Critique : Un été à Osage County

Définition d’une famille

Fiche

D’après la pièce de théâtre de Tracy Letts
Titre:Un été à Osage County
Réalisateur(s):John Wells
Scénariste(s):Tracy Letts
Acteurs:Meryl Streep, Julia Roberts, Chris Cooper, Ewan McGregor, Margo Martindale, Sam Shepard, Dermot Mulroney, Julianne Nicholson, Juliette Lewis, Abigail Breslin, Benedict Cumberbatch, Misty Upham
Titre original:August: Osage CountyDate de sortie:26 février 2014
Pays:États-UnisBudget:25 000 000 $
Genre:DrameDurée:2h 01

En famille, on se soutient. En famille, on se déchire… Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…

Un été à Osage County

La jeune femme à gauche vient d’annoncer qu’elle s’est tapé le colonel Moutarde dans la cuisine avec le chandelier… Oui, tapé, pas tué. Je n’ose même pas imaginer l’utilisation du chandelier.

Critique

Après une longue carrière à la télévision notamment sur la série Urgences dont il a écrit et réalisé plusieurs épisodes et un premier long-métrage tout à correct mettant en scène Ben Affleck et Tommy Lee Jones (The Company Men), John Wells adapte une pièce de théâtre de Tracy Letts (aussi impliqué au scénario) nous invitant à passer août à Osage County, Oklahoma.

Fort d’un casting de très haut niveau avec en figure de proue l’inusable Meryl Streep, qui trouve ici un de ses meilleurs rôles, Un été à Osage County offre un moment de famille qui semble puiser dans notre expérience à tous. En tout cas, j’ai retrouvé pas mal d’éléments de ma vie privée dans ce film.

Immortelle Meryl Streep.

On ne va pas s’inquiéter de la qualité de l’interprétation tant le niveau est élevé. Je vais juste souligner l’interprétation phénoménale de Meryl Streep, capable de passer du rire aux larmes en passant par la folie, le tout en un claquement de doigts. Dans le rôle d’une matriarche accro aux médicaments, l’actrice y déploie tout son génie au point que sa nouvelle nomination aux Oscars n’est aucunement discutable ! Ce n’est pas pour rien qu’une simple comédie d’Hollywood est devenue un véritable phénomène de société juste grâce à sa présence. Oui, je parle bien de Le diable s’habille en Prada. Bref, l’actrice fait du leveling up pour son record de nominations aux Oscars, passant à 18 nominations tout style confondu et 15 sélections pour l’Oscar de la meilleure actrice. La femme aux mille visages. Là, où des acteurs sont enfermés dans un rôle, Meryl Streep traverse les âges et les rôles. Elle est la matriarche d’Hollywood.

Un été à Osage County

« Tu veux me faire avaler que tu n’as jamais eu recours à la chirurgie esthétique… »

L’héritage du théâtre confère au nouveau John Wells, des répliques fortes (le monologue d’ouverture récité par Sam Shepard est un modèle), des dialogues savoureux et surtout des superbes engueulades (celle entre Julia Roberts et Meryl Streep vaut son pesant d’or, celle entre Chris Cooper et Margo Martindale aussi). Le meilleur moment reste ce repas hallucinant où la mère balance ses quatre vérités à sa famille. Le genre de truc jouissif à suivre (vu qu’on n’est pas concerné, évidemment) grâce au ton du film oscillant avec la grâce d’une danseuse étoile entre comédie et drame. La vie.

On retiendra aussi d’Un été à Osage County, la révélation de ces secrets de famille qui font froid au dos. Pourtant, elles sonnent comme des histoires que nous avons aussi entendues à propos de la nôtre. C’est là, le plus beau témoignage que je puisse faire pour le long-métrage. Rendre hommage à son réalisme. Il est tellement difficile de parler ouvertement de la famille. Car les secrets y sont conservés en son sein jusqu’à la tombe.

Durant deux heures, on a l’impression d’être à une réunion de famille, où beaucoup de choses doivent être dites.

John Wells en profite aussi pour filmer les magnifiques paysages de l’Oklahoma où les champs s’étendent à perte de vue, donnant l’impression d’admirer un océan jaune. L’atmosphère est tellement palpable qu’on a presque chaud comme les personnages. Dommage toutefois que la qualité du vidéoprojecteur de mon cinéma laissait à désirer.

La déception pointe tout de même le bout de son nez à la fin où toutes les choses restent inachevées et où nous restons sur le bord de la route. La qualité était telle et les personnages si attachants que j’avais envie de continuer un petit bout de chemin avec eux, histoire de voir à quoi allait ressembler leur avenir. Pour cela, vaut mieux s’orienter vers le classique absolu Six Feet Under, ultime portrait d’une famille réunie suite à la mort du patriarche.

Petite mention spéciale pour le générique de fin, très joli.

Un été à Osage County

On a trouvé le sosie de Sherlock (avec quinze kilos de plus).

Conclusion

Un été à Osage County nous invite à passer deux heures avec la famille Weston. Le temps de sonner en rémanence avec nos souvenirs et nous livrer des mémorables disputes. La maxime du film « En famille, on se soutient. En famille, on se déchire… » n’a jamais été aussi bien retranscrite à l’écran.

+– Meryl Streep
– Acteurs excellents
– Voyager en Oklahoma
– Qualité des répliques
– Final laissant sur notre faim
8/10
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A propos de l'auteur : (2916 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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