Critique : American Bluff

Coup de bluff réussi

Fiche

Titre:American Bluff
Réalisateur(s):David O. Russell
Scénariste(s):Eric Warren Singer, David O. Russell
Acteurs:Christian Bale, Bradley Cooper, Amy Adams, Jeremy Renner, Jennifer Lawrence, Louis C.K., Jack Huston, Michael Peña, Robert De Niro
Titre original:American HustleDate de sortie:5 février 2014
Pays:États-UnisBudget:40 000 000 $
Genre:Drame, ThrillerDurée:2h 18

Entre fiction et réalité, AMERICAN BLUFF nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Critique

Propulsé dans les plus hautes sphères après avoir livré deux bombes coup sur coup, Fighter puis Hapiness Therapy, David O. Russell revient avec une surprise de taille. Le réalisateur réunit le casting de ses deux précédents films pour un seul petit nouveau : Jeremy Renner. Soit Christian Bale et Amy Adams de Fighter et Jennifer Lawrence, Bradley Cooper et Robert De Niro d’Hapiness Therapy.

À la différence des deux derniers, la bande-annonce d’American Bluff ne m’emballait pas des masses. Si j’y suis allé, c’est vraiment pour le réalisateur. Le tout commence plutôt bien avec les logos des boîtes de production revisités à la sauce seventies, histoire de coller à l’ambiance du film. On se dit alors qu’on va bien s’éclater. Surtout après les deux petites originalités du début : la mise en place d’une moumoute par l’ex-Batman et la double voix off, celle du personnage d’Amy Adams pour décrire le personnage de Christian Bale et vice-versa.

Tous les acteurs sont épanouis dans American Bluff.

Mais finalement American Bluff n’aura jamais réussi à me captiver pleinement. Pourtant, les acteurs y sont phénoménaux. Christian Bale nous fait une anti-Bale, au lieu de perdre environ 20 kilos, il les a pris. Au point que Robert de Niro ne l’a même pas reconnu. Ça pourrait signifier une performance hors-norme, à moins que ce soit pour signifier que l’acteur légendaire commence à devenir sénile. C’est moche de vieillir…

Amy Adams y est sexy à se damner (et pourtant, elle n’est pas du tout mon style, surtout à cause de ses lèvres). Nul doute que ses scènes dans American Bluff vont tourner en boucle sur le net pour les mots-clés : « Amy Adams nue ». Bradley Cooper, je l’ai trouvé moins bon que d’habitude, pas aidé par un personnage cliché et surtout lourdingue. Robert de Niro fait une excellente caméo. Jeremy Renner est très bon aussi, mais a du mal à s’extirper du lot. Ce qui n’est pas le cas de Jennifer Lawrence, le grand huit du film. Jouant le rôle de Rosalyn Rosenfeld, un personnage secondaire, elle éclabousse la scène de son talent et ajoute une scène culte à son C.V. : la scène du « pouvoir de l’intention ». Hilarant. À noter un petit rôle pour le fabuleux Louis C.K. donnant un bon running gag. Après Blue Jasmine, l’acteur mexico-américain commence à prendre ses marques sur le grand écran.

Mots-clés en feu à venir sur Google : « Amy Adams nue ».

Les acteurs sont le point fort d’American Bluff, mais n’arrivent pas à concrétiser le scénario. Le gros problème, c’est qu’on navigue entre comédie et thriller. Seulement la partie comédie sabote inévitablement la partie thriller et le côté thriller nuit aux blagues du film. Nous ne savons plus sur quel pied danser. Drôle ? Sérieux ? Les personnages sont aussi changeants qu’un trouble bipolaire. Peut-être est-ce dû à la réécriture du scénario d’Eric Warren Singer par David O. Russell ? Ça n’a pas l’air de grand-chose comme ça, mais ça gâche le plaisir, au point de provoquer épisodiquement des décrochages (heureusement, le réalisateur arrive à reprendre le contrôle des manettes et rétablir l’avion).

American Bluff est aussi trop long. Touchant les deux heures et vingt minutes, il finit par s’escamoter surtout à cause d’un sujet qui a du mal à s’emballer malgré l’ingénieuse idée : un agent du FBI s’associe à des escrocs pour faire tomber la corruption. Au final, l’idée est très peu exploitée, le réalisateur préférant suivre les acteurs dans leur délire (apparemment, le film a été pas mal improvisé). Ce qui est parfois drôle, mais donne aussi une impression de ni queue, ni tête.

Conclusion

David O. Russell signe un long-métrage qui vaut surtout pour ses acteurs. Malheureusement, des faiblesses dans la narration empêchent American Bluff d’espérer plus que le statut de film sympathique. En gros, l’histoire d’un coup de bluff réussi. David O. Russell ne misant pas sur son scénario, mais sur ses acteurs et fait croire à un excellent film.

+– Christian Bale comme d’habitude
– Amy Adams ultra-sexy
– Jennifer Lawrence hors-norme
– L’ambiance générale
– Bipolaire
– La trame principale semble disparaitre de temps en temps
– Bradley Cooper moins bon
6/10

affiche American Bluff

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