Critique : Insaisissables

Les Quatre Cavaliers de la Catastrophe

Fiche

Titre:
Insaisissables
Réalisateur(s):Louis Leterrier
Scénariste(s):Ed Solomon, Boaz Yakin, Edward Ricourt
Acteurs:Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Woody Harrelson, Isla Fisher, Dave Franco, Mélanie Laurent, Morgan Freeman, Michael Caine
Titre original:Now You See MeDate de sortie:31 juillet 2013
Pays:États-Unis, FranceBudget:75 000 000 $
Genre:Policier, ThrillerDurée:1h56

« Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, viennent de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence.

Voici les mecs qui vont nous entuber profond ! Ou faire de la magie si vous voulez.

Critique

Le français Leterrier is back et il ramène avec lui un joli gang (avec deux français dans le lot) pour un spectacle de magie hors du commun, du moins c’est ce qui nous est promis. Après Burt Wonderstone, voici les Quatre Cavaliers.

Insaisissables souffre d’un gros problème, un scénario bancal multipliant les erreurs pénalisantes. Pourtant, il y avait de l’idée dans ce blockbuster de magie. D’une part, réunir quatre acteurs dans le vent (dont Woody Harrelson et Jesse Eisenberg qui se retrouvent après Bienvenue à Zombieland dont on attend toujours la suite). De deux, inviter un Bruce Banner à les pourchasser permettant ainsi d’installer un peu de tension. Et enfin de trois, prendre les vétérans qui doivent faire la poussière sur leurs prix tous les matins : Michael Caine et Morgan Freeman. Tout est là pour le combo ultime… et puis ce scénario s’en mêle.

La scène d’ouverture laisse envisager le divertissement efficace avec un genre d’Avengers du monde de la magie.

La scène d’ouverture laisse pourtant envisager le divertissement efficace avec un genre d’Avengers du monde de la magie ou d’Ocean’s Four si vous préférez, car tout le monde adore les films de gang que ce soit des super-héros, des braqueurs ou des malades de la route. Le traitement des spectacles avec un côté réaliste est assez jouissif puis Insaississables manque de tomber avec l’ajout d’effets spéciaux franchement dispensables, à savoir ici Isla Fisher qui jette un genre de foulard géant qui tournoie autour du centre de la pièce avant de laisser apparaître une machine. Inutile de disserter sur la qualité des effets spéciaux, c’est du bas de gamme. Cette séquence met à mal tout l’immeuble de briques que Leterrier avait réussi à monter jusque là.

Le film continue à accumuler les erreurs dont une énorme au niveau du casting : Mélanie Laurent. Débarquant sur le plateau avec un grand sourire à l’idée de jouer avec l’incroyable Hulk, cette dernière représente typiquement le genre de héros détestable, ceux avec un petit sourire en coin en permanence et ce snobisme. Bref, ça c’est mon avis personnel mais il faut aussi avouer que le personnage ne sert strictement à rien ! Sinon à alourdir l’intrigue en ajoutant une romance à l’eau de rose (à deux euros cinquante) jouant sur le côté romantique des français via le pont des Arts. D’ailleurs, en parlant de ce dernier, j’ai été surpris de voir que le nombre de cadenas a sacrément chuté depuis la dernière fois que j’y suis allé (y a même pas quatre mois, c’était même presque une bagarre pour choper une place pour le sien). J’espère que l’équipe du tournage n’a pas découpé des cadenas pour récupérer de la place, ce serait sacrément salaud (en plus, si ça se trouve le mien a été éjecté)!

Insaisissables Photo

« Mais où est Hulk quand on a besoin de lui ? »

L’autre problème du scénario, c’est qu’il se concentre totalement sur le personnage de Mark Ruffalo alors qu’il ne s’agit que d’un flic dépassé par les évènements et courant sans cesse avec un coup en retard. Du coup, il en résulte un sentiment désagréable d’être obligé de suivre un boulet au lieu de s’éclater avec les plus drôles. Quel dommage. Surtout vu la dynamique du groupe des 4 cavaliers, franchement excellente avec un Woody Harrelson qui cabotine à mort en jouant au mentaliste. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que les meilleures scènes du film sont celles faisant intervenir le groupe dont les trois fameuses représentations.

