Critique : Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn

Affiche française du film Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn réalisé par Cathy Yan avec Harley Quinn (Margot Robbie)

Aurait mieux fait de s’appeler Harley Quinn tout court

Fiche

TitreBirds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley QuinnTitre VOBirds of Prey: And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn
RéalisateurCathy YanScénaristeChristina Hodson
ActeursMargot Robbie, Jurnee Smollett-Bell, Mary Elizabeth Winstead, Ewan McGregor
Date de sortie05 / 02 / 2020Durée1h 49
GenreAction, Aventure, CrimeBudget84 500 000 $

Vous connaissez l’histoire du flic, de l’oiseau chanteur, de la cinglée et de la princesse mafieuse ? C’est une histoire déjantée racontée par Harley en personne – d’une manière dont elle seule a le secret. Lorsque Roman Sionis, l’ennemi le plus abominable – et le plus narcissique – de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s’en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n’a d’autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman…

Critique

J’avais le choix entre le nouveau Bad Boys, The Gentlemen ou Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn. Entre parenthèses, c’est la première et dernière fois que j’écris le titre du film au complet. Je l’appellerais désormais Birds of Prey, même si certains sites de cinéma américains préfèrent utiliser le nom Harley Quinn: Birds of Prey. Bref, même si la raison m’orientait vers les deux premiers, mon petit cœur de fan de comics ne cessait de me diriger vers le dernier. Entre la raison et le cœur, j’écoute toujours mon organe musculaire creux constituant l’élément moteur central de ma circulation du sang. Ben ouais, sans cœur, on meurt.

Le bon choix…

Pendant la première demi-heure, j’étais persuadé d’avoir bien choisi. À la manière de la première partie de Suicide Squad dont le film du jour est le spin-off, c’était très fun et rafraîchissant, à défaut d’être original car ça rappelle vachement Deadpool. Je ne serais pas étonné d’apprendre que les pontes de la Warner ont voulu reproduire le succès du mercenaire de Marvel avec Harley. De toute façon, c’était déjà le cas dans les comics alors pourquoi pas au cinéma. Bref, ça reste du détail dont on s’en fout. L’important, c’est de prendre du plaisir et c’est ce que j’ai eu. Sur la première demi-heure.

Margot Robbie s’y lâche. Une vraie folle. Il y a également des combats vraiment fun comme une attaque de commissariat n’ayant presque rien à envier à celle du Terminator. On sent bien le style de David « John Wick » Leitch venu donner un coup de main durant les reshoots pour les scènes d’action. L’arlequine blonde y effectue des prouesses chatouillant les rétines de tous les fans des bobines où il y a de la bagarre.

… ouais, mais en fait, non

Puis, ça commence à merder. Si Harley Quinn est sympathique, c’est à petites doses. Par exemple, dans une équipe comme la Suicide Squad justement. Pas de bol, dans Birds of Prey, dont le renommage en Harley Quinn: Birds of Prey est, en aucun cas, mensonger, 75 % du film tourne autour d’elle. Verdict, j’ai vite atteint l’overdose. D’autant plus qu’il y a un mauvais équilibre concernant le personnage. Elle en fait beaucoup trop. Par moments, une simple grimace aurait suffi. Mais non, il faut qu’elle prononce aussi une réplique fade qui gâche le moment. Un peu comme un pet durant un baiser langoureux.

Quant aux « oiseaux de proie », mis à part la petite Cassandra Cain (qui n’a plus rien à voir avec la version des comics), c’est le néant. Si les producteurs avaient prévu de faire un long-métrage avec elles, abandonnez l’idée tout de suite ! Ok, Huntress est marrante dans le style psychopathe meurtrière un peu gauche sur les conventions sociales (Drax, sors de ce corps), mais ça s’arrête là.

Chez les méchants, on a Ewan McGregor visiblement ravi de jouer au vilain gay ou au gay vilain. Le mec en fait des tonnes. Ça passe ou ça casse, mais son couple avec Zsasz est assez cocasse. En tout cas, chez moi, c’est passé. Même si j’ai regretté que Zsasz soit tourné au ridicule. Peu importe, les deux sont anecdotiques. Ils sont là pour jouer aux homos anti-femmes. Niveau subtilité, on repassera plutôt deux fois qu’une.

Mais où est Batman ?

Je n’ai pas grand-chose d’autres à dire concernant le film DC. Faut dire, une fois la demi-heure passée, j’en avais déjà marre. Certes, c’est du R / interdit aux moins de douze ans, mais l’ensemble est tellement calibré ados que le visionnage a fini par m’être pénible.

Reste à parler de l’association avec Suicide Squad et, par extension, le DCEU. Mis à part le Joker et un clin d’œil rapide dans le commissariat, il n’y a rien. Un détail m’a bien fait marrer quand même. On est à Gotham. Harley Quinn fait péter un énorme truc au début du film faisant probablement des dizaines de morts, mais Batman ne daigne même pas de se montrer. On peut donc se poser la question : mais où est donc passé Batfleck ?

Par qui aurait dû écouter la voix de la raison.

Conclusion

Bon ben, pour résumer Birds of Prey, en fait, c’est Harley Quinn… et les Birds of Prey de temps en temps. Bref, ça déchire pendant la première demi-heure puis je me suis emmerdé pendant tout le reste. Margot Robbie est géniale en Harley Quinn, mais finit par en faire beaucoup trop, donc devient relou. Les méchants sont anecdotiques. Ah oui, si d’aventure, les producteurs décident de faire un film avec QUE les Birds of Prey, abandonnez l’idée tout de suite. Non, non, pas la peine de négocier. Du moins, pas avec cette version.

+

  • La première demi-heure…

  • … le reste
4/10

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