Critique : Spotlight

Poster du film Spotlight réalisé par Tom McCarthy avec Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber, John Slattery
Au Nom du Père, et du Fils, et du Pédophile

Fiche

Titre:Spotlight
Réalisateur(s):Tom McCarthy
Scénariste(s):Josh Singer, Tom McCarthy
Acteurs:Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber, John Slattery, Brian d’Arcy James, Stanley Tucci
Titre original:Date de sortie:27 / 01 / 2016
Pays:États-UnisBudget:
Genre:Biopic, Drame, ThrillerDurée:2h 08

Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

Photo de Spotlight
« Donc vous voulez faire un film uniquement consacré à l’enquête, sans perdre de temps avec les détails futiles comme la vie privée de vos personnages… … … … La drogue, c’est mal ! »

Critique

Avec un sujet aussi brûlant basé sur une histoire vraie, un tel casting et des critiques dithyrambiques, Spotlight est ce qu’on peut qualifier d’un must-see. Direction la salle de cinéma, donc.

Si je raisonne en termes de plaisir cinématographique, Spotlight n’est pas un grand film. Attendez un peu avant de me jeter la pierre, c’est la volonté même du réalisateur. Tom McCarthy a expliqué dans plusieurs interviews avoir voulu respecter l’histoire en la racontant comme elle s’est déroulée. Ne vous attendez donc pas à des twists de la mort qui vous cloue sur le fauteuil. Son film navigue sur un rythme de croisière en faisant le récit d’une investigation journalistique pour le moins historique : le prix Pulitzer était au bout.

C’est là, le véritable régal. Suivre le travail de journalistes sérieux et acharnés avec ce joli lot de petits détails qui font la différence permettant ainsi de renforcer la crédibilité du film. Surtout, l’histoire se focalise vraiment sur l’investigation au point de ne laisser pratiquement aucune place à la vie privée des journalistes. C’est au détour d’une photo posée sur son bureau qu’on apprend qu’un journaliste a deux filles. C’est en suivant un dialogue qu’on découvre que son collègue a des problèmes avec sa femme. C’est vraiment rafraichissant de voir à quel point le long-métrage évite tout mélodrame, même si bon, je vais avouer que paradoxalement, ça m’a manqué. Car c’est souvent l’implication émotionnelle qui permet à un film de devenir puissant. De plus, je soupçonne qu’un tel parti pris était indispensable pour obtenir le soutien et l’aide des véritables journalistes derrière l’affaire. Au final, je vais dire : « Tant mieux. ».

La Honte

À la place, c’est le sujet qui permettra cette implication émotionnelle. La pédophilie au sein de l’Église. C’est un thème qui m’a parlé directement, car je suis catholique. Comme les personnages principaux, je me suis éloigné de l’Église n’arrivant pas à m’y retrouver. Dans mon entourage, j’ai une personne qui m’a confié avoir eu dans son enfance un curé qui tripotait un peu les gamins et des bonnes sœurs pour le moins dictatrices. Évidemment, cela fait écho directement à Spotlight.

Néanmoins, je ne connaissais pas vraiment les détails de l’affaire et le film permet justement d’y faire la lumière en mettant en avant les agissements pour le moins scandaleux de l’Église. Certes, on n’est pas au niveau du Moyen-Age avec ses …

Gif Animé de Kaamelott
« Au bûcher ! »

… mais il est choquant qu’à notre époque, une telle institution puisse couvrir de tels agissements. Avec ça, c’est vraiment la manière qui me choque le plus. Cette manière, comme le démontre le film, est purement scandaleuse. Considérant ne devoir répondre qu’à Dieu, elle se permet de se mettre au-dessus des lois des hommes. Il n’est donc pas étonnant de voir à quel point l’Église est en déclin et ce n’est pas ce film qui va arranger ses affaires.

Si je regrette une réalisation un poil trop télévisée, j’ai été conquis par le casting vraiment impeccable avec une mention pour un Mark Ruffalo méconnaissable, probablement parce qu’habité par son personnage, et Michael Keaton, protagoniste d’un joli moment d’émotion.

Par Christophe Menat pas prêt de retourner à l’église, le .

Photo de Spotlight avec Michael Keaton et Mark Ruffalo
Sur la photo, un seul figurant n’est pas au téléphone. Sauras-tu le trouver ?

Conclusion

Malgré quelques faiblesses au niveau de la réalisation donnant à l’ensemble une allure de téléfilm, Spotlight reste néanmoins un grand film grâce à son casting aux petits oignons et une histoire se concentrant davantage sur l’investigation que sur la vie privée des personnages (et ça, ça fait du bien, même si on perd en intensité émotionnelle). En plus, le sujet est passionnant, donc difficile d’en demander plus.

+

  • Sujet brûlant
  • Gros casting impeccable
  • On zappe la vie privée des personnages pour se concentrer sur l’affaire

  • Le côté téléfilm
  • Manque un peu d’émotions
Trophée8/10

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