Critique : Mission: Impossible – Rogue Nation

Poster du film Mission: Impossible Rogue Nation réalisé par Christopher McQuarrie, d’après un scénario écrit par Drew Pearce et Will Staples, avec Tom Cruise
Le meilleur depuis le premier

Fiche

Titre:Mission: Impossible – Rogue Nation
Réalisateur(s):Christopher McQuarrie
Scénariste(s):Christopher McQuarrie
Acteurs:Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Ving Rhames, Sean Harris, Alec Baldwin
Titre original:Date de sortie:12 / 08 / 2015
Pays:États-UnisBudget:150 000 000 $
Genre:Action, Aventure, Espionnage, ThrillerDurée:2h 11

L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

Photo du film Mission: Impossible Rogue Nation réalisé par Christopher McQuarrie, d’après un scénario écrit par Drew Pearce et Will Staples, avec Tom Cruise
Ça commence à devenir n’importe quoi, ces rites scientologues.

Critique

Après le succès du Protocole Fantôme, voir cette suite débarquer n’a rien de vraiment étonnant. Ce qui est épatant par contre, c’est le succès de la franchise M:I. Les réalisateurs ont beau défiler, chaque épisode de la saga reste un bon moment à passer. Toutefois, le premier reste, à mon goût, un sommet inégalé. Jusqu’à ce Rogue Nation ?

Bye, bye, Brad Bird parti faire un flop avec À la poursuite de demain. Bienvenue Christophe McQuarrie, conseillé par Tom Cruise himself, ce dernier ayant apprécié leur collaboration sur le pêchu Jack Reacher. Bonjour monsieur McQuarrie, votre mission, si toutefois vous l’acceptez, consiste à faire aussi bien que le premier.

Et le cran monte d’un niveau, flirtant de très près avec Mission: Impossible. Pour tout vous dire, j’en ai eu des flashbacks. Comme sur ce plan où Tom Cruise téléphone depuis une cabine téléphonique et laisse entrevoir une blessure au torse via une main ensanglantée ou ce climax tendu en plein Londres renvoyant directement à la scène d’ouverture du film de Brian De Palma. Je ne vous dis pas la nostalgie que j’ai prise dans la gueule. J’ai même été jusqu’à être ému en me remémorant mes heures passées sur la géniale adaptation vidéoludique sortie sur la défunte Nintendo 64. Magnifique madeleine de Proust, ce Rogue Nation.

S’asperger de l’essence du premier Mission: Impossible et craquer une allumette

C’est donc avec mes deux mains que j’applaudis ce nouvel épisode. Bravo à Christophe McQuarrie et son équipe qui ont pondu un boulot monstrueux. Les scènes d’action envoient du lourd, des étoiles dans les yeux, du pâté et tous leurs synonymes. Franchement, Mad Max: Fury Road avait fait fort de ce côté et Mission: Impossible – Rogue Nation m’a presque autant bluffé. Ma séquence préférée demeure cette course-poursuite en moto où l’utilisation de la vue subjective donne le vertige. Pour une fois que l’impression de vitesse est là. C’était limite si je n’évitais pas les obstacles avec ma tête. Il n’y a pas à dire cette scène ridiculise l’ensemble des scènes d’action de Fast & Furious en remettant le cœur là où il doit être : dans la course.

Si la course-poursuite en moto est ma scène préférée, difficile de s’arrêter là, car les autres sont intenses aussi. Je suis épaté de voir le peu d’effets spéciaux utilisés. Comme sur Mad Max, tout est fait pour mettre les cascades en avant. Rendant le tout spectaculaire. On aura beau dire, tout le monde sent les effets spéciaux et tout le monde sait quand c’est vrai (inconsciemment ou non). La scène de l’avion, tant mis en avant par la bande-annonce, n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Photo du film Mission: Impossible Rogue Nation réalisé par Christopher McQuarrie, d’après un scénario écrit par Drew Pearce et Will Staples, avec Rebecca Ferguson
… Euh… C’est moi ou il fait chaud ? ?

