurait pu être le trip ultime

Réalisé par Gaspar Noé (Irréversible)

Avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta (vue dans la récente série Boardwalk Empire) et Cyril Roy.

Interdit aux moins de 16 ans
Date de sortie cinéma : 5 mai 2010
Long-métrage français
Genre : Drame, Fantastique
Durée : 2h30
Distributeur : Wild Bunch Distribution

Date de sortie du DVD/Blu-ray : 1 décembre 2010
Éditeur : Wild Side Video

Oscar et sa sœur Linda habitent depuis peu à Tokyo. Oscar survit de petits deals de drogue alors que Linda est stripteaseuse dans une boite de nuit. Un soir, lors d’une descente de police, Oscar est touché par une balle et meurt.

Un trip visuel…

Graphiquement on prend une claque. C’est tout simplement du jamais vu au cinéma. Oubliez tous les figures de style. Gaspard Noé réinvente la façon de filmer. Dans une première partie, le film est les yeux de personnages, tout y visible : les battements des paupières, les doigts qui gênent la vision.

On passe ensuite au deuxième type de vision, de forme éthérique. Le film continue toujours avec les yeux d’Oscar mais ce dernier étant mort, on passe à une nouvelle forme : fantôme. Plus de battements de paupières et on y ajoute une lévitation instable. On devient une sorte de vision de Dieu. A ce moment-là, le film nous fait suivre la destinée de la sœur d’Oscar mêlé à d’autres personnages. Le fantôme multipliera les allers retours entre les différents personnages.

Et le dernier type, le miroir de la vie passé d’Oscar. Cette fois-ci, on est en vue TPS comme si on jouait à Dead Space. Assurément le meilleur passage du film car le mieux maîtrisé et le moins rébarbatif.

Enter the Void propose une belle réflexion sur la vie après la mort et la réincarnation. On sent que Gaspar Noé souhaitait faire son 2001, l’odyssée de l’espace mais n’est pas Kubrick qui veut.

… mais beaucoup trop rébarbatif

On ne pourra pas se leurrer sur les points faibles d’Enter the Void car beaucoup trop flagrant. Tout d’abord la durée du film : 2h40 pour ce qui durerait 1h20 s’il était filmé de façon normale. De façon normale ? Oui, car les effets d’Enter the Void ont un prix. Elles alourdissent considérablement le rythme du film principalement sous la forme éthérée d’Oscar qui multiplie les allers retours entre les différent personnages, chacune prenant 30 sec ondes et on en compte quelques dizaines, ça commence à faire beaucoup. Ajoutons aussi la traversée des portes dimensionnels de même durée et aussi nombreuses. En les coupant ou en les réduisant, on pourrait gagner facilement 20 minutes.

De plus, j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser aux personnages beaucoup trop cliché et inintéressant au possible. Le pire étant le personnage de la sœur, une potiche qui ne sait qu’écarter les jambes et pleurer tous les deux minutes. On a envie de lui mettre des claques et sachant qu’elle est présente dans les trois quarts du film, ça fait beaucoup.

Aussi, j’ai aussi beaucoup de mal à comprendre l’omniprésence du sexe dans le long-métrage. Oscar étant de forme éthérée, il n’est plus censé ressentir le plaisir de la chair. Ok, c’est très marquant et réussie pour une scène où Oscar intègre le corps d’un mec qui saute sa sœur faisant ressentir leur liaison quasi-incestueuse mais de là à multiplier le procédé plusieurs fois dans le long-métrage, ça devient lourd. C’est là le gros problème d’Enter the Void, c’est qu’à force de vouloir nous ébahir avec les effets genre « Regarde, c’est super. Allez, je te le remets pour que tu le revoies. Allez encore un coup, c’est vraiment super », il finit par nous lâcher.

Le blu-ray prolonge-t-il le trip ?

Techniquement oui, on sera ravi d’assister aux délires visuels de Noé mais niveau bonus, on est déçu de ne pas en avoir plus surtout vu les débats entraînés par le visionnage du film.

Voici la liste :
– Featurette sur les effets spéciaux
– Bandes-annonces
– Scènes coupées
– Les affiches et projets d’affiches
– Trois nouvelles séquences d’hallucinations : DMT, Vortex et Energie (Court métrage de Thorsten Fleisch)

On sort de la séance déçu par Enter the Void surtout qu’on sentait que Gaspar Noé avait effleuré le chef d’œuvre. Au lieu de cela, on a un film rébarbatif, bourré de défauts, trop long d’au moins une heure et sur des personnages inintéressants. Dommage surtout que visuellement, le film est un chef d’œuvre.

Sa scène culte : le premier trip.

Note : 5/10

Un blu-ray techniquement irréprochable mais peu de bonus.

Image : 8/10

Son : 8/10

Bonus :4/10

affiche Enter the Void

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