Critique : Un prince à New York 2

Remake caricatural

Fiche

Titre Un prince à New York 2 Titre VOComing 2 America
Réalisateur Craig Brewer Scénaristes Kenya Barris, Barry W. Blaustein, David Sheffield
Acteurs Eddie Murphy, Arsenio Hall, Shari Headley, Jermaine Fowler, Leslie Jones, Tracy Morgan, Wesley Snipes, James Earl Jones
Date de sortie05 / 03 / 2021 (Amazon Prime Video) Durée1h 50
GenreComédie Budget

Dans le luxuriant et pays royal du Zamunda, le nouveau roi Akeem et son fidèle confident Semmi se lancent dans une toute nouvelle aventure comique à travers le monde, en partant de leur grande nation africaine jusqu’au quartier du Queens, à New York – où tout a commencé.

Critique

Un prince à New York… Qu’est-ce que j’ai pu le regarder ce film. Il était (et est toujours) mon Eddie Murphy préféré. Hé ouais, ce n’était pas Le Flic de Beverly Hills (je vais avouer honteusement que mon préféré de la saga est le 3, car j’ai adoré voir l’envers des parcs d’attractions), ni 48 heures et encore moins Un fauteuil pour deux. Non, mon top 1, c’était clairement Un prince à New-York.

Du coup, l’idée d’avoir une suite m’enchantait, car revoir tous les personnages avait de quoi allumer la flamme de la nostalgie. Un peu comme avec le Creed de Ryan Coogler. D’ailleurs pour l’anecdote, Coogler avait soumis un pitch, mais Eddie Murphy ne l’avait pas aimé. Je serais bien curieux de connaître son idée.

Akeem is my name

Bref, le pitch du réalisateur de Black Panther mis de côté, Eddie Murphy continuait à bosser pour monter cette suite. Finalement, après les projections anticipées pour Netflix de Dolemite is my name, l’acteur aux mille visages demandera à son réalisateur, Craig Brewer, de réaliser Un prince à New York 2 sur un scénario de deux des scénaristes de l’orginal avec le créateur de la sitcom Black-ish (par pur hasard, je suis actuellement en train de la regarder sur Disney+). Voilà comment on arrive à aujourd’hui, 33 ans après.

La fibre nostalgique a fonctionné à plein régime pour mon retour à Zamunda. Il faut dire qu’en plus de retrouver le palais, quasiment tout le casting répond à l’appel. Même chose durant notre escale dans la Grosse Pomme. Seuls deux acteurs notables manquent à l’appel : la mère d’Akeem jouée par Madge Sinclair, malheureusement décédée du cancer en 1995, et Samuel L. Jackson à cause d’incompatibilité de planning. Le principal choc, c’est de voir le temps ayant passé. Bon dieu.

Si c’était sympa de retrouver tout ce joli monde, principalement James Earl Jones nous offrant la meilleure scène du film avec Morgan Freeman, très vite, je me suis lassé. Premier problème : Eddie Murphy. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais il semble totalement éteint. Le contraste est d’autant plus saisissant qu’il était énorme dans Dolemite is my name sorti, il y a seulement deux ans.

Nouveaux (hors) sujets

On peut sans doute mettre ça sur les besoins de l’histoire, voulant rapprocher Akeem de la figure de son père. Fini donc l’exubérance, place au prestige imposée par la royauté. Pourquoi pas ? Mais il faudrait que derrière la relève suive. Or, c’est là que le bât blesse.

En fait, cette suite est une inversion du premier opus en proposant de suivre un américain devant s’adapter à la culture zamundienne. Dès lors, on perd déjà beaucoup de ce qui faisait le charme du premier. Surtout, ce dernier avait l’intelligence de conserver un certain réalisme, à la façon documenteur, dans les situations auxquelles étaient confrontés Akeem et son fidèle Semmi. Ce qui rendait le tout hilarant.

Ici, on verse dans la caricature pure et dure. Tous les nouveaux venus en font des caisses. Principalement, Leslie Jones et son fils « dans le film », Jermaine Fowler. Je n’ai rien trouvé de drôle à l’exception des faits d’un seul : Wesley Snipes. Sa démarche est tout simplement géniale. Heureusement, il y a une bonne gestion du rythme permettant de suivre le tout sans trop de déplaisir. Mais quelle déception quand même.

Par dégoûté par la paresse du scénario.

Conclusion

Après l’excellent Dolemite is my name, le duo Eddie Murphy / Craig Brewer remet ça pour donner une suite au culte Un prince à New York. Sauf qu’au lieu d’apporter de la nouveauté, ils se sont bêtement contentés de faire un remake inversé, le tout plombé par des nouveaux venus totalement à la ramasse (à l’exception de Wesley Snipes). Le fléau de la comédie américaine moderne dans toute sa splendeur.

+

  • Retrouver les personnages, 33 ans après
  • On s’emmerde pas

  • Suite paresseuse
  • Eddie Murphy n’a plus de batterie
  • Nouveaux venus sans intérêt (sauf toi, Blade)
  • Jamais drôle
4/10

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