Critique : Marty Supreme

Le smash gagnant de Josh Safdie et Timothée Chalamet

Fiche

Titre Marty Supreme Titre VO
Réalisateur Josh Safdie Scénaristes Ronald Bronstein & Josh Safdie
Acteurs Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, Fran Drescher, Tyler Okonma
Date de sortie18 / 02 / 2026 Durée2h 29
GenreDrame, Sport Budget65 000 000 $

Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, est prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que rien ne lui est impossible.

Critique

Ça faisait un moment qu’il me faisait de l’œil, celui-là ! D’autant plus qu’avec les super retours et une date de sortie française vachement tardive (le film est sorti depuis fin décembre aux States), j’ai dû ronger mon frein.

Le nouveau poids lourd d’A24

Car Marty Supreme n’est pas n’importe quel film : il s’agit du nouveau A24, mais aussi de leur projet au plus gros budget, surpassant Civil War (2024) et son budget de 50 millions de dollars. Et ils ont eu du flair, car c’est aussi celui qui a ramené la plus grosse valise de billets verts (150 millions au moment où j’écris ces lignes), dépassant Everything Everywhere All at Once (2022) qui en a ramené une avec 147,9 millions.

Il s’agit également d’un premier gros projet solo pour Josh Safdie, son petit reuf Benny ayant préféré réaliser Smashing Machine (2025). Hasard ou pas ? Les deux films parlent de sport. Mais si Dwayne Johnson casse des gueules à mains nues, Timothée Chalamet, lui, joue à la petite baballe avec une raquette. Toutefois, le parti-pris diverge très rapidement. Alors que Benny s’attache à être le plus fidèle possible à la réalité, Josh prend des libertés avec la vie du champion de ping-pong Marty Reisman pour livrer une œuvre totalement folle, naviguant entre film de sport, drame et film noir, le tout avec un Timothée Chalamet au sommet de son art.

Lisan al-Gaib fait du ping-pong

En même temps, qui sera surpris vu qu’on parle du Lisan al-Gaib ? L’acteur était tellement à fond dans le rôle qu’il s’entraînait au tennis de table depuis… 2018 ! Il continuait même pendant le tournage d’autres films, comme Wonka (2023) ou Dune : Deuxième Partie (2024), en voyageant carrément avec sa propre table !

Quoi qu’il en soit, dans Marty Supreme, Chalamet est exceptionnel. De quoi le propulser parmi les favoris aux Oscars. Dans un style qui n’est pas sans rappeler le Al Pacino de la grande époque, il campe un Marty Reisman ni totalement bon, ni totalement méchant. Tout simplement un homme « plus grand que nature » avec un objectif en tête dont il ne déviera pas, quitte à s’attirer des galères pas possibles et à faire du mal autour de lui. Un personnage charismatique clairement fascinant.

Autour de Chalamet, Josh Safdie ramène quelques acteurs forts, notamment le légendaire Abel Ferrara et Odessa A’zion (que j’ai confondue avec Tatiana Maslany). En fait, j’ai cru que cette dernière avait eu recours à du maquillage, comme Chalamet. Pour l’anecdote, le maquillage de ce dernier était si convaincant que Gwyneth Paltrow a même suggéré en privé à l’acteur de tester le « microneedling » pour traiter ses « cicatrices d’acné » !

New York, New York

Mais surtout, Safdie a réussi à faire revivre le vieux New York en captant son énergie poisseuse et électrique d’une manière si convaincante que je me croyais devant un Scorsese à ses débuts. Un véritable tour de force qu’il poursuit lors des scènes de matchs de ping-pong : elles sont poignantes (l’entraînement de Chalamet a clairement payé), même si l’issue ne fait malheureusement pas vraiment de doute. Si ces scènes ne sont pas le cœur du film, il fallait qu’elles soient réussies pour que l’ensemble tienne debout. Mission accomplie.

Pour couronner le tout, il utilise le personnage du champion de tennis de table Béla Kletzki pour sortir une anecdote vraie sur la Seconde Guerre mondiale absolument sidérante et qui dit beaucoup de la vie dans les camps de concentration.

Par ayant déjà bien envie de revoir le film.

Conclusion

Si vous pensiez que le ping-pong ne présentait que peu d’intérêt pour le septième art, Josh Safdie va vous faire changer d’avis. En alternant revers dramatiques et coups droits esthétiques, Marty Supreme évite l’écueil du biopic classique. Timothée Chalamet, en véritable métronome, maintient l’échange avec le spectateur jusqu’à la dernière seconde. Un smash magistral qui ne finit pas dans le filet.

+

  • Chalamet en mode Lisan al-Gaib
  • La réalisation de Josh Safdie
  • Histoire naviguant entre plusieurs genres

9/10
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires