Critique : Ça: Chapitre 2

Affiche française du film Ça: Chapitre 2 réalisé par Andres Muschietti

Où est passé la magie ?

Fiche

TitreÇa: Chapitre DeuxTitre VOIt Chapter Two
RéalisateurAndres MuschiettiScénaristeGary Dauberman
ActeursBill Skarsgård, James McAvoy, Jessica Chastain, Bill Hader, Isaiah Mustafa, Jay Ryan, James Ransone, Andy Bean, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor, Sophia Lillis, Finn Wolfhard, Wyatt Oleff, Chosen Jacobs, Jack Dylan Grazer, Nicholas Hamilton
Date de sortie11 / 09 / 2019Durée2h 49
GenreAventure, Drame, HorreurBudget79 000 000 $

27 ans après la victoire du Club des Ratés sur Grippe-Sou, le sinistre Clown est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais adultes, les membres du Club ont tous quitté la petite ville pour faire leur vie. Cependant, lorsqu’on signale de nouvelles disparitions d’enfants, Mike, le seul du groupe à être demeuré sur place, demande aux autres de le rejoindre. Traumatisés par leur expérience du passé, ils doivent maîtriser leurs peurs les plus enfouies pour anéantir Grippe-Sou une bonne fois pour toutes. Mais il leur faudra d’abord affronter le Clown, devenu plus dangereux que jamais…

Critique

Après un premier chapitre dont la réussite n’est plus à démontrer que ce soit au niveau de la critique ou du box-office (700 millions de dollars pour un budget de 35), Andres Muschietti remet le couvert avec un deuxième (et dernier) chapitre.

Trois heures de Grippe-Sou

Surprise, Ça: Chapitre 2 affiche une durée de deux heures et cinquante minutes. Ce sont trente-cinq minutes de plus que son prédecesseur. Surtout, c’est une durée qui peut refroidir. Notamment pour un film d’horreur, mais je ne m’inquiétais pas vraiment, car la force du récit réside surtout dans ses personnages et il faut prendre le temps de les développer.

Tout commence dans le meilleur des mondes avec une scène marquante où on retrouve Xavier Dolan, grand fan du premier opus qu’il a qualifié de meilleur film du siècle. Sur le coup, je me suis dit qu’on allait avoir un très grand deuxième chapitre. La suite m’a malheureusement prouvé le contraire. Déjà, je peux dire que je n’ai pas senti passer les presque trois heures. Pour tout avouer, quand j’ai senti la fin arriver, je me suis même demandé : « Déjà ? ». Très bon point positif.

Par contre, le reste n’arrive pas à l’échelle du chapitre précédent. Dans les romans de Stephen King, l’intrigue voyage dans le temps entre les 27 ans qui séparent les deux versions du Club des Ratés (1989 et 2016 pour le film). Pour le premier chapitre, seule la version 1989 a été conservée. Ici, on va reprendre le style narratif des romans en combinant les deux. Ce qui explique, en grande partie, la durée.

Un Club des Ratés raté

Bémol, la partie adolescente est très en retrait. Logique vu qu’elle a déjà été traitée. Ici, ils ont trouvé une idée pour ajouter de la nouveauté en partant de l’ellipse temporelle qui a eu lieu dans le premier chapitre. Or, déjà, c’est la partie que je préférais dans les romans. Pour Ça: Chapitre 2, on perd alors la force des acteurs adolescents. Ça pourrait aller si les acteurs adultes qui prennent le relais sont à la hauteur. Pas de bol, je ne peux pas dire qu’ils m’ont spécialement plu à l’exception de Bill Hader, le Tony Stark du Club.

J’attendais beaucoup des deux stars, James McAvoy et Jessica Chastain. Les deux m’ont déçu. Le premier traverse le film comme une âme en peine. Il faut faire preuve d’une sacrée imagination pour le sentir impliqué. Tandis que la belle rousse est bien loin du niveau de la pétillante Bev de Sophia Lillis. Mais le pire, c’est qu’en dehors d’un délicieux repas de retrouvailles, l’ensemble manque cruellement d’alchimie. Jamais, j’ai eu l’impression de revoir le Club des Ratés, 27 ans après. Dès lors, je ressentais une fracture avec ces acteurs et, par extension, leurs personnages. C’est sans surprise, mais avec tristesse, que je n’ai ressenti aucune émotion pendant l’aventure.

Ça se transformerise

Pourtant, je croyais qu’Andres Muschietti allait profiter de la longue durée pour étoffer la relation entre chaque personnage. Mais non. Pire même, cette suite verse dans le « encore plus gros, encore plus fort ». En soi, ça donne des images spectaculaires, mais tellement creuses. Jamais, je me suis inquiété pour les personnages. J’avais l’impression de me retrouver devant un Transformers. C’est impressionnant (il y a vraiment des séquences complètement dingues), mais c’est pratiquement un zéro pointé au niveau de l’émotion ou de l’ambiance.

Et encore, j’en trouve à redire dans le spectaculaire, car le combat final m’a beaucoup déçu. Alors que le roman partait vers un combat psychique que j’avais sérieusement fantasmé. Le long-métrage verse dans le blockbuster simpliste où les héros affrontent le méchant dans un combat direct. Le tout couronné avec une estocade finale d’un ridicule, même si la dernière apparition de Ça est superbe. Aussi, sa fameuse forme finale est ratée à mes yeux.

Pour revenir à nouveau sur l’aspect spectaculaire, Ça: Chapitre 2 sonne comme s’ils avaient coupé tous les passages dramatiques pour ne conserver que les scènes fun où Grippe-Sou attaque les Ratés. Au final, j’ai eu une petite indigestion. L’aspect métamorphe de Ça étant pratiquement abandonné, on a systématiquement le Grippe-Sou de Bill Skarsgård à l’écran. Je comprends l’intérêt d’augmenter son temps de présence tant l’acteur est excellent dans le rôle, mais à trop l’exposer, il perd de sa force et devient même parfois gênant…

Par qui remarque l’absence au scénario de Cary Fukunaga.

Conclusion

Ayant adoré les romans et le précédent chapitre cinématographique, c’est avec une grande impatience que j’attendais de dévorer Ça: Chapitre 2. Ma déception fut notable. Malgré un excellent départ avec un superbe Xavier Dolan, la suite part tellement dans le « encore plus spectaculaire » que l’ensemble se pète la gueule. Oui, c’est spectaculaire, mais c’est aussi répétitif, jamais émouvant et encore moins flippant ou mémorable. Bref, un excellent film d’horreur devenu un blockbuster lambda juste sauvée par quelques passages horrifiques fun. Certes, le choix de ce mot est curieux pour le genre, mais c’est bien ce qui est ressorti de mon visionnage.

+

  • On a mis le paquet sur le spectaculaire
  • On ne ressent pas durée
  • Bill Hader
  • La scène d’ouverture avec Xavier Dolan

  • Club des Ratés version 2016
  • Combat final
  • Ultime forme de Ça
  • Zéro émotion ou ambiance
6/10

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