Critique : Alita: Battle Angel

Pas parfait, mais enthousiasmant

Fiche

TitreAlita: Battle AngelTitre VO
RéalisateurRobert RodriguezScénaristesJames Cameron, Laeta Kalogridis, Robert Rodriguez
ActeursEiza González, Rosa Salazar, Mahershala Ali, Jennifer Connelly, Michelle Rodriguez, Ed Skrein, Christoph Waltz, Jackie Earle Haley
Date de sortie13 / 02 / 2019Durée2h 02
GenreAction, Aventure, Romance, Science fiction, ThrillerBudget200 000 000 $

Une jeune femme qui a perdu tout souvenir de son passé découvre son incroyable destin.

Critique

Heureux hasard du sort. Ce mois-ci, on peut compter sur deux adaptations de manga de ma jeunesse au cinéma. Le Nicky Larson et le Parfum de Cupidon de Philippe Lacheau et le film du jour, l’Alita: Battle Angel de Robert Rodriguez. Les deux partagent aussi la particularité que je n’ai jamais lu les mangas qu’ils adaptent.

Gunnm ? Connais pas.

Du manga Gunnm (traduit en Alita: Battle Angel aux States, et c’est le nom qui est curieusement resté à l’international), je me rappelle juste, quand j’étais chez le libraire, d’avoir plusieurs fois hésité à en acheter un volume. Mais à l’époque, je n’avais que quinze francs par mois comme argent de poche, donc c’était soit le nouveau tome de Dragon Ball, soit Gunnm. Pas de bol, j’étais beaucoup trop fan de Sangoku et ses amis pour les trahir.

J’entends certains me dire que j’aurais pu les lire en douce. Impossible, déjà les mangas étaient présentés à la caisse juste sous le nez de la libraire et en plus, cette dernière voyait d’un mauvais œil mes multiples allers-retours dans la journée pour lire la soluce d’un jeu vidéo où j’étais bloqué. C’était quand même super pour faire travailler la mémoire. Coup de bol, ces soluces étaient dans le rayon du fond à l’abri de son regard démoniaque. Bref, c’était l’histoire de mon seul contact avec la série de mangas de Yukito Kishiro.

Abandonnée par son papa, James Cameron

Tout ça pour dire qu’avant le long-métrage, Gunnm ne faisait ni chaud, ni froid. Que je n’y connais rien. Par extension (logique), je ne jugerais donc pas la qualité de l’adaptation. J’étais juste emballé pendant des années de découvrir cette adaptation cinématographique car James Cameron y était attaché. James Cameron + Cyberpunk, ça risquait de déménager. Quand le projet fut repris par Robert Rodriguez car le Cameron préférait se focaliser sur les suites d’Avatar, je m’en suis désintéressé. Au moins, comme le réalisateur du diptyque Sin City, un diptyque d’ailleurs à l’image de sa carrière (capable du meilleur comme du pire), récupérait un projet déjà très étoffé par le père de Terminator, on devrait donc ressentir sa touche.

Du cyberpunk ensablé

En découvrant la bobine finale, c’est clairement le cas. On croirait parfois que c’est lui qui l’a réalisé. Néanmoins, le Rodriguez a rajouté sa touche notamment pour l’ambiance du film qui n’est pas sans rappeler le Mexique : du cyberpunk ensablé, j’ai envie de dire. En gros, j’ai bien aimé l’ambiance même si je ne suis pas fan du style visuel mexicain. Au moins, c’est vivant. Pas comme certains films où t’as l’impression que les acteurs marchent dans une ville morte. Le Ghost in the Shell avec ScarJo, c’est pour toi ! Par contre, faut de temps en temps fermer les yeux sur les incrustations d’acteurs dans les décors numériques ou sur les ambiances forcées. Pour ce dernier point, j’ai surtout en tête quand Alita, l’héroïne, pénètre pour la première fois dans le stade où se joue le motorball. Les réactions du public autour d’elle sonnaient tellement faux à mon goût.

Amourette ado… mais pourquoi ?

Autre truc amusant à propos d’Alita: Battle Angel, ça dure deux heures, j’ai eu l’impression que ça durait trente minutes de plus. La faute à une trop longue exposition, mais surtout à une amourette ado qui m’a bien gonflé. Dans le film, Alita partage deux relations fortes, la première avec son sauveur, le docteur Ido joué par Christoph Waltz, et la seconde avec Hugo (Keean Johnson). Si la première m’a fait vibrer, notamment parce que, bordel, Christoph Waltz, il est excellent quoiqu’il fasse. La seconde m’a emmerdé pas possible. Tous les clichés de l’amourette y passent. Je ne sais pas comment c’est dans le manga, mais c’est franchement dommage.