Quant au twist final, il ne présente AUCUN intérêt.

Spoiler

On découvre que c’est Mark Ruffalo qui est derrière tout ça. Pourquoi pas, seulement tout au long d’Insaisissables, on a un personnage complètement à côté de la plaque que ça en devient limite gênant cette révélation finale. Car comment expliquer les très nombreuses incohérences du film comme Mark qui boit comme un trou pour oublier son humiliation. Il cherche à convaincre qui ? Le spectateur ? Ben, c’est justement là le problème, le twist n’est pas devinable car il n’est pas logique à moins d’assimiler le fait que Mark Ruffalo essaie de nous manipuler, ce qui est légèrement paradoxal car nous ne sommes pas devant un film où son personnage a la conscience du spectateur du film, Last Action Hero’s style.

Puis bon, le motif, c’est un peu franchement bidon… Le pauvre petit bout de chou qui veut venger son papa et qui met en place un énorme plan tout en faisant une carrière au niveau du FBI (pas une sinécure pourtant). Putain, soit c’est un génie, soit c’est un film. Je vous laisse choisir. Bref, on se sent floué à la révélation finale. Oui, on nous a pris pour des cons en faussant d’emblée les règles du jeu, pas comme un certain Sixième Sens.

Il en résulte un sentiment désagréable d’être obligé de suivre un boulet au lieu de s’éclater avec les plus drôles.

D’ailleurs, avant de terminer, parlons des fameux spectacles de magie. Le personnage de Morgan Freeman est utilisé afin d’expliquer le comment de chaque tour de magie mais sérieux les gars, vous avez utilisé pleins d’effets spéciaux partout, plus personne n’y croit à votre truc. Ce n’est pas crédible pour un sou alors pourquoi s’emmerder à nous l’expliquer ?

Spoiler

#EpicFail avec la mort de frère de Franco. Qui y a cru ? Personne, alors aucun intérêt à le simuler… Ça fait longtemps que le spectateur sait que quand on ne voit pas le mec crever (avec une balle dans la tête ou en train de faire une tête horrifiée), c’est qu’il n’est pas mort ! Encore que, la balle dans la tête ça ne marche pas à tous les coups.

Parmi les anecdotes qui tuent, notons Michael Caine qui après s’être endormi dans sa loge se retrouve tout seul comme un con bloqué sur les plateaux. Qui a dit qu’on négligeait les papys ? Par contre, celle affirmant que l’actrice Isla Fisher s’est retrouvée coincée par les chaines et qu’elle a vu la mort droit dans les yeux… Hum, hum, soit la description exacte d’une scène du film, j’ai un peu du mal à y croire.

Ah oui, y a José Garcia mais suffit de voir la bande annonce…

Insaisissables Photo

Mélanie se marre, elle pense à tous ces cons de blogueurs et de journalistes qui l’ont critiqué après Inglourious Basterds. Elle tourne avec Morgan Freeman maintenant.

Conclusion

Insaisissables aurait pu être un bon film, il a un casting solide et des scènes d’action efficaces (malgré les effets spéciaux immondes) mais il est plombé par un scénario abracadabresque qui finit par dériver au n’importe quoi.

+– Les Quatre Cavaliers
– Woody joue au mentaliste avec la scène de pré-interrogatoire trop efficace! Un vrai moment flippant à la Hannibal Lecter.
– Ça se regarde sans faim
– Twist pourri
– Duo pas franchement bandant avec Mark Ruffalo et Mélanie Laurent
– De nombreux ratés
– Effets spéciaux à la ramasse
4/10
Advertisements
A propos de l'auteur : (2894 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

Tu kiffes l'auteur ? Suis-le sur : Twitter, Facebook ou Google+.