Critique : Midnight Special

Superman l’extra-terrestre

Fiche

TitreMidnight Special
RéalisateurJeff Nichols
ScénaristeJeff Nichols
ActeursMichael Shannon, Jaeden Lieberher, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Adam Driver, Sam Shepard
Titre originalDate de sortie16 / 03 / 2016
PaysÉtats-UnisBudget18 000 000 $
GenreAventure, Drame, Science fictionDurée1h 51

Fuyant d’abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d’une chasse à l’homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d’accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

« Hé Iron Man ? Regarde, je suis capable de faire comme toi sans armure ! »

Critique

Dès sa première image, Midnight Special m’avait envoûté. Mais qui était ce jeune garçon caché sous un drap ? Quelle est la relation entre son pouvoir (des yeux qui brillent au travers de lunettes) et le comic de Superman qu’il tient entre ses mains ? « Il n’est pas comme nous », proclame l’affiche. Mais qui est-il donc ?

Cette question sera au cœur de toute l’intrigue du nouveau Jeff Nichols. Le réalisateur et, encore une fois, seul scénariste sur le film joue avec le mystère en révélant petit à petit les indices comme on pèlerait un oignon ou comme si on suivait le parcours du Petit Poucet grâce à ses miettes de pain. Cette manière de faire rend instantanément le film intéressant et captivant jusqu’au dénouement. Car il faut dire que certaines pelures sont soit des moments marquants comme celle permettant de découvrir les pouvoirs du jeune Alton (incarné par un impeccable Jaeden Lieberher qui m’avait déjà bouleversé dans St. Vincent avec Bill Murray) ou des indices permettant de reconstituer le puzzle Alton (le spectateur devient donc actif).

L’autre point qui m’a beaucoup plu dans Midnight Special, même si je le considère aussi comme une de ses faiblesses, c’est qu’il semble sortir des années 80. Je n’aurais même pas été choqué si on m’avait dit qu’il avait été produit par Amblin Entertainment et que, suite à des galères, il avait traîné dans les tiroirs des studios pendant presque 30 ans avant d’avoir enfin eu droit à une sortie cinéma.

Retour vers les années 80

Ainsi, on bénéficie d’un long-métrage old school à rythme ni lent, ni rapide, juste ce qu’il faut et une panoplie de personnages peu approfondis, mais suffisamment charismatiques pour tenir la route. Le point le plus « Amblin » du film concerne l’approche du gouvernement américain, ou plus précisément, de ses entités fédérales spécialisées dans la sécurité du pays. Car, comme dans E.T. l’extra-terrestre de Steven Spielberg, ils sont réduits à des individus sans empathie qui ne savent pas ce qu’ils font et qui mettent plus des bâtons dans les roues qu’autre chose.

Ce point-là est traité de façon un peu simpliste, même si le personnage d’Adam Driver (le fameux Kylo Ren de Star Wars: Le Réveil de la Force) amène de la profondeur. Et c’est ça que j’ai trouvé regrettable. Jeff Nichols aurait pu aller plus loin de ce côté et amener plus de suspense. Mais il préfère focaliser son histoire sur ses personnages (une intention très louable), en l’occurrence l’amour d’un père (incarné par le fidèle Michael Shannon) pour son fils.

Je ne sais pas trop quoi dire de plus sans spoiler. Disons que Midnight Special est un véritable voyage dans les années 80 pour un récit ne trouvant pas forcément d’écho à notre époque (j’ai parfois eu l’impression que le film avait un pied dans les années 80 et un autre dans notre époque, du coup, j’avais du mal à me situer), mais qui se révèle être un formidable road movie. Le genre de films où on ne s’emmerde jamais et où on est captivé jusqu’à la dernière image. Mais il manque cette petite touche (notamment des émotions) pour en faire un très grand film.

Par Christophe Menat de retour vers le futur, le .

« Tiens, tiens. C’est donc toi le nouveau Anakin ? »

Conclusion

Midnight Special est une expérience grisante. Véritable film old school à la « Amblin », autant dans la forme que dans le style, il propose de suivre l’escapade d’un père et son fils en enrobant le tout d’un fascinant mystère intelligible. Il lui manque juste ces émotions pour être un grand film, mais en l’état, ça reste un des meilleurs films de l’année.

+

  • Mystère subjuguant
  • Rythme parfait
  • Revivre un film « Amblin » des années 80

  • Il manque des émotions
8/10
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A propos de l'auteur : (3024 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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