À fond dans le délire cyberpunk

J’étais d’autant plus agacé parce que le reste n’était pas à ce niveau. Les combats, à défaut d’être prenant, sont au moins à fond dans le délire. Les têtes y sont décapitées, des membres arrachés et j’en passe. L’avantage de jouer avec des cyborgs, c’est que ça passe niveau censure. Quant au motorball, ça va à fond la caisse, toujours dans le même registre. Reste que je n’ai jamais vraiment réussi à être saisi. Il n’y a rien de particulièrement prenant vu que c’est du tout numérique. Concernant la dramaturgie de l’action, c’est assez plat. Il n’y a rien de nouveau également. Tout respire le déjà vu. Mais attention et j’insiste, ça reste quand même cool à suivre. Même constat pour le look des cyborgs, dans l’ensemble, c’est généreux et ça déchire (j’adore le dos de Zapan) même si je regrette que les incrustations de visage réel fassent parfois tanguer l’ensemble.

Une grande baie vitrée sur l’âme

Pour terminer, passons à l’atout numéro un d’Alita: Battle Angel. En plus de permettre la découverte de la magnifique Jennifer Connelly en lingerie. Tout simplement, Alita. Derrière elle, se cache l’actrice Rosa Salazar en capture de mouvements. Alors, franchement quand tu regardes Alita en photo, tu te dis… Mince, ces yeux… Ces foutus yeux ! Ridicule. Bonheur, pendant le visionnage, ça passe nickel chrome. Ça renforce même Alita parce que comme on dit « Les yeux sont les fenêtres de l’âme », ben là, on a carrément une grande baie vitrée sur l’âme. Quand en plus, il s’agit d’une héroïne qui arrive à être badass tout en conservant la candeur de son adolescence. Je dis banquo !

Par qui attend la suite de pied ferme, le14 février 2019.

Conclusion

Avec ses 200 millions de budget, Alita: Battle Angel est un gros blockbuster. L’ensemble n’est pas parfait, notamment à cause d’un trop-plein de numérique et d’une amourette ado relou, mais demeure tellement généreux que j’ai été obligé de prendre du plaisir. Ben quoi, ce n’est pas tous les jours qu’on a un film cyberpunk où l’héroïne arrive à être à la fois émouvante et badass. Alors quand, en plus, elle évolue dans un univers vivant avec une identité visuelle forte (surtout pour le look des différents cyborgs), je ne peux qu’adhérer. Maintenant, je demande la suite !

+

  • Alita
  • Look des différents cyborgs
  • Relation Ido / Alita
  • Ça y va pendant deux heures
  • Ce caméo surprise où j’ai cru que c’était James Cameron

  • Relation Hugo / Alita
  • Au niveau de l’action, j’espérais que ça claque plus
7/10

14 réflexions au sujet de “Critique : Alita: Battle Angel”

  1. pour répondre à ta question concernant la romance, elle est mieux amené parce qu’elle met plus de temps à se mettre en place dans le sens ou c’est galli qui tombe amoureuse d’hugo et lui est plus focalisé sur son rêve.
    De plus le personnage d’Hugo a un background très intéressant dans le manga et on connait les raisons de son obsession de rejoindre zalem au point de risquer sa vie et ça a été complètement zappé dans le film, ce qui rend au final le personnage très superficiel et moins attachant.
    Pareil pour la relation galli/ido qui est plus touchante dans l’oeuvre original et un peu trop survolé dans le film.

    Par contre l’amourette entre hugo et galli est indispensable parce qu’elle va jouer un rôle important dans l’évolution du personnage et si une suite était envisagé, on était obligé d’inclure ça dans le récit.

    • Merci pour tes réponses, c’est cool 🙂

      C’est en examinant les relations entre Alita et Hugo puis celle entre Alita et Ido qu’on se rend compte de l’importance d’avoir des excellents acteurs. Hugo et Ido, c’est un peu le même combat sauf que Waltz est bien plus expérimenté et arrive à insuffler de l’émotion (j’ai adoré le passage juste avant le motorball) alors que Hugo, pour moi, c’était le calme plat ou l’agacement. Tellement cliché, ce personnage en même temps.

