Critique : Blanche Neige

Un bonbon à savourer

Fiche

D’après le conte de Jacob Grimm et Wilhelm Grimm
Réalisateur(s):Tarsem Singh (Les Immortels, The Fall)
Scénariste(s):Melissa Wallack, Jason Keller (Machine Gun Preacher)
Acteurs:Julia Roberts (Il n’est jamais trop tard), Lily Collins (Priest), Armie Hammer (J. Edgar), Nathan Lane, Mare Winningham, Michael Lerner, Robert Emms, Sean Bean (la série Le Trône de fer : Game of Thrones)
Titre original:Mirror Mirror
Pays:USADate de sortie:11 avril 2012
Genre:Aventure, Drame, FantastiqueDurée:1h45
Budget:60 000 000 $
Lorsque son père, le Roi, meurt, Blanche Neige est en danger. Sa belle-mère, cruelle et avide de pouvoir, l’évince pour s’emparer du trône. Quand la jeune femme attire malgré tout l’attention d’un Prince aussi puissant que séduisant, l’horrible marâtre ne lui laisse aucune chance et la bannit. Blanche Neige se réfugie alors dans la forêt… Recueillie par une bande de nains hors-la-loi au grand cœur, Blanche Neige va trouver la force de sauver son royaume des griffes de la méchante Reine. Avec l’aide de ses nouveaux amis, elle est décidée à passer à l’action pour reconquérir sa place et le cœur du Prince…

Critique

Tarsem est un homme visuel, privilégiant systématiquement la forme au fond alors on se dit que c’est une bonne idée de reprendre un conte car c’est souvent la forme qui ravit les enfants. Cela va sans dire que le fond (l’histoire) des contes est souvent ras des pâquerettes.

Dans cette optique, Blanche Neige accomplit à merveille sa mission. Les décors sont à tomber, de très nombreux détails sont visibles comme cette poignée de porte ronde tout en or. Les effets spéciaux s’intègrent à merveille. Toutefois le must est à réserver aux costumes, si ceux de Les Immortels, le précédent long de Tarsem, étaient d’un goût parfois douteux (qui a oublié le casque de Mickey Rourke ?), ceux de Blanche Neige confinent aux sommets du genre. La reine incarnée par Julia Roberts affiche un lot de robes extravagantes à la finition remarquable, ceux de Blanche Neige ne sont pas non plus en reste (mention spéciale à celle de la fin). Mon préféré reste de loin ceux des soldats, les dépersonnalisant à merveille. Notons aussi des jambes ingénieuses pour les nains (ceux qui ont vu la bande annonce ou le film comprendront). Il n’y a pas à dire, un film Tarsem, c’est avant tout une baffe esthétique et Blanche Neige est probablement son film le moins marqué (comprendre le moins ouf) donc il s’ouvrira plus facilement au grand public.

Sinon on retrouve toujours les mêmes travers chez Tarsem, un sérieux manque d’implication dramatique. Les évènements ne s’emballent pas, toujours ce rythme linéaire qui jamais ne fléchit. On pourrait comparer Blanche Neige à un bonbon, on le suce délicatement afin d’en récupérer le nectar qui exhale de sa texture/peau (oups, j’ai spoilé une réplique). Le film n’ennuie jamais mais n’enthousiasme pas non plus. Tel un conte, il suit son bonhomme de chemin en livrant tantôt des répliques savoureuses, des combats de cape et d’épée même si Lily Collins souffre pour cet exercice et des passages comiques.

Comme pour son précédent film, Tarsem prend quelques libertés par rapport aux contes toutefois ces écarts sont bien moindres que ceux de Les Immortels où les dieux étaient carrément transformés en mannequin de chez Dior (parce l’or, ils adorent). On regrettera que Tarsem n’ait pas pris plus de risques car au final ces changements sont mineurs toutefois ce qu’ils insufflent permet de redécouvrir un peu le conte des frères Grimm. Peut-être le réalisateur était atteint par les cris de scandales (ridicules au passage) qui se sont élevés après la sortie de Les Immortels?

Les acteurs s’en sortent à merveille. Julia Roberts trouve un de ses meilleurs rôles depuis un bout de temps (en même temps, ce n’était pas trop dur). Armie Hammer découvert dans son rôle de compagnon homosexuel dans le J. Edgar de Clint Eastwood est surprenant dans le rôle du prince charmant et se permet même d’être le personnage qui fait le plus rire même s’il est antipathique au début. Lily « Gros sourcils » Collins est probablement l’actrice qui symbolise à merveille le film, un soupçon de naïveté mêlé à un visage gracieux. On ne pouvait pas trouver mieux pour incarner Blanche Neige tant on se languit de son charme. N’oublions pas non plus les extraordinaires sept nains qui amènent beaucoup d’humour et la malice qui manquait au film.

On retrouve dans ce Tarsem du Tim Burton et du Terry Gilliam malheureusement le réalisateur indien demeure beaucoup plus sage que ses collègues ce qui est fort dommage toutefois ça n’empêche pas une scène de combat inspiré avec Blanche Neige et les septs nains contre des marionnettes. Sans oublier la confrontation finale face à la Bête.

Mention spéciale au clip final « I Believe in Love », hommage au cinéma bollywoodien (patrie de Tarsem). Une scène qui à elle seule m’a fait rajouter un point à la note finale (mon dieu, le mouvement d’épaule de Lily). Allez, je suis cool (quoi, tu en doutais?!), je vous mets la vidéo à la fin de l’article.

Conclusion

Blanche Neige se savoure comme un bonbon en bouche. Les acteurs servent à merveille le réalisateur indien pour un conte feel good movie qui ravira les enfants et les adultes via l’esthétique extraordinaire et l’humour.
+– l’humour
– les septs nains
– le combat contre les marionnettes
– les décors
– les costumes
– le clip bollywoodien
– rythme plat
– les détracteurs de Tarsem n’aimeront pas le film, c’est sûr car tous ses défauts sont là
Trophée7/10

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