Chaud devant, le carnage est servi !
Fiche
| Titre | Evil Dead Burn | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Sébastien Vaniček | Scénaristes | Sébastien Vaniček & Florent Bernard |
| Acteurs | Souheila Yacoub, Tandi Wright, Erroll Shand, Hunter Doohan, Luciane Buchanan, George Pullar, Maude Davey | ||
| Date de sortie | 08 / 07 / 2026 | Durée | 1h 50 |
| Genre | Fantastique, Horreur, Mystère | Budget | 20 000 000 $ |
Après l’enterrement de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de sa belle-famille pour partager un dernier repas à sa mémoire.Mais la réunion familiale bascule dans l’horreur lorsque ses proches se transforment, l’un après l’autre, en créatures démoniaques.Confrontée à cet enfer, Alice découvre que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.
Critique
La franchise Evil Dead semble connaître un véritable coup de fouet depuis l’excellent Evil Dead Rise (2023). Pour Evil Dead Burn, on ne change pas la formule : on confie les rênes à un jeune réalisateur prometteur. Après Lee Cronin, Sam Raimi a jeté son dévolu sur le Français (cocorico !) Sébastien Vaniček, impressionné par son premier long-métrage, Vermines (2023).
Des araignées aux Deadites
Naturellement, quand j’ai appris la nouvelle, je me suis dépêché de rattraper Vermines. Et pour le coup, effectivement, il y avait de quoi être bluffé tant le film est d’une redoutable efficacité dans le registre horrifique, sans oublier d’apporter de l’épaisseur à ses personnages. Seb (tu permets que je t’appelle Seb ?) en profite pour embarquer avec lui son co-scénariste, Florent Bernard, et imposer son style dans un univers où l’on aime bien balancer des seaux de sang sur les gens. Le tout couronné par un caméo vocal inattendu d’Alain Chabat.
Avec Burn (timing parfait vu la période caniculaire actuelle), on retrouve la même note d’intention que pour Rise : un spin-off autonome en mode huis clos, centré sur des personnages forts que les Deadites vont se faire une joie de secouer. Côté horreur – parce qu’on fait le déplacement pour ça en allant voir un Evil Dead (tout en profitant de la clim de la salle) –, ils se sont fait franchement plaisir avec de très nombreux passages gores bourrés d’excellentes idées (ma préférée est celle de l’appui-tête). Il y a du sale, du bien sale, mais un humour noir (mention spéciale à l’enterrement) permet aisément de faire passer la pilule (malgré tout, âmes sensibles s’abstenir). Surtout, le rythme effréné donne l’impression d’être embarqué, pour ne pas dire bloqué, dans un véritable grand huit horrifique. Génial.
Les Deadites s’invitent au repas de famille
Derrière la caméra, Seb s’autorise quelques envolées lyriques et insuffle, grâce à un montage au poil, beaucoup de dynamisme et de nervosité. La meilleure scène du film, celle du dîner, est un parfait exemple de tout ce qui fait le charme de Burn : des acteurs solides, une tension permanente autour de la dynamique dysfonctionnelle de la famille, et un gore allant jusqu’à franchir une limite d’ordinaire taboue (inutile de préciser laquelle, c’est flagrant).
Au-delà de l’hémoglobine et de la mythologie des Deadites, Seb et Flo se sont attachés à instaurer une atmosphère délicieusement glauque. Une approche qui permet de faire éclater les rancœurs et les non-dits à l’arrivée des démons, un peu comme si l’on était en train de lire un Stephen King (qui utilise l’horreur pour mieux disséquer ses personnages). Surtout, les acteurs prennent visiblement un vrai plaisir à devenir des Deadites. En même temps, on les comprend : qu’est-ce que ça doit être kiffant de ne plus avoir aucune limite ! Quant à Souheila Yacoub, elle livre une performance géniale… et heureusement, vu tout ce qu’elle prend dans la gueule dans Evil Dead Burn.
Au final, je n’ai qu’un seul regret : le climax, calqué sur celui du premier Terminator, qui est malheureusement moins impactant que tout ce qui l’a précédé.
PS : une scène mid-générique et une scène post-générique sont au compteur.
Par Christophe Menat, qui prend déjà rendez-vous dans deux ans pour le Evil Dead Wrath de Francis Galluppi.
Conclusion
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Evil Dead Burn est une proposition généreuse qui ne lève jamais le pied. Sébastien Vaniček et son complice Florent Bernard ont parfaitement digéré l’ADN de la saga pour nous livrer un huis clos nerveux où les dysfonctionnements familiaux explosent dans un bain de sang jubilatoire. C’est crade, c’est drôle, ça va à cent à l’heure ; je suis donc forcément ressorti réjoui de ce défouloir. |
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| 8/10 | |