      Après, j’avais bien compris que l’amourette était obligatoire. Mais du coup, je suis encore plus enthousiasmé par la suite, car on se débarrasse justement de cette amourette à la con !!! J’espère qu’elle va se faire et qu’on va en prendre plein la gueule.

      N’empêche qu’ils auraient pu mieux réussir cette amourette.

      • ah oui complètement, en voyant waltz, j’ai eu l’impression de revoir ido bien que ça fait au moins 15 ans ou plus que j’ai lu gunm (la 1ere serie, j’ai pas lu les suites)alors que l’acteur qui interprète hugo m’a laissé de marbre.
        Comme tu dis, ça aurait pu être mieux reussi. Il aurait simplement fallu selon moi respecter le matériel originel: Si mes souvenirs sont exact c’est quasiment une amour un sens unique jusqu’à la fin ou hugo comprend que galli est amoureuse de lui. Toutes les actions d’hugo tournent autour de son obsession de rejoindre zalem.
        Petit spoiler manga (en fait il essaye de réaliser le rêve de son grand frère qui l’a élevé et qui a été assassiné, la scène à la fin ou il essaye de remonter les tuyaux sont un acte de désespoir voire de folie lorsqu’il apprend qu’on lui a menti et qu’il n’y pas de moyen de rejoindre la cité).

        En fait il faut voir le film comme une espèce d’introduction mais même là la plupart des événements sont rushé, galli devient rapidement chasseuse de prime et quasi en même temps joueuse de roller ball alors qu’il s’écoule énormément de temps entre ces deux événements et on la voit vraiment exercer sa première profession en enchaînant les primes alors que le film fait l’impasse.

        Mais bon, ça reste quand même une bonne adaptation, mine de rien après nicky larson, ça fait deux bonnes adaptations de manga en deux semaines et c’est assez rare pour le souligner.

        • C’est le problème des adaptations, on est un peu obligé de bousculer certains évènements, mais pour le coup, je n’ai pas trouvé ça gênant dans le sens où on comprend implicitement que cela signifie.

          C’est clair que c’est dommage que le côté « amour à sens unique » ne soit pas davantage prononcé, ça aurait pu donner quelque chose de tragique. Néanmoins, on le ressent par moment. Comme si le réalisateur hésitait à aller plus loin.

          • oui mais ça a une incidence direct comme le prouve ta critique ou tu dénonces un manque de dramaturgie et je partage ton avis. En précipitant certains événement et en changeant la chronologie de l’histoire, ça change complètement le contexte et le caractère des personnages.
            La fin du film avec hugo est un des moment les plus fort du manga au niveau émotionnel. C’est juste qu’ils ont zappé le passé de hugo et ses motivations ce qui transforme le perso qui est à la base quelqu’un de torturé en une espèce de beau gosse qui veut juste aller rejoindre la ville de riche, sa relation avec galli est aussi beaucoup plus intéressante.

            Pareil pour les motivations d’alita, sa raison principale de devenir chasseuse de prime n’est pas la soif de combat ou l’argent mais protéger ido qui a failli se faire tuer car contrairement au film, elle voit ido comme un sauveur et un père et lui la considère comme sa fille et c’est pareil pour le roller ball, elle ne le fait pas parce que c’est fun ou pour s’éclater mais plus par dépit et pour combler un vide parce que cette partie de l’histoire arrive justement après l’événement finale du film donc l’état d’esprit dans lequel elle se trouve et sa façon d’aborder ce sport sont complètement opposé.
            C’est pour ça que le film laisse un sentiment d’inachevé même à ceux qui n’ont jamais lu le manga ou vus les oav et j’ai eu l’impression à certains moment de voir un « titanic » en mode cyberpunk mais bon, le film reste selon moi une bonne adaptation mais je suis pas non plus un fan « hardcore » de « gunnm ».

          • J’ai lu quelque part que la partie qui intéressait le plus James Cameron dans Alita était le motorball. Ce qui peut expliquer pourquoi cette partie a été forcée pour apparaître plus tôt (dès le premier film, quoi).

            Titanic conserve tout de même l’avantage que ses héros sont véritablement explorés. Ici, seule Alita l’est vraiment. Mais bon, ça devient difficile de comparer un long-métrage de 3h 15mn à un autre qui fait 2h.
            Puis mince quoi, Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, c’est le haut du panier en terme d’acteurs. Les deux partagent une alchimie qui est tout simplement folle et qui existe dans la vraie vie. On peut simuler beaucoup, mais il y a des limites.

