Le choix de Wanda
Fiche
| Titre | Pour l’éternité | Titre VO | Eternity |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | David Freyne | Scénaristes | Patrick Cunnane et David Freyne |
| Acteurs | Miles Teller, Elizabeth Olsen, Callum Turner, John Early, Olga Merediz, Da’Vine Joy Randolph | ||
| Date de sortie | 03 / 12 / 2025 | Durée | 1h 54 |
| Genre | Comédie, Drame, Fantastique, Romantique | Budget | 12 000 000 $ |
Dans un au-delà où chaque âme dispose d’une semaine pour choisir où et avec qui passer l’éternité, Joan doit affronter un choix impossible : rester auprès de l’homme avec qui elle a partagé toute sa vie, ou retrouver son premier amour, disparu très jeune, et qui l’attend depuis toujours…
Critique
A24 qui se lance dans la comédie romantique fantastique avec un duo génial comme Miles Teller et Elizabeth Olsen, la proposition fait forcément saliver. D’autant plus que le pitch est assez puissant : obliger la « Sorcière Rouge » à choisir, pour l’éternité, entre son amour de jeunesse mort au combat et son mari qui a partagé sa vie pendant plus de 60 ans.
Ça, c’est sur le papier. Car il faut avouer que la proposition à l’écran convainc moins. Je ne nie pas la force de la partie « romantique » : le trio fait clairement des étincelles, surtout Teller et Olsen qui parviennent à reproduire avec talent certains tics de personnes âgées. Si le déroulement se fait sans réelle surprise, le film offre des moments drôles et d’autres vraiment touchants.
Par contre, c’est clairement sur la partie fantastique que le bât blesse. Pour chaque film de ce genre, la « suspension consentie de l’incrédulité » est une gageure nécessaire pour que le spectateur puisse s’immerger. Je n’ai jamais réussi à franchir le pas avec Pour l’éternité, pour la simple raison que ce qui nous est présenté comme un paradis ressemble, pour moi, à un enfer.
Un concept fantastique inabouti et frustrant
Attendez un peu : on nous annonce qu’il faut faire un choix définitif pour l’éternité, sans retour en arrière possible sous peine de finir dans le néant (histoire de retrouver les variants de Loki ?). Mais attention, il existe une multitude d’éternités différentes : si « pépère » part dans l’éternité A et « mémère » dans l’éternité B, ils ne se reverront plus jamais, jamais. D’où le point de départ, sorte de Choix de Sophie revisité en « Choix de Wanda ».
Mais les enfants ? Les parents ? Je n’imagine pas passer le reste de mon existence éternelle sans plus jamais revoir ma famille ou mes amis. Rien que l’idée me paraît insoutenable. Ce n’est pas un paradis qu’on nous propose, mais un véritable enfer. Sauf que ce point n’est jamais abordé dans le récit, comme si la question ne se posait même pas. Cela m’a totalement sorti du film, d’autant plus que les personnages acceptent la situation sans jamais la remettre en question.
C’est dommage de ne pas avoir soigné cet aspect car il fait l’originalité de Pour l’éternité, surtout quand d’autres films traitent cet aspect fantastique merveilleusement. Je pense notamment à l’exceptionnel Il était temps (2013).
Par Christophe Menat pressé de retrouver la Sorcière Rouge.
Conclusion
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Concernant le nouveau A24 Pour l’éternité, il est frustrant de voir un tel concept de comédie romantique fantastique rester en surface alors qu’il y avait matière à une vraie réflexion métaphysique. Si vous cherchez une claque émotionnelle dans le même registre, je vous conseille plutôt Il était temps (2013). Au final, ce film avec Elizabeth Olsen et Miles Teller restera une romance touchante qui manque de profondeur dans sa gestion du fantastique. |
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| 6/10 | |