Critique : Sans un bruit 2

Une suite bruyante

Fiche

Titre Sans un bruit 2 Titre VOA Quiet Place Part II
Réalisateur John Krasinski Scénaristes John Krasinski, Scott Beck, Bryan Woods
Acteurs Emily Blunt, Millicent Simmonds, Cillian Murphy, Noah Jupe, Djimon Hounsou, Scoot McNairy
Date de sortie16 / 06 / 2021 Durée1h 37
GenreDrame, Horreur, Science fiction, Thriller Budget61 000 000 $

Après les événements mortels survenus dans sa maison, la famille Abbot doit faire face au danger du monde extérieur. Pour survivre, ils doivent se battre en silence. Forcés à s’aventurer en terrain inconnu, ils réalisent que les créatures qui attaquent au moindre son ne sont pas la seule menace qui se dresse sur leur chemin.

Critique

La grande question du jour ? Est-ce que le Sans un bruit (2018) réalisé par le Jim de The Office, John Krasinski, était un coup de bol ou marquait-il la naissance d’un réalisateur à suivre ? On voit ça tout de suite.

J’avais écrit cette introduction l’année dernière alors que j’avais programmé un visionnage du film dans la semaine. Mais le confinement ayant été déclenché, il m’aura donc fallu plus d’un an avant d’avoir la réponse à cette question. Tellement de nuits sans sommeil… Les yeux rivés au plafond… Rongé par le doute… Les tripes nouées par l’incertitude… Non, évidemment que je déconne.

Mêmes défauts, mêmes qualités, sans déjà-vu

Si on a déjà vu le premier (c’est très conseillé au passage), il n’y aura pas de dépaysement avec ce second épisode, car on y retrouve une formule proche à commencer par une durée très resserrée d’une heure et demie. Un gros plus pour le genre, souffrant généralement du syndrome où on s’attarde sur des tâches ennuyantes de réapprovisionnement et de marche même si Sans un bruit 2 n’y échappe malheureusement pas.

Néanmoins, on est typiquement dans la suite encore plus forte. Les scènes d’action sont spectaculaires, à commencer par une géniale scène d’introduction. En bref, à chaque fois qu’il y a eu de l’action, j’ai été scotché à mon siège. Il faut dire que la réalisation est excellente. J’ai encore en tête le puissant plan où le bus fonce sur Evelyn (Emily Blunt). Pour l’anecdote, c’est la perspective de tourner cette scène qui a motivé le retour de l’actrice. On peut également compter sur des jump scares survenant à des moments parfaits (le train, bordel !).

Toutefois, John Krasinski, cette fois-ci seul au scénario, le duo Scott Beck et Bryan Woods ayant préféré se concentrer sur des nouveaux projets, ne perd pas de vue l’essentiel : les personnages. C’était l’un des points forts du premier. C’est encore le cas sur cette suite. J’ai plusieurs fois été ému par cette famille marquée par le deuil. À noter l’arrivée d’un Cillian Murphy, impeccable comme à son habitude, faisant son grand retour dans le genre après l’inoubliable 28 jours plus tard (2002).

Les enfants sont l’avenir de la planète

Alors que je m’attendais à ce qu’Emily Blunt soit la star de Sans un bruit 2, j’ai été surpris de voir l’accent porté sur les enfants Marcus (Noah Jupe) et particulièrement Regan (Millicent Simmonds). C’est vraiment cette dernière qui vole la vedette. Étant également sourd, j’ai été épaté de voir à quel point, ils ont pris le soin d’apporter du réalisme à sa surdité. Notamment via le passage de lecture labiale avec le personnage de Cillian Murphy. Ça n’a l’air de rien, mais ça renforce la crédibilité. Alors quand c’est également couplé avec un jeu technique fort sympathique sur le son pour marquer les changements de point de vue lors de l’action, je ne peux qu’être conquis.

Bon, j’ai parlé de la famille et du nouveau venu, mais j’ai l’impression d’avoir oublié quelqu’un d’important… … … Ah, mais je suis con, les monstres pardi ! Camouflés dans le premier, ils sortent désormais à la lumière du jour. On est dans un basculement à la Alien, le huitième passager (1979) vers Aliens le retour (1986). Cela explique également pourquoi les scènes d’action sont devenues bien plus spectaculaires. J’ai adoré pouvoir les admirer à volonté. Ils ont vraiment un look atypique vraiment cool et surtout quelle force meurtrière.

Je regrette tout de même que la violence ne soit pas assez poussée. On est loin d’un The Last of Us par exemple, mais bon, ce n’est qu’une petite concession à faire pour permettre à cette suite de dépasser la barre des 200 millions de dollars au box-office à l’heure où j’écris ces lignes.

Par ayant hâte de découvrir le prochain projet de Krasinski.

Conclusion

John Krasinski confirme qu’il est un réalisateur à suivre en pondant un long-métrage du même acabit que le premier. Une suite intelligente prenant soin de poursuivre l’histoire en apportant de nouvelles choses au lieu de recycler bêtement son prédécesseur. Les scènes d’action valent clairement le détour.

+

  • Scènes d’action
  • Personnages émouvants
  • Jeu technique sur le son

  • Quelques longueurs classiques pour le genre
  • Violence soft
7/10

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