Critique : Sous la Seine

Les Dents de la Seine

Fiche

Titre Sous la Seine Titre VO
Réalisateur Xavier Gens Scénaristes Yannick Dahan & Maud Heywang & Xavier Gens
Acteurs Bérénice Bejo, Nassim Lyes, Léa Léviant, Anne Marivin
Date de sortie05 / 06 / 2024 (Netflix) Durée1h 44
GenreAction, Drame, Horreur, Thriller Budget19 600 000 $

Lorsqu’un requin géant apparaît dans la Seine, une scientifique en deuil doit affronter son passé tragique pour sauver Paris d’un bain de sang au retentissement international.

Critique

Ce film est une bombe atomique marketing. L’été, les requins, les JO, la polémique de l’état de la Seine, et hop, on nous sort un Dents de la mer sur fond d’un triathlon pour préparer les JO, le tout dans la Seine. Bref, le fantasme de tout marketeur. Sauf que…

Sauf que… ben, c’est mauvais, quoi. Du coup, on n’aura pas un bouche-à-oreille dingue comme celui d’Un p’tit truc en plus (suivre l’évolution box-office du film est un véritable régal tant c’est hors normes – rien à voir, par contre, avec le long-métrage de Toledano et Nakache). Bref, le marketeur entre en dépression… Il essaie tout de même de jouer la carte joker avec quelques (fausses ?) critiques incroyablement positives sur Google.

Mais la vraie question : le spectateur est-il en dépression ou pas ?

Pourquoi diable se prendre au sérieux ?

Pour ma part, j’étais parti pour prendre Sous la Seine pour un nanar. Mais un nanar fun comme l’excellent (et premier film dont j’ai fait la critique sur le blog – ça ne me rajeunit pas) Piranha 3D (2010) d’Alexandre Aja.

D’ailleurs, Xavier Gens, le réalisateur, partage de nombreux points communs avec Aja. Tous deux se sont fait connaître en France avec un film d’horreur, Haute Tension (2003) pour Aja et Frontière(s) (2007) pour Gens. Ils sont allés rapidement à Hollywood, La colline a des yeux (2006) pour Aja et Hitman (2007) pour Gens. Ils sont tous les deux mariés à une réalisatrice, Laïla « Rock the Casbah (2013) » Marrakchi pour Aja et Mounia « Papicha (2019) » Meddour. Il ne manquait plus qu’à Xavier Gens de réaliser un film Netflix (même si techniquement, il les connaît déjà puisqu’il a réalisé trois épisodes de la saison 3 de Lupin) pour revenir à égalité avec Aja qui, en 2021, avait livré l’efficace Oxygène avec Mélanie Laurent.

Bref, tout ça pour dire que je m’attendais à un bon nanar. Du coup, j’ai été un peu surpris en découvrant une ouverture sérieuse où il est question d’un continent de plastique. Visuellement, la photographie est jolie et cela se confirme ensuite avec une véritable carte postale de Paris. L’action prend place majoritairement au bord de la Seine dans des coins que je connais très bien pour y avoir habité presque une décennie. Ça me faisait sourire de voir ces coins déserts alors que c’est généralement noir de monde.

La maire de Paris sauve le film

Bon, visuellement plutôt joli, je vais tout de même balancer un petit bémol aux animations pour les requins dont le rendu ne fait pas assez naturel. C’est aussi dommage que chaque attaque de requin soit aussi peu impactante. La violence est aussi très soft (on est loin de Piranha 3D). La mise en scène de l’action, quelconque.

Autour de cela, il faut composer avec un scénario sans intérêt cumulant les clichés agaçants. Pourtant, il y a deux acteurs que j’apprécie beaucoup, à savoir Bérénice Bejo et Nassim Lyes, mais ils sont coincés dans un registre dramatique totalement à côté de la plaque. Le film dure 1h 45 et c’est dur. Au bout d’un moment, j’ai sorti mon téléphone parce que je n’en pouvais plus.

Au final, la lumière vient de deux personnages. Le premier, Mika joué par Léa Léviant, dans le style de l’insupportable jeune pleine d’assurance et prête à faire les pires conneries sur l’autel de l’écologie, le jeune con quoi, pour son final génial m’ayant fait pousser un rictus machiavélique au coin des lèvres.

De l’autre côté, c’est encore un level au-dessus avec l’hilarante maire de Paris, où Anne Marivin incarne la fusion improbable entre Anne Hidalgo et Valérie Pécresse. Le rôle est tout en démesure et hilarant. Voilà ce qui n’aurait pas fait tâche dans un Piranha 3D. Mais cela s’inscrit en décalage total avec le reste du long-métrage.

Ça ne fait quand même pas grand-chose.

Par encore amusé par le mouvement du bateau qui fait un cercle complet pour revenir à sa position de départ après l’explosion, mais quel peut bien être l’intérêt ?

Conclusion

Sous la Seine vaut surtout pour l’excellent sens du timing de sa sortie. Autrement, il n’y a pas grand-chose à sauver de ce nanar beaucoup trop sérieux pour son propre bien, à part une jolie carte postale de la Seine côté Paris et une maire de Paris incarnée par une hilarante Anne Marivin.

+

  • Maire de Paris
  • Visuellement, c’est pas dégueu…

  • … quand les requins ne sont pas impliqués
  • Trop sérieux
3/10
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