Critique : Noé

Photo du film Noé avec l'Arche.
Contrôle anti-dopage, Darren !

Fiche

Titre:Noé
Réalisateur(s):Darren Aronofsky
Scénariste(s):Darren Aronofsky, Ari Handel
Acteurs:Russell Crowe, Jennifer Connelly, Anthony Hopkins, Ray Winstone, Emma Watson, Logan Lerman, Douglas Booth, Nick Nolte, Kevin Durand
Titre original:NoahDate de sortie:9 avril 2014
Pays:États-UnisBudget:125 000 000 $
Genre:Action, Aventure, Drame, Fantastique, PéplumDurée:2h 18
Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.
Noé Photo
« Aaaaaaaah ! Je croyais que c’était une tomate. Pas un piment ! »

Critique

Darren Aronofsky, c’est un cador. Il a réussi en peu de films (5 pour être exact) à s’installer comme une valeur sûre du cinéma. Pour ma part, j’ai pris une claque devant chacun de ses films. Dès lors, quand des rumeurs sur son adaptation de Noé ont commencé à apparaître sur le net, j’ai commencé à fantasmer comme une pucelle devant Edward. Quand j’ai vu la première photo de Russell Crowe en Noé, je n’ai pas hésité. Ça va être un chef d’œuvre, c’est obligé ! Darren Aronofsky va montrer au monde qu’il est capable de faire un blockbuster en conservant sa touche. Il va nous en foutre plein la gueule au point de nous faire regretter amèrement son Wolverine.

Oh oui, j’en ai eu plein la gueule. Au point même d’en avoir ras le cul. Je ne vais pas transiger. Je ne vais pas te balader. Je sais que je ne vais pas me faire des amis sur ce coup-ci, mais il m’est impossible de penser autrement. C’est de la merde ! Voilà, le mot est dit. C’est… de… la… merde ! Je n’avais pas vu pareil désastre depuis Cloud Atlas. C’est marrant, en y repensant Noé a presque les mêmes défauts que Cloud Atlas.

Non, je ne suis pas un catholique convaincu qui crache à la gueule du film parce qu’il ne respecte pas la Bible. Je savais que Darren Aronofsky allait s’en éloigner et puis bon, de toute façon, je m’en branle, les seules histoires que je connais sur Noé, c’est un livre pour enfant (donc très sommaire) et la daube avec Steve Carell (Evan tout-puissant). J’ai donc approché Noé en m’attendant à voir une fusion entre le blockbuster et le film d’auteur. Soit la preuve que Darren Aronofsky est capable d’élever son niveau.

Noé était une de mes plus grosses attentes pour 2014.

Résultat, il se viande dans les deux genres. Et pas une petite gamelle, mais plutôt comme sur cette vidéo YouTube où un ado complètement débile décide de sauter du toit de sa maison. Évidemment, il se manque et laisse ses couilles rencontrer un poteau qui trainait par là. RIP ses enfants potentiels.

Niveau blockbuster, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent hormis une petite bataille entre les Veilleurs (des géants de pierre, seule réussite des mecs des effets spéciaux) et les Hommes. Plutôt impressionnante, elle a réveillé ma corde nostalgique en provoquant des flash-backs de la bataille du Gouffre de Helm du Seigneur des Anneaux sous-titré Les Deux Tours. Pas étonnant quand on sait que Darren s’est inspiré de la trilogie de Peter Jackson pour son Noé. Bref, elle tient plutôt la route, même si les similitudes sont troublantes (il pleut, les méchants sont en noir et il y a une volonté de défendre de la part des héros), et connaît une issue tragique émouvante. Mais elle devient ridicule quand Noé (Russell Crowe donc) commence à prendre part au combat. J’avais l’impression de voir des gamins jouer une pièce de théâtre tant les coups manquaient de conviction. C’est le même mec qui incarnait Jor-El dans Man of Steel ?

Pour le reste, c’est un échec complet, Noé n’a pas grand-chose d’un blockbuster sinon le budget et les décors (impressionnante arche tout de même). D’ailleurs, le budget a mal été optimisé parce que quand on voit la qualité des effets spéciaux, on a l’impression de voir un fan made. Mon dieu, les animaux ! Qu’est-ce qu’ils sont moches ! 125 millions le budget, je rappelle.

