Critique : Mulan (2020)

Pari presque réussi

Fiche

Titre Mulan Titre VO
Réalisateur Niki Caro Scénaristes Rick Jaffa, Amanda Silver, Elizabeth Martin, Lauren Hynek
Acteurs Yifei Liu, Donnie Yen, Gong Li, Jet Li, Jason Scott Lee, Yoson An
Date de sortie04 / 12 / 2020 (Disney+) Durée1h 56
GenreAction, Aventure, Drame, Famille, Fantastique Budget200 000 000 $

Une jeune femme courageuse renonce à tout pour l’amour de sa famille et de son pays, et devient alors la plus grande guerrière que la Chine ait connue.

Critique

On peut dire que la vie du reboot de Mulan n’a pas été facile. Déjà qu’il était auréolé du « les remakes lives de Disney, c’est la merde, zéro inspiration, ils ne font pas des nouveaux films ». Problème, quand ils s’y mettent, ça donne des trucs comme Artemis Fowl ou alors de bons films qui sont un four au box-office façon John Carter ou Lone Ranger. Bref, c’est l’histoire d’un autre débat.

La Ballade de la Polémique

Comme si ça ne suffisait pas, Mulan a subit deux polémiques qui lui ont fait du mal. La première concerne sa sortie directement sur Disney+ sans passer par la case cinéma. Un événement qui aura fait péter les plombs à un exploitant au point de lui faire défoncer la gueule d’une pauvre pancarte qui n’avait rien demandé.

La deuxième polémique concerne la Chine. Là, c’est plus problématique, car ce Disney a davantage été pensé pour ce marché. Ce qui explique en partie l’absence du bien aimé Mushu. J’ai suivi le truc de loin donc je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Attends, je vais aller voir sur Internet ce qui s’est passé.

Google. *tape* « Mulan polémique chine »… Hum, hum… Ah ouais quand même… Ah ben putain rien que ça…

En deux-deux

Pour faire un résumé en mode En deux-deux façon Pablo Mira (sans son talent :S). Ça a commencé avec une boulette de l’actrice principale Yifei Liu à ne pas faire avant la sortie d’un blockbuster. En gros, elle a twitté « Moi aussi, je soutiens la police de Hong Kong ». Problème, il s’agit d’une répression policière et ça pue sévère.

Pourtant, James Gunn et d’autres bonshommes ont bien démontré qu’il faut éviter de poster des trucs un peu tendu du slip sur ce truc. Bref, une belle connerie de débutante. D’autant plus que cela vient d’une actrice américaine… Juste, quand t’habites pas le coin, évite d’ouvrir ta gueule sinon le râteau y arrive.

Résultat, un hashtag #BoycottMulan a débarqué en ville et boycotter le film est devenu un moyen de défier l’autorité du gouvernement chinois. Déjà que le pauvre Winnie avait fait les frais de la censure, c’est Disney qui fait la gueule. Il a même dû suspendre l’approvisionnement en pots de miel pour économiser à cause du Covid.

Mais tout n’est pas de la faute de l’actrice, l’empire du mal de Mickey a également vidé une bouteille d’huile sur le feu via le générique de fin du film en remerciant les autorités de la ville de « Turpan, au nord-ouest de la Chine ». Pas de bol, c’est un coin où on peut prendre des photos d’une dizaine de camps de détention de musulmans ouïgours. Moyenne 4 étoiles sur 5 sur TripAdvisor (« il y avait des gens maltraités, ce n’était pas agréable pour les yeux »). Bref, la merde.

Il est temps de clore la parenthèse en deux-deux… Mince, j’ai oublié Murielle Bolle, la princesse pas vraiment Disney. C’est fait, parenthèse bouclée.

Critique sans avoir vu « l’original »

Maintenant, si je regardais que vaut Mulan ? Ah oui, p’tite précision pas négligeable. Je n’ai jamais vu la version de 1998. Il est sorti à une époque où je considérais les Disney comme des films pour gamins. J’avais mieux à faire comme user ma VHS d’Une nuit en enfer et d’autres VHS dont je tairais les titres si jamais mes parents passent par là. Indice, un film s’appelait La ruée vers l’or, sauf que « l’or » était un prénom fémini.

