JCVD : pourquoi tant de haine ?

Aaaaaaaaaah, Jean-Claude Van Damme, JCVD pour les intimes. Acteur star et action hero des années 80/90, il a malheureusement connu une lente descente aux enfers, dont il est probablement responsable, je ne le nie pas, mais qui a également été bien monté en épingle tant il a subi de plein fouet la naissance du troll internet, la naissance de la télé réalité et je citerais Karim Debbache : « J’en ai ras le cul d’entendre les gens dire du mal de lui depuis qu’une poignée de journalistes en manque de têtes à trancher ont passé des années à lui cracher à la gueule. Jean Claude, il est cool ! ».

Alors aujourd’hui, on va lancer un grand cri du cœur vers la Belgique. Aujourd’hui, on re-aime tous JCVD !

JCVD : Origins

Jean-Claude Van Varenberg le 18 octobre 1960 à Berchem-Sainte-Agathe en Belgique, Jean-Claude Van Damme est un acteur, réalisateur, producteur, scénariste et péteur de tronches en série belge.

Il découvre le karaté, le body-building et la danse classique (no joke) vers l’âge de 10 ans et quitte l’école vers 16 pour se consacrer pleinement à son art. Il devient ceinture noire à 18 ans et, selon sa biographie officielle, remporte plusieurs titres nationaux et européens, bien que tout semble indiquer que c’est faux.

American Dream

En 1982, il décide de tout plaquer et de tenter sa chance aux États-Unis, malgré une faible connaissance de la langue. Il enchaîne alors les petits boulots pour survivre, notamment entraîneur personnel et chauffeur de limousine, ce qui va lui permettre de faire des rencontres utiles pour la suite. Cela va lui permettre de décrocher ses premiers petits rôles, souvent de méchants, comme dans L’Arme Absolue ou l’indispensable Karaté Tiger de Corey Yuen (à voir si vous voulez vous lancer dans le nanar, ce film est une merveille). On lui propose ensuite d’incarner le Predator dans le film éponyme, mais il quitte rapidement la production, même si certains plans restent visibles dans le film. 

Mais c’est quelques mois plus tard, à la sortie d’un restaurant, qu’il décide de tenter le tout pour le tout en faisant une démonstration de ses talents au producteur Menahem Golan, qui, convaincu, lui propose le rôle de Frank Dux dans le film qui va le faire exploser, Bloodsport.

Il enchaîne alors les films à succès et gagne sa place dans notre désormais célèbre Sainte trinité de la tatane.

Grand cinéphile et fan de cinéma asiatique, il participe grandement à l’arrivée de John Woo (Chasse à l’homme), Tsui Hark (Double Team, Piège à Hong-Kong) ou encore Ringo Lam (Risque Maximum, Replicant, In Hell) à Hollywood, car il rêve de tourner avec eux. Les films valent ce qu’ils valent, mais on peut lui reconnaître le mérite d’avoir fait venir des réalisateurs incroyablement talentueux qui malheureusement se feront broyer par la machine hollywoodienne avant de repartir vers Hong Kong pour remettre leurs carrières sur de bons rails.

La fin d’un règne

Il va connaître, en 1995, son premier échec commercial, Mort Subite, un ersatz de Die Hard comme il en existait des kilos à l’époque.

Il décide donc, en 1996, de réaliser son premier film, Le Grand Tournoi, une sorte de remake de Bloodsport dans laquelle, à l’instar de Bruce Lee avec Le Jeu de la Mort, il fera apparaître ses amis dans le rôle des autres combattants. Le film sera malheureusement un échec, le glas des action heroes ayant sonné avec l’arrivée des années 2000.

Il va dès lors enchaîner les films direct to DVD. Rien de bien savoureux à se mettre sous la dent, tant ils sont à mi-chemin du navet et du nanar. Malgré le touchant JCVD ou bien encore le déjà cultissime Expendables 2, il ne connaîtra plus le succès comme lorsqu’il était dans son prime.

On t’aime, JC !

J’aime JCVD, je trouve qu’il ne mérite pas ce qu’il subit ou a subi. Il représente, selon moi, une part plus qu’importante de la culture du cinéma d’action. Il a amené un souffle nouveau au film de bagarre (prononcer bagjarre), dans la façon de raconter, de filmer et de mettre en scène l’action. Si l’on compare à l’autre star du film d’arts martiaux, Bruce Lee, où tout va très vite et ou l’on met en avant les capacités, la vitesse de l’acteur, à l’inverse, avec Jean-Claude, on montre l’action, l’esthétisme des mouvements qui, j’en suis sûr, ne servirait à rien dans une vraie bagarre, mais putain, c’est beau à l’image !

Ce gars aime tellement le cinéma qu’il a fait venir des mégas stars de Hong Kong uniquement pour tourner avec eux. Les films qui en ont résulté ne sont pas oufs, mais c’est la machine hollywoodienne qui les a broyés. Ce n’est pas Jean-Claude qui a supprimé presque 20 minutes de film sur Chasse à l’homme pour qu’il ne soit interdit qu’au moins de 12 ans. Ce n’est pas Jean-Claude qui a demandé à Tsui Hark de ne pas faire du Tsui Hark. Il s’implique dans ses films à fond, il aime ce qu’il fait et ça transpire à l’écran. Il n’a jamais été un grand acteur, même s’il est plus que convaincant dans JCVD, mais il donne toujours tout. 

Quant à ses monologues, souvent repris brut de pomme, juste histoire de se foutre de sa gueule, je vous rappelle, qu’actuellement, en France, des milliers de personnes suivent quotidiennement les aventures de jeunes décérébrés, tenant des propos bien plus incohérents et ceux, dans leurs langues natales, eux ! Mais je vois beaucoup moins de monde s’insurger face à cette lente déliquescence de l’intelligence. 

Les années 80 sont la naissance de la pop culture, qui nous relie tous sur Le blog de Marvelll. On est là parce qu’on aime les super-héros, les comics, les mangas, l’action, la SF, le fantastique, parce qu’on cherche et on prend de la culture partout. Preuve en est un retour en force des années 80 auquel on assiste en ce moment même. En 2020 hein, si vous lisez cet article en 2037, je ne sais pas trop où on en sera.

Je ne suis pas idiot ni aveugle, Jean-Claude Van Damme n’est pas un ange, ni même un immense acteur. Je ne le connais pas personnellement, c’est peut-être un mauvais être humain également. Mais je sais ce que lui et nombre de ses collègues m’ont apporté et m’apportent encore aujourd’hui.

Arrêtons de déconstruire nos idoles, arrêtons d’appuyer uniquement là ou ça fait mal et regardons-les dans leur globalité, pour ce qu’elles ont apportées. J’aime la pop culture et je vous conseille de faire pareil parce que sinon, c’est double high kick rotatif dans la bouche !

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