Critique : Félins

Félin pour l’autre

 
Fiche

Réalisateur(s): Keith Scholey (Africa’s Wild Dogs), Alastair Fothergill (Un jour sur terre, Planète Terre)
Scénariste(s): Keith Scholey, John Truby (21 Jump Street)
Narrateur: Samuel L. Jackson (Afro Samurai) en VO, Pascal Elbé en VF
Titre original:African Cats
Pays:USADate de sortie:1 février 2012
Genre:Aventure, DocumentaireDurée:1h27
En Afrique, au Kenya, dans l’une des régions les plus sauvages du monde, les animaux vivent libres et loin des hommes.

Au sud du fleuve qui divise ces magnifiques terres, règne le clan des lions mené par Fang. La lionne Layla y élève la jeune Mara. Entre chasse et liens familiaux puissants, c’est la vie d’une famille qui s’écrit. Au nord du fleuve, le lion Kali et ses quatre fils rêvent d’étendre leur territoire. Bientôt, les eaux seront assez basses pour que les maîtres du nord tentent leur chance au sud…

Dans cet environnement où chacun joue sa survie chaque jour, Sita, une splendide femelle guépard, tente d’élever seule ses petits. Au fil des saisons, tous ces destins vont se croiser à travers une histoire qui n’est ni inventée ni mise en scène, mais captée comme jamais auparavant, de sa bouleversante intimité à sa spectaculaire beauté.

Critique

Dans mon très mauvais jeu de mot sur le titre de l’article se cache le cœur du film : le lien qui lie un enfant et sa mère semble irréductible. La bonne idée du film est d’avoir su insuffler une histoire tragique sur des images de documentaire. Ainsi on fera connaissance avec Mara la jeune lionne et sa mère Layla, avec Kali le Roi Lion, avec Sita le guépard femelle défendant seule ses jeunes enfants.

Ce procédé permet de s’affranchir du concept parfois rébarbatif du documentaire avec des belles images comme ça pouvait être le cas sur Un Jour sur Terre. Car au delà des images d’une puissance inouïe, le film nous plongeait dans les bras de Morphée avec sa lenteur contemplative et surtout via sa musique symphonique. Mais on y retenait surtout l’histoire de ce pauvre ours polaire qui tentait de chercher à manger et qui succombera la faute au réchauffement de la planète. Ce genre d’histoire tragique est retranscrit durant toute la durée de Félins mais le documentaire n’évite pas ces phases contemplatives surtout au début.

On sera alors subjugué par la dureté de la vie dans la Savane où les animaux survivent plus qu’ils ne vivent. Où chaque erreur est passible de mort. Où la faim est une maîtresse impitoyable. Aussi où les liens familiaux des félins surmontent tout. Chacune des mères commet des actes de bravoures en vue de protéger sa progéniture, en témoigne la lionne Layla prête à affronter un lion pour son enfant. Par contre, les mâles en prennent un sacré coup, ils passent pour des gros machos plus intéressé par la conquête de territoires qu’autre chose.

Si ce côté histoire vraie de la vie sauvage impressionne, elle subit un contrecoup au niveau de la cohérence. Tout d’abord, il faut savoir que le tournage a demandé deux ans et demi à l’équipe du film dans la Réserve nationale de Masaï Mara au Kenya. Cette longue durée est due à des problèmes d’acteurs qui ne se pointaient pas à l’heure désirée. Tels des Marlon Brando, les animaux imposaient leur rythme au péril même du film. De plus, sur ces deux ans et demi seule une vingtaine de jours fut conservée pour offrir une histoire passionnante qui est relatée dans Félins.

Or bien sûr, on imagine la difficulté de pouvoir filmer sans intervenir, de rester spectateur quoiqu’il arrive, j’imagine que les membres de l’équipe devrait refréner leurs sentiments d’aller défendre les enfants guépards durant l’attaque des hyènes, un passage n’ayant rien à renier à celui de Le Roi Lion sinon que les hyènes ne chantent pas. Cela se traduit par des images coupées ou parfois remplies par des plans hors contexte et surtout une linéarité fluctuante. Effectivement, l’histoire continue d’avancer pendant que l’équipe se repositionne (on ne va pas dire aux félins : « Coupez » ou « Attendez, cette foutue caméra déconne ». C’est surtout marquant lors des grands combats qui seront malheureusement résumé à quelques duels. Heureusement la voix du narrateur est là pour repositionner les enjeux ou expliquer les ellipses.

Il n’en reste pas moins que le film demeure poignant grâce à ce côté vraie et non simulé. Le fait de donner des noms à ces animaux permettra aux enfants (et pas seulement) de mieux s’y identifier. En tout cas, Félins propose des images d’une grande force et difficile de pas craquer devant les petites boules de poils tout petits surtout les enfants de Sita dont la photo est ci-dessous.

Conclusion

Une grande aventure à vivre en famille. Doté d’images grandioses et d’une aventure extraordinaire (encore plus car vraie), Félins propose de vivre durant quelques jours aux côtés de ces animaux de la Savane comme si on était un des leurs. Malheureusement certaines contraintes techniques handicapent le film.
+– Une grande aventure vraie
– Des images extraordinaires
– Incohérences ou ellipses agaçants
– Un peu lent au démarrage
6/10

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A propos de l'auteur : (2867 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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