  2. Avis perso

    Alors avant de commencer, sachez que je n’ai pas (encore…), lu les manga. Du coup je ne pourrait pas vous dire si le film est fidèle a l’oeuvre de Yukito Kishiro. Même si j’ai déja eu des écho de certains fan (mes deux frangins par ex).

    Pour vous la faire court, j’ai adoré le film….Ça s’était pour la version courte ^^.

    Pourtant les 10er minutes du film, j’était pas confiant (rien de honteux), mais ca démarre vraiment timidement, et les perssonage sont trop vite présenter d’un coup, et pas forcément en subtilité, bref pas une intro qui m’a mis les fesse par terre.

    Heureusement le film se réveille trés vite, et trouve sont rythme de croisière, ainsi que c’est personnages. Ça devient bien plus intéressant au fur et a mesure que le film avance, notamment dans la narration, couplé a sont sens visuel juste bluffant.

    Je dois dire que le perssonage d’Alita m’a convaincu de A a Z, et pourtant lors du 1er Trailer j’était plus que septique. Mais Weta a encore fait des miracles, après des perssonage comme Gollum ou Caesar, ont a un perssonage en motion capture plus « humain » que la norme. Et sa marche du feu de dieu, l’actrice Rosa Salazar n’y est pas non plus étrangère, ont lui doit beaucoup, elle arrive a donner vie a sont perssonage, et a créer de l’empathie tout le long du métrage.

    Les autres perssonage du film sont réussi, notamment la relation Dyson/Alita. Assez décu du perssonage de Mahershala Ali (au vu de l’acteur, il est en sous régime la). Certain dialogue assez moyen (notamment au début du métrage). C’est les seul reproche que je pourrait faire au film, autrement j’ai pris une jolie baffe.

    D’ailleurs le groupe de chasseur (les cyborg), sont une excellente idée, dommage justement qu’il soit trop inexploité (au vu de leur charisme, et visuellement ce sont des réussite).
    Un plaisir aussi de voir quelque guest comme Jeff Fahey….(ce bon vieux Lapidus de Lost ^^), un habituer des films de Rodriguez. Et pleins d’autres encore, qu’ils soit connu ou non, l’acteur de fin j’y croyez pas (belle surprise ^^).

    Ensuite je dois admettre que c’est quand même bizarre de voir Rodriguez faire du Cameron (dommage qu’on retrouve pas un peux sa « touche » a lui). Non pas que je soit fan du Monsieur (même si j’admet volontiers que je suis fan de 4 de c’est film : Une Nuit En Enfer, The Faculty, Sin City et Desperado). Mais en soit, c’est pas dit tout dérangeant, surtout pour ce genre de film. Au contraire, je pense que c’est le genre de prod dont il fallait absolument s’éloigner des effet de « style » du réa, ca n’aurait pas coller je pense.

    En bref, une réussite a mes yeux, aussi bien visuellement (qui peut rappeler la même maestria visuelle qu’un certain « Speed Racer » lors du Motorball, ce qui fait toujours un bien fous), que techniquement. Mais avant tout autre chose, le film a quelque chose a dire, et y injecte tout sont coeur (qui lui est humain).

    Ce genre de (grosse), production manque cruellement, et c’est bien dommage que le BO ne suivent pas ce genre de films (sadly).

    Franchement étre dans un monde ou des suites de gros films de Super Héros comme Ant Man ou Suicide Squad existe (ou vont l’être), et pas Alita…Ça me ferait mal au cul !

    8,5/10

  3. Bien, ça fait un peu longtemps que je suis plus venu, ça va me permettre de rattraper le temps perdu. Avant toute chose, je précise que je n’ai jamais lu Gunm (j’ai juste checké vaguement quelques informations sur l’univers du manga avant d’aller voir le film hier) et j’ai juste été attiré par la BA du coup je ne jugerai qu’en tant que film. Donc voici mon avis :