Il y a quand même une jolie séquence lors du passage où Noé revient sur la création du monde par Dieu en sept jours, mais là, il y a un gros problème. Tout commence par la théorie de l’évolution avant de bifurquer sur l’histoire racontée par la religion. Une prise de risque louable, mais vaine. Car il faut choisir l’un ou l’autre. On ne peut pas sortir la théorie de l’évolution pour ensuite raconter que Dieu a créé l’homme à son image.

Avec Noé, on va au-devant de gros dilemmes. On voit qu’un véritable soin a été apporté à la narration et à la réflexion que doit amener le film sauf que celle-ci est… Ridicule. Tout au long du film, on nous invite à faire une introspective pour juger l’Homme. L’humanité mérite-t-elle de vivre ? Telle est la question posée par le Créateur à Noé. Au final, l’orientation du film nous dirige vers Noé qui va repeupler le monde (je ne spoile rien du tout). Mais c’est immonde, mec ! Juge un peu. Avec qui, il va repeupler la planète ? À ses côtés, il n’y a que sa femme, ses trois fils et l’épouse de son aîné. Donc si on part de ce principe. Il va devoir encourager ses fils à coucher avec les enfants de la femme de l’ainée. Les Lannister seraient fiers !

L’ampleur du désastre du film est du même niveau que celle du déluge.

Quand un film te balance un message humaniste et que par derrière, on sait qu’on va avoir droit à de la consanguinité. Dur, dur de s’accrocher. D’ailleurs, cette consanguinité ne sera jamais abordée. Of course. Tu imagines un peu le délire : « Bon, mon fils, pour le bien de la planète, tu vas devoir te reproduire avec ta demi-sœur. ». « Euh, ouais, mais non, papa, ça ne me motive pas trop en fait. ». D’ailleurs, le dernier plan du film m’a bien fait rigoler. Heureusement que tu t’arrêtes là, Darren, je n’ai pas trop envie de voir la suite avec Maman qui fait l’amour avec son fils et le père qui se tape sa petite-fille. ‎Par contre, Closer aurait été ravi.

Autre point dérangeant du film. Certes, on parle d’un récit de la Bible. Mais, on est bien d’accord que Darren Aronofsky l’a adapté à sa sauce pour livrer une histoire d’heroic-fantasy. Alors pourquoi ne prendre que des blancs ? Pour un film se voulant humaniste, ça la fout mal.

Pour le reste, le casting est coupé en deux. D’un côté, des acteurs plutôt bons avec Russell Crowe en mode Gladiator et Ray Winstone, excellent en méchant sadique descendant de Caïn. De l’autre, des acteurs catastrophiques. Jennifer Connelly est la pire d’entre tous. Son personnage est à vomir. Il y a une scène où elle supplie Noé en dégueulassant son visage de morves. Non, mais bordel, Noé, t’es un crevard. T’aurais pu lui filer un mouchoir. Au moins, j’ai ricané intérieurement. Pour Emma Watson, ce n’est pas avec ce film qu’elle va réussir à me convaincre. Par contre, j’ai été vachement impressionné par sa mâchoire. Elle arrive à la faire ouvrir de façon tellement grande que je suis sûr que mon poing entier pourrait y entrer. Pour terminer avec les mauvais acteurs, Logan Lerman. Mais bon, il n’y est pour pas grand-chose. C’est vraiment son personnage qui est mauvais. Typiquement le genre de personnages à moitié débile qui te donne envie de leur foutre des baffes pendant tout le film, un peu comme dans les mauvais slashers. D’ailleurs en parlant slasher. Noé en cousin de Michael Myers, ça le fait.

Photo du film Noé avec Jennifer Connelly et Russell Crowe
Déjà, le remake de Man of Steel ?

Conclusion

Un bon favori pour le titre du pire film de l’année.
+– Ray Winstone
– Le remake de la bataille du gouffre de Helm
– Anthony Hopkins en Gollum
– La séquence de la création du monde
– Jennifer Connelly
– Des personnages insupportables
– Une réflexion ridicule
– Long, long
– Des péripéties peu intéressantes
3/10

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