Critique : Onimusha : Way of the Sword

Onimusha renaît de ses cendres

Fiche

Titre Onimusha : Way of the Sword
Éditeur Capcom Développeur Capcom
Plate-forme Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Windows, Xbox Series X/S Date de sortie 04 / 09 / 2026
Joué sur PlayStation 5Game Genre Action, Aventure, Drame, Fantastique, Historique, Horreur

Critique

Quelle année pour Capcom ! Déjà avec Pragmata (même s’il m’a un peu déçu), puis mon coup de cœur, Resident Evil Requiem. Avant que le film de Zach Cregger ne fasse un petit carton au point de relancer les ventes des jeux vidéo. Pour finir l’année en beauté chez l’éditeur nippon, quoi de mieux que la résurrection d’une franchise que je pensais tombée à jamais dans les limbes : Onimusha.

Retour d’entre les morts

Ce terme signifie “guerrier des onis”. “Oni” est un terme japonais qui désigne des créatures du folklore du Japon. Bref, cette franchise est née d’une volonté de faire une sorte de déclinaison samouraï de la saga Resident Evil. Son premier opus, sorti en 2001 sur la PlayStation 2, portait le nom d’Onimusha: Warlords. On y retrouvait l’acteur Takeshi Kaneshiro dans le rôle-titre. J’avais adoré. C’était un vrai kif d’avoir un gameplay à la RE mais où on pouvait découper les ennemis au katana. À ce moment-là, il ne m’en fallait pas plus.

Un an plus tard, il avait déjà droit à une suite : Onimusha 2: Samurai’s Destiny, dont je n’ai que peu de souvenirs sinon de l’avoir plutôt appréciée. Puis le jeu improbable, un de mes souvenirs les plus forts de ma vie de gamer : Onimusha 3: Demon Siege (2004). On y retrouvait Takeshi Kaneshiro aux côtés de… Jean Reno. Oui, notre trésor national ! Cerise sur le gâteau, une partie du jeu se déroulait à Paris ! Énorme ! Il y a eu un dernier épisode : Onimusha: Dawn of Dreams (2006), mais je l’ai zappé, refroidi par les critiques moyennes.

Vingt ans plus tard, Capcom ressuscite sa franchise avec son moteur phare, le RE Engine, et nous invite à suivre la voie de l’épée. Et quelle voie !

Le Nioh que j’attendais

Il ne faut pas attendre longtemps pour piger qu’on est devant un grand jeu. Rien qu’avec la cinématique d’ouverture servant à introduire le héros Musashi, c’est une évidence. L’ambiance est badass, le héros est charismatique (bien aidé par sa petite pointe d’autodérision et son caractère proche d’un héros de shōnen) et surtout, il y a de l’humour et de la violence comme on les aime. Ce qui m’a le plus épaté, ce sont les expressions faciales. Les visages ont une vraie vie. Plus tard dans le jeu, cet aspect sera mis en avant quand le grand méchant se saisit le visage pour le contorsionner, l’effet est bluffant !

Bref, cet Onimusha est le Nioh que j’attendais. Une aventure épique avec des personnages mémorables et des cinématiques inspirées, dans la pure lignée des excellents jeux de Capcom. On retrouve d’ailleurs beaucoup de la construction de Requiem avec ce mélange de passages en couloirs et de phases en zone ouverte. L’alternance est assez bien gérée : elle offre des temps forts et des temps faibles, parfaits pour améliorer son équipement grâce à des quêtes secondaires souvent intéressantes. En tout cas, je me suis suffisamment pris au jeu pour boucler l’intégralité de ces quêtes annexes (et c’est rare).

Lames, parades et sang froid

Mais là où le titre brille vraiment, c’est clairement au niveau de ses combats. On est sur des affrontements très nerveux où la maîtrise du rythme et la lecture de l’adversaire sont indispensables. Ils sont très rares, les moments où l’on peut se permettre de se relâcher, car, comme dans un Souls, on peut facilement se retrouver en difficulté même face aux ennemis les plus faibles.

Là où Onimusha: Way of the Sword se sublime réellement, c’est quand arrivent les combats de boss. Je les ai trouvés diversifiés et assez durs sans qu’ils ne soient jamais abusés (Consort Radahn, je ne t’oublierai jamais !). Chacune de mes défaites, c’est juste parce que j’ai chié dans la colle en paniquant. Au moment de relancer l’affrontement, je prenais un temps pour souffler et apaiser mon esprit, afin de rentrer dans un véritable duel au sabre où la parade est primordiale. Bref, j’étais devenu un vrai samouraï !

Petit conseil au passage : n’hésitez pas à abuser des déviations en mode défense (L1 + X). Car si les déviations sans garde sont redoutables, un raté peut vite se solder par une mort subite contre les boss les plus coriaces.

Le recyclage n’a pas toujours du bon

Au final, le seul vrai défaut que je relèverais, c’est que les ennemis basiques et les mini-boss reviennent un peu trop souvent à mon goût. En tout cas, vers la fin, je peux dire que je les maîtrisais, car je les défonçais sans trop de difficulté. Tout ça grâce à l’excellence de la maîtrise de progression : le héros monte en puissance, mais le joueur aussi, avec l’apprentissage par cœur des patterns ennemis.

Si l’histoire n’offre pas de réelles surprises en déroulant un parchemin bien connu, la maîtrise de la narration est palpable. On a droit à énormément de scènes épiques grâce à de superbes cinématiques et un casting de personnages marquants. C’est clairement l’un des gros atouts du jeu.

Tout comme les graphismes d’ailleurs, portés par le redoutable RE Engine, mais aussi par une direction artistique inspirée où seule la redondance de certains ennemis pêche un peu. Pour couronner le tout, la durée de vie est très honnête pour le genre. J’ai mis 25h pour plier l’histoire, avec pas mal de quêtes secondaires dans le lot.

Par , parti sortir les griffes.

Conclusion

Vingt ans après mes premiers kifs sur PS2 avec Takeshi Kaneshiro, je n’aurais jamais parié sur un retour aussi fracassant d’une licence que je pensais d’ailleurs morte et enterrée. S’il souffre d’une légère redondance de son bestiaire et des mini-boss, son gameplay aux petits oignons, ses personnages charismatiques et son histoire accrocheuse font d’Onimusha: Way of the Sword une véritable pépite.

+

  • Des combats nerveux et gratifiants
  • Des boss mémorables
  • Musashi, un héros réussi
  • Une mise en scène béton

–

  • Redondance des ennemis
9/10
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