    Les + :
    – Alita. Déjà physiquement, elle ressemble à un poisson-globe mais ça passe très bien. Et ensuite niveau personnalité…je la trouve presque craquante. Sa gueule d’ange la rend très mignonne, sa joie de vivre et de découverte (en dehors d’un moment gênant que je vais citer plus tard), son peps, elle a fait mouche et je l’ai beaucoup aimée. Bien entendu, j’ai aussi aimé les moments badass qui parcourent tout le film quand elle est en pleine action. Son côté affirmé et rebelle la rendent encore plus attachante surtout qu’ils n’en font pas des caisses en mode « Femme forte indépendante qui écrase les mecs parce qu’une femme forte ça commande les mecs et pas besoin de plus » (oui Harley de Telltale, c’est toi que je regarde). Même son côté un peu arrogant et dédaigneux quand elle se la joue badasse m’a plu tout comme la réparti dont elle est capable. Le meilleur point du film pour moi.
    – Ido. Outre le fait que Christopher Waltz est absolument génial (comme d’hab en fait), le personnage en lui-même est très sympathique. Le côté « Tu es mon papa » à la fin du film m’a un peu agacé mais sans plus car le personnage n’est pas juste une vague figure paternelle, il se bat, a son propre passé dramatique sans pour autant se laisser tomber dedans, bref bon point.
    – Les acteurs de manière générale.
    – Les punchlines entre Zapan et Alita dans le bar. Encore une fois, elle ne se laisse pas faire, rentre rapidement dans le jeu et ça me plaît.
    – Les combats. Violents mais gracieux en même temps et inventifs. Et surtout différents car adaptés aux adversaires de Alita.
    – Comme souligné, le design des robots.
    – Francis !!!!
    – Le build-up autour de Nova. J’ai beaucoup aimé cette façon d’amener le personnage. Sa présence et sa puissance se ressentent sans avoir besoin de trop insister là-dessus, on montre un adversaire redoutable et vraiment dangereux avec une personnalité qui (faut l’avouer) est typique du scientifique fou (ce qu’il est apparemment) mais bien mise en place. Même quand il apparaît sans parler, il a une vraie présence je trouve.
    – Les FX de manière générale.