Pour le coup, j’ai kiffé le début. En fait, j’ai surtout adoré le père de Hua Mulan joué par Tzi Ma. À chaque fois qu’il apparaît, la qualité monte d’un cran. Il m’a fait chialer bien comme il faut. Monsieur Honneur ! Par contre, j’avoue m’être un peu étranglé devant les animaux numériques. C’est très loin d’être réussi. Comme ces deux lièvres qui courent au côté de Hua Mulan. Après, ça reste beau. Surtout en Dolby Vision. Les couleurs ont fait du gringue à ma rétine.

(T)Rey Cheatée

Pour l’histoire, on est dans du classique comme Disney aime. Qui dit classique, dit efficace. Cette histoire de jeune fille devenant une légende guerrière. Y a pas à dire, ça envoie. Mais le gros problème, c’est qu’elle ne semble avoir aucune difficulté durant tout son parcours. Elle a le même problème que Rey « Skywalker » (je mets des guillements car je ne m’y suis toujours pas fait). Elle est tellement cheatée par le Chi (Lucas s’est inspiré du Chi pour la Force, la boucle est bouclée) que ça n’en devient même plus drôle.

Autre bémol qui m’a bien déçu. La bande-annonce m’avait laissé espérer qu’un héritage du wu xia pian. On a même droit à Yifei Liu qui a fait 90 % de ses cascades. Un chiffre qui fait rêver, mais le résultat à l’écran est loin d’être glorieux. On est vraiment dans du wu xia pian de très bas niveau, « cascadement » parlant.

Contrefaçon néo-zélandaise

Autre élément m’ayant légèrement fait tiquer. Hua Mulan est plongé dans une guerre, donc on imagine bien que ça a dû être sanglant. Sauf qu’aucune goutte de sang n’est à compter à l’écran (pourtant j’ai sorti la loupe). Quand notre héroïne aux cheveux longs éventre un soldat ennemi, sa lame reste immaculée. Ca casse un peu le délire. Mais bon, on est devant un film familial.

J’ai beaucoup apprécié les plans larges sur les paysages (sauf quand ils sont numériques). Épiques, ils m’ont rappelé Le Seigneur des Anneaux (j’étais à deux doigts de sortir mes Blu-Ray). Du coup, je me suis bien marré quand j’ai appris l’anecdote suivante : seulement 78 secondes du film ont été tournées en Chine, le reste a été filmé en… vous l’avez deviné… en Nouvelle-Zélande. Trop fort.

Après, je critique, je critique. Mais il n’empêche que j’ai bien aimé ce Mulan. L’actrice principale est géniale. La technique du film envoie du lourd (comme d’habitude chez Disney). Le parcours de la jeune padawan m’a fait rêver. J’étais ravi de retrouver Jason Scott Lee et Jet Li. Ce dernier, j’ai mis un petit moment avant de le reconnaître. D’ailleurs, autre anecdote, au début, il a refusé le rôle, car « scénario et salaire » pas intéressants, mais ses filles lui ont rappelés que c’était important, car Disney mettait les projecteurs sur la culture chinoise. À un caprice de môme près et je ne le revoyais pas. Du coup, je vous dis merci les filles.

Par se disant qu’il va falloir qu’il regarde la version de 1998.

Conclusion

Entouré d’une réputation catastrophique, le film live Disney réadaptant La Ballade de Mulan sort directement sur Disney+ et, au final, malgré les défauts classiques, j’ai plutôt bien aimé. Il faut dire que le savoir faire de Disney n’est plus à prouver et le casting est excellent (mention spéciale au père joué par Tzi Ma). Néanmoins, je pense qu’il aurait pu être encore « plus mieux ».

+

  • Histoire efficace
  • Visuellement splendide
  • Tzi Ma
  • Retrouver Jason Scott Lee et Jet Li

  • Certains effets sont mauvais (fonds verts, animaux numériques)
  • Hua Mulan trop cheatée
  • Action trop légère
7/10

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