Critique : Resident Evil Requiem

28 ans plus tard

Fiche

Titre Resident Evil Requiem
Éditeur Capcom Développeur Capcom
Plate-forme Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Windows, Xbox Series X/S Date de sortie 04 / 03 / 2026
Joué sur PlayStation 5Game Genre Action, Drame, Horreur, Mystère, Science-fiction

Critique

REQUIEM n. m. (mot lat., repos).

Littér. Œuvre littéraire, artistique ou cinématographique dont le ton grave et solennel évoque la mort, le deuil ou la fin d’une époque.

Fig. Chant du cygne ; hommage ultime rendu à quelqu’un ou à quelque chose qui disparaît.

En choisissant un tel titre, il était évident que ce Resident Evil 9 s’entourait d’une aura dramatique, d’autant plus qu’il met en scène le retour de Leon S. Kennedy, qu’on n’avait plus revu (chronologiquement) depuis Resident Evil 6, sorti en 2012 (purée !).

Quand la peur de RE7 rencontre le punch de RE4

Le coup de génie de cet épisode est d’avoir impliqué deux types de gameplay en un seul jeu — ceux-là mêmes qui ont fait les beaux jours de la franchise. D’un côté, la vue à la première personne, qui avait redonné ses lettres de noblesse à la saga avec RE7 en réinstaurant la flippe au sein du gameplay ; de l’autre, la vue à la troisième personne, sacralisée par RE4 pour une action plus débridée. J’étais inquiet à l’idée d’alterner entre les deux, craignant que cela ne brise la narration ou l’immersion.

Pour le coup, l’exercice est mené avec brio grâce à un équilibre astucieux. La première partie, dominée par la nouvelle venue Grace Ashcroft, s’inscrit dans la lignée de RE7. On débute dans une atmosphère de pure flippe qui s’estompe progressivement à mesure que l’on gère son inventaire et que l’on gagne en puissance.

C’est là qu’intervient le point de bascule : le passage à Leon pour une seconde partie en mode RE4. Quel plaisir de se déchaîner sur les ennemis après les avoir si prudemment évités ! Ce véritable défouloir permet à Resident Evil Requiem de s’imposer comme un best-of de la franchise. S’il n’aura peut-être pas l’impact révolutionnaire du premier opus, du 4 ou du 7, il livre avec brio ce que la licence sait faire de mieux.

Un Requiem magistral pour une saga immortelle

Le tout est porté par des graphismes superbes et une intrigue prenante qui fait écho à la saga Metal Gear Solid (on y retrouve d’ailleurs un clin d’œil mémorable à la séquence du couloir de Guns of the Patriots). Avec ses nouveaux personnages attachants et son rythme exemplaire, l’aventure se termine presque trop vite — comptez entre 10 et 15 heures pour boucler l’histoire. C’est la marque des grands jeux : on en veut toujours plus. Mention spéciale pour la séquence nostalgique à Raccoon City, qui nous replonge dans les décors de Resident Evil 2 (parcourus une première fois en 1998 — hasard de dingue, on est exactement 28 ans plus tard — puis en 2019).

Enfin, le meilleur pour la fin : Leon S. Kennedy, désormais âgé de 50 ans, a vieilli comme un bon vin. Auréolé d’une badassitude absolue, il enchaîne les punchlines phénoménales qui font mouche à chaque fois. Mon seul regret ? J’aurais aimé que l’histoire prenne un peu plus de risques, car nous restons sur une trame Resident Evil très classique.

Par qui attend de pied ferme les extensions promises.

Conclusion

En réussissant le grand écart entre la peur viscérale de RE7 et l’action iconique de RE4, cet épisode s’impose comme la synthèse parfaite de 30 ans d’évolution. C’est du grand spectacle, du grand Resident Evil, porté par un Leon S. Kennedy au sommet. Et même si le scénario reste en terrain connu, le plaisir de jeu est tel qu’on en redemande.

+

  • Équilibre parfait entre deux gameplays
  • Leon S. Kennedy
  • Fibre nostalgique
  • Réalisation technique
  • Histoire prenante…

  • … mais un peu trop sage
9/10
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