Critique : Mission: Impossible – Protocole fantôme

« Mission accomplie »

 
Fiche

Réalisateur(s):Brad Bird (Les Indestructibles, Ratatouille)
Scénariste(s):Josh Appelbaum, André Nemec (Alias, Life on Mars)
Acteurs:Tom Cruise (prochainement dans Top Gun 2), Jeremy Renner (Œil de Faucon des Vengeurs), Simon Pegg (Shaun of the Dead), Paula Patton (Precious), Josh Holloway (Lost), Léa Seydoux (Minuit à Paris), Tom Wilkinson (L’Affaire Rachel Singer), Anil Kapoor (24h Chrono)
Titre original:Mission: Impossible – Ghost Protocol
Pays:États-UnisDate de sortie:14 décembre 2011
Genre:Action, Aventure, Espionnage, ThrillerDurée:2h13
Budget:140 000 000 $
Impliquée dans l’attentat terroriste du Kremlin, l’agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l’opération « Protocole Fantôme », Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l’agence et de déjouer toute nouvelle tentative d’attentat. Mais pour compliquer encore la situation, l’agent doit s’engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs d’IMF dont il n’a pas bien cerné les motivations…

Critique

Le retour de l’homme qui était toujours plus petit que ses petites (sans mauvais jeu de mot) copines. La grande nouvelle pour ce nouvel opus était la présence derrière la caméra du réalisateur au nom d’oiseau et surtout multi-oscarisé (deux oscars pour le meilleur film d’animation avec Les Indestructibles et Ratatouille). Le voir passer au film live était une curiosité qu’on sera en voie de satisfaire avec le quatrième opus de Mission Impossible.

La grosse déception de cet épisode concerne surtout le scénario qui manque sacrément de punch pour réussir à nous emballer. La faute peut-être au manque d’expérience des scénaristes qui ne sont distingués que sur des séries (pas vraiment le même tempo que les films). Les rebondissements sont… inexistants. Quand je commence une nouvelle mission impossible, j’ai toujours en tête le premier opus qui m’avait mis une claque à sa sortie (je précise que je n’ai pas vu la série originelle). D’ailleurs, je ne me rappelle plus combien de fois, je l’ai vu ce Mission Impossible (plus de trente fois, ça c’est sûr). Du coup, quand je vois un nouvel épisode, je rêve toujours de retrouver le schéma tordu et complexe du premier dont le twist m’avait mis une claque dans la gueule et en plus, y avait Jean Reno.

D’ailleurs toujours en comparant le premier avec ce nouveau, les scènes d’actions du premier sont certes moins spectaculaires mais tellement mieux maîtrisés avec surtout avec en pivot cette scène sur corde pour accéder à l’ordinateur central dans une pièce blanche. On aura rarement mieux fait au cinéma comme mise en scène avec un suspense de fou. Mais il faut tout de même avouer que le nouveau contient une scène qui arrive à tenir la dragée haute : la fameuse scène à la Spider-Man sur la plus haute tour de Dubaï. Une scène vertigineuse qui arrivera à vous donner un peu de vertige et surtout du suspense (on flippe réellement pour le scientologue). Les autres ne sont pas non plus en reste, en témoigne ce génial générique d’ouverture avec le beau gosse ténébreux de Lost. Une scène qui demeure efficace et qui laissait alors croire au meilleur pour la suite car elle respectait vraiment les préceptes de l’épisode original. Malheureusement, plus on avance, plus l’ensemble ressemble plus à un James Bond mâtiné de Jack Bauer (le héros s’en prend plein la tronche). C’est toujours efficace et spectaculaire mais malheureusement, moins enclin au suspense.

Niveau gadget, il n’est pas encore arrivé le remplaçant de ce fameux chewing-gum mais cet opus a de belles trouvailles dont je vous laisse la surprise de découvrir. Par contre, un ajout a été fait et je n’ai pas trop apprécié : l’humour. Attendez, je ne dis pas que l’humour est mauvais. Non, c’est même parfois vraiment drôle grâce à un excellent Simon Pegg mais cela a pour conséquence de diluer toute tension. C’est bien pour ça qu’on plaisante souvent sous pression, justement pour déstresse et malheureusement, ce n’était pas la meilleure idée pour un Mission Impossible. On notera quand même des excellentes blagues et d’autres clins d’œil à la série (film) tournés en dérision.

L’autre point faible de ce Mission Impossible concerne ses effets spéciaux un peu ratés car beaucoup trop visible comme l’explosion du Kremlin qui laisse échapper la fameuse fumée noire de Lost. On sent bien que les développeurs ont réutilisé le même procédé et malheureusement, ce qui peut passer pour une série, le fait beaucoup moins pour un film de l’envergure de Mission Impossible. Sans oublier les effets immondes du générique (où est donc passé celle simple mais efficace du premier).

Un petit point pour la réalisation de Brad Bird, ben franchement, je suis un peu déçu. Je m’attendais à un peu plus de pêche mais ça reste tout de même dans la lignée de ses films d’animations. Toujours correctement cadré (à défaut de génie) et surtout toujours lisible (un must surtout au vu de certains films d’actions récents).

Pour résumer grosso modo ce Mission Impossible 4, c’est du James Bond pur jus : on visite du pays (magnifiques plans panoramiques), on a des gadgets sympathiques, de belles femmes (une Ethan Hunt Girl et une bad girl), un rigolo (Simon Pegg), un compagnon au passé trouble (génial Jeremy Renner, de beau augure pour les Vengeurs), un méchant russe et un gentil russe, des scènes d’actions complètement loufoques. Mais attends, merde, mais ils nous ont fait le remake de GoldenEye ?!

Conclusion

Une « Mission Accomplie » par Brad Bird qui signe un Mission Impossible de bon calibre mais j’avoue m’être attendu à un peu plus. La série s’oriente définitivement vers un James Bond fusionné à Jack Bauer.
+– des scènes d’actions spectaculaires
– les vingt-cinq premières minutes sont excellentes
– une bonne équipe
– l’humour
– scénario sans surprise : méchant russkof qui veut déclencher une guerre nucléaire
– pas de tension
– l’humour
6/10

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