Critique : Lovecraft Country – Saison 1

Cthulhu continue de dormir

Fiche

TitreLovecraft Country Titre VO
CréateurMisha Green
Acteurs Jurnee Smollett, Jonathan Majors, Aunjanue Ellis, Courtney B. Vance, Wunmi Mosaku, Abbey Lee, Jamie Chung, Jada Harris, Michael K. Williams
Saison1 Nombre d’épisodes10
Date de sortie17 / 08 / 2020 Durée55 à 69 mn
GenreDrame, Fantastique, Horreur, Mystère, Science fiction, Thriller ChaîneOCS

Dans l’Amérique raciste des années 1950, Atticus Black, un jeune homme de 25 ans, embarque avec son amie Letitia et son oncle George dans un road trip à la recherche de son père disparu.

Critique

Difficile pour moi de ne pas être intéressé par la série de Jordan Peele et J.J. Abrams pour HBO. Déjà rien que le trio de noms cité devrait suffire, alors si, en plus, on ajoute celui de Lovecraft. L’écrivain qui a donné naissance à des monstres cauchemardesques. Je frémis encore quand je pense à Cthulhu. D’ailleurs, vu qu’on parle de la créature qui someille au sein de R’lyeh, sur l’affiche de la série, ils mettent en arrière-plan une espèce de créature tentaculaire. Ainsi, inévitablement, j’en suis.

Le monstre de la semaine

Lovecraft Country est une série horrifique à l’ancienne, à savoir avec son monstre de la semaine et son fil conducteur qui avance à pas d’escargot. Heureusement, le nombre limité à dix épisodes permet d’éviter les épisodes bouche-trous ou tout simplement mauvais.

Tout d’abord, j’avoue avoir été décontenancé au deuxième épisode, car c’est véritablement celui-ci qui prouve qu’il n’est pas question ici d’adapter Lovecraft, mais plutôt de faire un melting-pot d’épisodes horrifiques rendant hommage à la pop-culture de la moitié du siècle précédent. Certains monstres sont très réussis avec une mention spéciale pour celui de l’épisode 8 digne des jumelles de Shining (Jig-a-Bobo). En plus d’aller dans l’horreur, on verse aussi dans la pop SF des sixties. Au cœur d’un hallucinant épisode (épisode 7, I Am.).

Le tout est entouré d’un contexte social dont Jordan Peele est extrêmement friand : le racisme envers la communauté afro-américaine. Cette Amérique raciste (le shérif du premier épisode, superbe enfoiré) fait bien plus flipper que n’importe quel monstre traversant la série. Je regretterai juste que ce soit tellement poussé à l’extrême qu’on est parfois à la limite de la parodie (la série Watchmen était bien plus réussie sur ce point). Mais bon, ça donne également un côté jubilatoire quand ces racistes passent l’arme à gauche. Surtout que niveau gore, ça se lâche bien. Ah ouais ça, il y a de l’idée. Je suis encore traumatisé par l’exercice de métamorphose.

Colosse aux pieds d’argile

Pour revenir au deuxième épisode, il marque, malheureusement, un gros basculement en terme de qualité. La pauvreté des effets spéciaux, pour ne pas dire la ringardise, donne l’impression d’avoir reculé de plusieurs décennies. Elle pénalise également le sérieux avec lequel prendre la série. Fort heureusement, ça s’arrange par la suite quand les effets spéciaux deviennent plus discrets et davantage organiques.

Au final, j’ai dévoré Lovecraft Country jusqu’à la déception du dernier épisode où il s’agit de boucler le fil conducteur. Eh ben, c’était bien pourri. Pas aidé par une Jurnee Smollett partie en roue libre. Elle surjoue tout ce qui est possible au point d’atteindre le point « gros malaise » chez moi. Sérieusement, y a un passage qui est juste à pisser de rire. Alors qu’on est dans une scène bien dramatique et qu’elle est au second plan, elle semble comme prise de spasme et balance des sanglots bien voyants. Résultat, on ne voit plus qu’elle et ça casse toute l’émotion de la scène. Dommage.

Par qui a quand même les boules de ne pas avoir du vrai Lovecraft.

Conclusion

Une fois surmontée, la déception de ne pas avoir une adaptation de Lovecraft, je me suis bien régalé dans l’ensemble vu la générosité de la série. Surtout, avec quelques épisodes très réussis autant au niveau de l’idée que du gore. Dommage que le final soit aussi raté, parasité par une Jurnee Smollett totalement à côté de la plaque.

+

  • Très bons acteurs…
  • Plein d’idées horrifiques (mais pas que)
  • Le monstre de l’épisode Jig-a-Bobo
  • Ose beaucoup

  • … sauf Jurnee Smollett
  • La douche froide du deuxième épisode
  • Faut vraiment être souple avec les effets spéciaux numériques
  • Pas vraiment Lovecraftien
7/10

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