    Les – :
    – Hugo/Alita. Oh bordel, cette romance absolument NULLE et gênante. Un coup d’oeil et hop, elle tombe amoureuse, le gars qui n’hésite pas à démembrer des êtres conscients (robots ou non, ils ont une conscience) pour que Vector s’en serve comme monstres de foire puis finalement, l’amour l’a changé donc du coup il veut plus faire ça parce que c’est mal ! La scène finale, à grand renfort de cris déchirants et de ralentis dramatiques, était pathétique. Et bien sûr à la fin, Hugo qui ne rêvait que de monter à Zalem, au point de (je répète) démembrer des êtres conscients pour y parvenir entre en mode « Ah ben en fait t’as raison, je préfère abandonner mon rêve de toujours pour que toi et moi on vive ensemble comme des fugitifs mais au moins on est ensemble donc même si on va être pourchassés comme des animaux, ça va !. » Déjà que j’ai du mal avec les romances en général, alors là…
    – Hugo lui-même. Je ne sais pas comment il est dans le manga mais là je priais pour que Deadshot (oui, j’ai joué à Injustice avant d’aller le voir) apparaisse de nul part et lui tire une balle en pleine tête. Il était intéressant au début dans le fait qu’il ne tombait pas immédiatement amoureux d’Alita et gardait son rêve en tête mais ensuite il devient juste un amoureux transi cliché. Et même au départ, ce gars est l’archétype de l’ado un peu benêt, mystérieux, gentil mais travailleur. sa mort ne m’a pas fait hurler de joie comme le droïde de Solo mais j’étais loin d’être triste en le voyant disparaître.
    – Le discours d’Alita dans le bar. Cette gênance absolue…
    – Les amis d’Hugo. La seule raison pour laquelle ils existent, c’est pour servir de background à Hugo. Mention spéciale à la rivalité entre lui et son pote qui est inutile au possible.
    – Les dialogues gnan-gnan au possible. Qu’Alita soit naïve parce qu’elle (re)découvre le monde mais il y a des limites à ne pas franchir et ce film les franchie toutes. Mention spéciale à la scène du coeur, navrante ua possible à l’exception de ce que dit Hugo sur le fait de ne pas se sacrifier pour ceux qu’on aime….ce qui’l fera lui-même plus tard.
    – Tout va bien dans l’histoire. Tout est là où ça doit être, au parfait moment et de la manière la plus parfaite qui soit pour la direction souhaitée. On voit tout venir à dix milles kilomètres tellement c’est évident. S’il fallait une preuve que le seul vrai Dieu qui existe au cinéma est le Dieu des Coïncidences, elle est là.
    – Le fait qu’en dehors d’Alita et de Ido, les autres personnages sont plats au possible.
    – Iron City. Un magnifique décalage comme j’en ai rarement vu. Pendant tout le film, on nous dis que c’est un endroit presque horrible à vivre, la situation est difficile, les gens içi ne sont rien, le crime règne, les chasseurs de prime violents font la loi, bref une horreur. C’est en théorie. Dans les faits, même les étages supérieurs de Coruscant sont plus pourris que ça. Sérieusement, y a des ruines mais en dehors de ça la ville est colorée, les gens ont pas l’air de tant crever de faim ou de soif que ça tout le monde semble avoir un toit (et généralement le toit en question est pas si mal que ça) et prend du plaisir à vivre à plusieurs reprises, les ressources n’ont pas l’air de vraiment manquer, même à l’extérieur il y a des forêts luxuriantes, des champs verdoyants avec des cultures et les murs de la ville sont loin d’avoir une gueule horrible qui tendraient à indiquer que l’endroit est un enfer absolu avec toutes ses fontaines. Même au niveau « crime », en dehors de Gruishka (ne sais pas comment l’écrire) et des primes, ça a pas l’air sir extrême que ça.C’est pas le pire taudis de l’univers mais c’est loin d’être aussi horrible que décrit. Du coup, à chaque fois qu’on dit que les gens désespèrent et aimeraient avoir une meilleure vie pour échapper à un enfer, ben c’est complètement idiot et ridicule pour moi. C’est quoi l’intérêt de chercher à fuir un supposé Enfer si l’Enfer est aussi peu agréable que le carnaval limite ? Pire point du film qui nuit totalement à l’immersion.
    – Le fait que comme dans tous les films hollywoodiens, tuer des humains c’est grave mais tuer le petit animal mignon, c’est le signe que lui, c’est le mal absolu. Parce que oui, tuer un petit chien est plus horrible que de massacrer des femmes la nuit (ben oui, pareil pour les gosses, on peut pas les tuer sinon l’histoire est trop dark, c’est pas bien, ils ont un totem d’invulnérabilité, pardon mais cette tendance débile ça commence à m’agacer). C’en est au point où les chasseurs de prime sont tous colère après le coup du chien alors qu’ils étaient clairement en mode « nope, démerdes-toi » juste avant. Ben oui attends, tu démembres des femmes la nuit, on a peur de toi surtout qu’on est sans foi ni loi de base nous , par contre tuer un petit chien, là d’un coup on a des principes parce tu comprends ça se fait pas, on a tous le regard en colère et y en a même un qui vient aider contre toi.
    – Le cliffanger. La dernière fois que c’était aussi mal amené, c’était dans Eragon. ERAGON bordel.
    – Mise en scène clichée. Surtout la scène de découverte du vaisseau.

    – Indécis :
    – Le texan. J’arrive pas à déterminer si c’est horriblement con ou tellement ridicule que ça en devient génial.
    – Le fait que j’ai pas arrêté d’avoir Brainiac en tête en voyant l’armure de Alita.

    Au final, quelle est mon opinion sur Alita ? Mauvais. Il y a de très bons points, une héroïne attachante et badass en même temps, les fx sont bons mais le reste oscille entre la naïveté navrante et la stupidité clichée pendant que le Dieu des Coïncidences s’assure que tout se passe comme le dit le scénario. Le film en devient ridicule la plupart du temps, les clichés s’empilent comme pas possible et on a droit à une des romances les plus mièvres que j’ai vues ces derniers temps. Et encore une fois, le coup du chien qui m’agace. Le pire étant que finalement, Iron City est loin d’être aussi horrible, est même plutôt agréable et que du coup ça casse complètement le propos du film et le supposé living hell duquel les persos souhaitent s’échapper. Ce n’est pas horrible non plus, c’est divertissant. Mais c’est pas bon pour moi.

    Note : Encore une fois, je ne connais pas le manga d’origine donc je juge le film uniquement en tant que film et non pas en tant qu’adaptation ou par rapport à son matériau d’origine. En tant que film seul, voilà ce que ça donne pour moi. Divertissant mais pour pas mal de mauvaises raisons.

    7,5/20

    • Ouah, encore une fois, c’est un régal à te lire.

