Critique : John Carter

Un sentiment de déjà-vu

Fiche

D’après l’histoire A Princess of Mars d’Edgar Rice Burroughs
Réalisateur(s):Andrew Stanton (WALL·E, Le Monde de Nemo)
Scénariste(s):Andrew Stanton, Mark Andrews, Michael Chabon
Acteurs:Taylor Kitsch (Gambit de X-Men Origins: Wolverine, la série Friday Night Lights), Lynn Collins (Silver Fox de X-Men Origins: Wolverine), Samantha Morton (la precog de Minority Report), Willem Dafoe (Platoon), Dominic West (300), Mark Strong (La Taupe), Thomas Haden Church (Another Happy Day), Ciarán Hinds (Ghost Rider : L’Esprit de Vengeance)
Pays:USADate de sortie:7 mars 2012
Genre:Action, Aventure, Fantasy, Science fictionDurée:2h20
Budget:250 000 000 $
L’ancien capitaine John Carter, las de la guerre civile qui ravage les États-Unis en cette fin de XIXe siècle, se retrouve mystérieusement envoyé sur la planète Barsoom, où il se laisse entraîner malgré lui dans un terrible conflit entre Tars Tarkas et la fascinante princesse Dejah Thoris. Dans un monde au bord du gouffre, Carter redécouvre son humanité en prenant conscience que la survie de cette planète et de ses habitants est entre ses mains.

Critique

Le rôle du plus gros blockbuster depuis Avatar et ses 300 millions de dollars de budget est tenu par John Carter avec ses 250 millions. Quoi de plus normal pour un film sur le héros qui a inspiré tous les héros, John Carter, l’Indiana Jones avant Indiana Jones, le Luke Skywalker avant Luke Skywalker. La réalisation fut confiée à Andrew Stanton connu pour avoir co-réalisé Le monde de Nemo et réalisé seul un de mes Pixar préféré Wall-E. Véritable pari risqué, le bonhomme sera-t-il capable de s’en sortir avec un film live, d’autant qu’il s’agit d’un des plus chers au monde. Que vaut alors John Carter ?

Le film surprend par sa volonté à conserver le récit d’origine au lieu de le transposer de nos jours comme c’est la mode. Ainsi John Carter débute comme un western, plutôt sympathique d’ailleurs avec un Bryan Cranston aux cheveux surprenants et un Taylor Kitsch collant à merveille à son rôle, il faut dire qu’il a la gueule de l’emploi. Mais voilà aussi déjà le premier détail qui fait tiquer, ça ressemble beaucoup à Cowboys & envahisseurs, même le plan où le héros se réveille sur Mars fait penser à Daniel Craig se réveillant amnésique et ce n’est pas tout, le héros partage le même traumatisme, femme perdue dans un chalet. Même l’arme extra-terrestre se ressemble par contre ce n’est pas la même personne qui la porte, c’est le méchant qui en est équipé dans John Carter.

Et ça continue par la suite avec, par exemple, une resucée du combat dans l’arène contre les deux gorilles blancs, suffit de voir la bande annonce pour penser à Star Wars Episode II. Même les créatures extraterrestres formant le public se ressemblent. Plein d’autres détails encore comme la jeune princesse s’enfuyant pour échapper au méchant envahisseur, tiens, ce n’est pas Star Wars Episode IV ? Sans compter la découverte d’un nouveau monde avec ses rites et ses coutumes, tiens, tiens, Avatar

Ce constat sévère est inévitable quand on sait que c’est John Carter qui a beaucoup inspiré George Lucas, James Cameron et Steven Spielberg du coup, il n’est point étonnant de retrouver ces ressemblances. D’ailleurs on voit d’où tient cette obstination de George Lucas à mettre des personnages secondaires comiques. Au moins Woola, le personnage comique de John Carter n’est pas irritant comme Jar-Jar Binks et ravira les enfants puisque ses scènes sont assez réussies. Du coup problématique digne d’un sujet de philosophie au bac : « Faut-il considérer comme plagiat un film qui pompe sur toute la concurrence quand on sait que le livre dont il est adapté a inspiré cette même concurrence ? ».

Pour ma part, j’avoue avoir pas mal été dérangé sur ce côté-là car comment apprécier dans sa pleine mesure, un film qui n’innove en rien ? Tout a été déjà vu et revu surtout du côté de Star Wars. Sur quoi se rabattre donc ? Sans compter que la réalisation d’Andrew Stanton est franchement loin d’être emballante: ses scènes d’actions ne sont pas très réussies. Peut-être s’est –il rendu compte de la différence qu’il y a entre mettre en scène un film en images de synthèses et un, en live ? A moins que ce soit la machine Pixar qui fonctionne indépendamment des réalisateurs ? Le pire de ces scènes d’actions est atteint lors d’un combat épique entre John Carter et des centaines d’extraterrestres, sauf qu’Andrew Stanton n’a pas le talent de Lucas pour mettre en scène des combats. Cette lutte ressemble à un brouillon : Taylor Kitsch se contente de balancer ses épées dans le vide et les images de synthèse sont rajoutées au bon endroit. Au final, on ne voit presque rien.

Mais Marvelll, t’es en train de me dire que le film, c’est de la merde ? Non, John Carter reste un bon divertissement, efficace, drôle seulement il était promis à bien plus donc la déception était grande quand j’ai vu le résultat final. Toutefois là où George Lucas nous régale avec des scènes d’actions impressionnantes, Andrew Stanton se débrouille bien mieux pour décrire les personnages, on s’attache beaucoup plus facilement aux différents personnages du film qu’Anakin Skywalker dans la nouvelle trilogie. Car le bonhomme a un talent pour ce, il suffit de voir Wall-E pour s’en convaincre. D’ailleurs, les touches d’humour sont toujours très fines (pas le genre qui vous fait rire mais toujours sourire).

Parmi les qualités du film, on peut aussi compter sur une Lynn Collins absolument extraordinaire dans son rôle de princesse de Mars. Dotée de yeux bleus dont la magnificence n’est égalée que par le courage et le caractère de cette femme. Un personnage qui joue beaucoup pour l’attrait du film et c’était obligé car le film devait porter son nom avant de bifurquer vers un John Carter bien plus commercial.

Ça reste aussi une aventure enchanteresse sur une autre planète, on ne s’ennuie jamais. Les personnages sont attachants malgré une histoire somme toute prévisible comme avec le « twist final » (franchement, qui ne l’avait pas deviné depuis le début?).

Aussi le film souffre de l’absence d’un vrai méchant parce que Mark Strong même si je l’adore, on commence à en avoir un peu marre et celui qui fait le roi ennemi, désolé mais bon il fait vachement sous-fifre. Aussi on regrette l’absence d’une grosse bataille qui fait d’un blockbuster, un méga blockbuster comme Transformers 3, Star Wars ou Avatar.

D’ailleurs la 3D, elle est parfois préjudiciable au film surtout à cause des incrustations passablement foirées. En effet, l’écart entre les acteurs et les bonhommes en images de synthèse est flagrant car la maitrise de la 3D n’est pas la même. Les acteurs semblent beaucoup plus plat que les images de synthèse, un problème déjà entrevu récemment en visionnant le blu-ray 3D de Transformers 3 sur le fameux passage repris de The Island.

Conclusion

John Carter est un peu ma déception de l’année, j’en attendais peut-être un peu trop. En fait, son gros problème c’est qu’il est sorti un peu tard et on ne peut pas s’empêcher de le comparer à Star Wars et Avatar auxquels il ressemble beaucoup sans jamais réussir à les égaler. Il n’en reste pas moins un film d’aventure sympathique (bien mieux en tout cas que Prince of Persia et Tron l’héritage dans la même écurie (Disney) ou encore Cowboys & envahisseurs). En tout cas, vivement la suite : John Carter 2: The Gods of Mars en espérant qu’Andrew Stanton s’améliore et qu’il propose cette fois-ci des vraies batailles.
+– du grand spectacle
– les acteurs principaux sont très bons
– on voit d’où vient Star Wars
– scènes d’action mal emballées
– un désagréable sentiment de déjà-vu
6/10

Allez un petit extrait de Woola, une créature absolument attachante (et pas dans le sens habituel du terme 🙂 ):

john-carter-affiche

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