      Ça ne m’avait pas gêné sur le coup, mais tu fais mouche concernant Iron City. Le seul moment où on ressent le côté coupe-gorge, c’est durant la nuit où les rues sont désertes. Ça fait un contraste assez bizarre avec le jour. Comme si on était dans deux villes différentes.
      Ce qui m’a gêné aussi, je ne sais plus si je l’ai dit dans la critique, c’est que j’ai l’impression qu’on soit dans une ville mexicaine. Ça ne colle pas avec les origines du manga à mon goût.

      Pour le coup du chien, il me semble que seul le chasseur de primes avec des chiens s’en mêlent, non ?

      PS : ça aurait été bien un petit headshot pour Hugo dès le début du film, histoire de s’en débarrasser, direct.

      PS2 : les amis d’Hugo, je vote pour. Car cette Fatality de Zapan <3

      PS3 : sinon toi aussi, tu as cru que Nova, c’était James Cameron ?

      • Ah merci beaucoup, c’est comme toi, tes critiques sont toujours excellentes !

        Même pendant la nuit, j’ai du mal. D’accord, c’est plus glauque mais même, c’est bien trop animé et « normal » (genre chacun vaque à ses occupations tranquille avec ses soirées) à pas mal de reprises pour qu’on ai vraiment l’impression d’un endroit horrible. Alors certes, y a G. et les chasseurs et oui c’est plus vide mais c’est pas le cas partout. Le seul endroit qui correspond à ça, c’est la déchetterie. Le reste est trop ordonné et propre.
        Des fois oui, le côté mexicain ressortait, ça faisait vraiment bizarre. Un truc qui m’a aussi perturbé, entre les armures, la gueule de la ville, le côté futuriste, c’est que j’arrêtais pas de penser à FF, en particulier FF XIII. C’était…très perturbant par moments. Je m’attendais à voir Lightning arriver et tout péter (et franchement, j’aurais préféré).

        PS / Encore au début, ça va il est intéressant par sa dualité et que même s’il tombe amoureux, il garde en tête son rêve au point de faire ce qu’il fait. C’est après que ça devient bien navrant et pathétique.

        PS 2 / C’est surtout la rivalité qui est terriblement inutile. Je n’ai pas lu le manga mais qu’est-ce que ça vient foutre là ? En quoi c’est utile de montrer cette merde ? Non seulement c’est inutile mais en plus le personnage est horripilant pour rien.Si on avait pu explorer un peu plus qu’en une phrase le ressentiment (tout à fait justifiable au vu des circonstances du mec), ok mais là non, c’est juste un emmerdeur parce qui’l en faut un. Et un autre détail, comme il sait ce qu’elle est exactement ? Nan parce que à part lui, la fille qui l’accompagne, Ido, l’assistante (qui ne sert à rien non plus tiens), personne ne semble le remarquer ça. Mais oui, au moins, la Fatality était magnifique !

        PS 3 / J’ai cru moi aussi quand il a enlevé ses lunettes et puis en fait non ^^.

        • Dans le style, la ville de Ready Player One était bien plus réussie. On ressent vraiment cette sensation de vouloir s’échapper pour une vie meilleure.

          Après, le point qui m’a le plus surpris, c’est que personne ne veuille fonder une ville ailleurs parce que la nature semble être revenue comme tu le soulignes. J’étais là… mais c’est vachement beau. Pourquoi s’emmerder à rester en ville ?

          • Je n’ai pas vu RPO (et ça ne m’intéresse vraiment pas) mais oui effectivement, ça évoque bien plus un enfer de ferraille.

            Très simple : les gens (en tout cas la plupart) s’y sont habitués et sont satisfaits de leur vie. Et c’est justement le problème. Le film entier repose sur le côté supposément dur et invivable de Iron City, avec Zalem incarnant à la fois l’espoir d’une vie meilleure (Hugo et d’autres) et l’oppression des puissants et même presque des dieux (Alita) par rapport à une sorte d’enfer où la survie est le maître mot. Là, à part deux trois problèmes avec des chasseurs de primes (et encore, je les trouve plutôt sympas), de la violence la nuit certes et des robots un peu trop collants…ben la vie est pas si mal. Sinon, ils seraient UN MILLIARD à essayer de monter au vu du peu de contrôle qui est exercé sur la population. Comment péter le plot d’un film dès le départ.

          • J’essaierai de trouver le temps, là j’avoue que mon programme perso est un peu chargé et ça risque pas de s’améliorer ^^.

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