Niveau casting, je zappe les anciens de l’IMF. Juste une précision pour Benji (Simon Pegg), ce dernier est désormais plus mis en avant, mais représente pour moi l’un des points faibles de ce nouvel épisode, j’y reviens dans très peu. Juste le temps de lâcher des milliers de litres de bave pour Rebecca Ferguson. Au début, j’ai cru que c’était Ruth Wilson, l’inoubliable Alice Morgan de Luther. Malgré leur air de ressemblance, les deux n’ont rien à voir. Dans le film du jour, Rebecca Ferguson campe une héroïne quasiment égale à Ethan Hunt. Quelle prouesse. J’ai encore en mémoire son incroyable prestation durant la séquence de l’opéra où elle fait virevolter sa robe jaune comme si elle entamait une danse chorégraphiée (ça ne doit pas être très loin de la réalité). Comme jouissance orgasmique de sa danse, la voir se préparer à tirer au fusil à lunette en soulevant une magnifique jambe dénudée pour la poser sur une rambarde. Bon dieu, elle a effacé toutes les femmes qui lui ont précédé dans la saga (sauf Emmanuelle Béart, faut pas déconner non plus). Trois pouces levés pour elle. Deux proviennent de mes mains et pour le troisième, je vous laisse deviner ?

Du côté du bad guy, on a l’impression d’avoir le descendant de Jim Phelps (Jon Voight, Mission: Impossible first of name, encore lui). Tout dans la manipulation. Au final, le même défaut. Aucune présence dans les scènes d’action donnant ainsi un final pas vraiment à la hauteur de son esprit machiavélique. J’ai beau aimer la finesse, j’adore quand le héros et sa Némésis se lance dans un combat enflammé dans un décor en feu. Mais, je n’en tiendrais pas vraiment rigueur vu l’aura extraordinairement flippante de Sean Harris.

Quand l’humour désamorce la tension

Dans le rôle du casse-couille du service, le directeur de la CIA, Alan Hunley, incarné par Alec Baldwin. J’adore cet acteur depuis 30 Rock où il incarne le charismatique Jack Donaghy. Difficile de ne pas avoir des échos de son personnage dans 30 Rock dans le film du jour, car c’est une référence avouée par le producteur Don Granger. Si je ne nierais pas le talent d’Alec Baldwin (indéniable), je trouve que son Alan Hunley tombe un peu comme un cheveu dans la soupe. Je m’explique. M:I-5 propose une aventure palpitante et tendue reposant sur le mystérieux Syndicat et cerise sur le gâteau, Ethan Hunt est désavoué par le directeur Hunley qui a même réussi à faire fermer l’IMF. Un smoothie « Ethan Hunt contre le reste du monde », parfait pour obtenir un suspense de folie avec de la paranoïa partout. Comme dans le premier, en fait. Sauf qu’Alec Baldwin cabotine beaucoup trop. Dès lors, impossible pour moi de le prendre au sérieux et donc, par extension, l’intrigue. En plus de ça, Simon Pegg ne cesse d’en faire des tonnes. Attention, c’est réellement drôle, mais ça casse la tension. C’est le mal de ce nouveau siècle, j’ai l’impression que tout le monde essaie de calquer la formule de Marvel Studios. Il y a même la mode de ne pas mettre de numéro dans le titre, juste un sous-titre. Néanmoins, c’est le seul défaut notable de ce film. C’est peu, mais ça l’empêche de devenir un classique.

Mission Impossible accomplie par Christophe Menat, le .

Photo du film Mission: Impossible Rogue Nation réalisé par Christopher McQuarrie, d’après un scénario écrit par Drew Pearce et Will Staples, avec Simon Pegg
La Mission Impossible de Marvelll en vacances : essayer d’avoir internet avec son portable dans un trou perdu pour poster un article sur le blog.

Conclusion

Sans hésiter le meilleur Mission: Impossible depuis le premier. Je n’y croyais pas, mais ils l’ont fait. En même temps, il est aussi celui qui s’inspire le plus du film de Brian De Palma. Dommage toutefois que les notes d’humour gâchent la tension, l’empêchant de ce fait de devenir aussi excellent. Niveau action, c’est du très haut niveau et la réalisation rend le tout vraiment immersif (mention spéciale à la course-poursuite en moto). Pour terminer, je lève mes trois pouces pour le double féminin d’Ethan Hunt et sosie non-officiel de Black Widow, Ilsa Faust.

+

  • Christophe McQuarrie fait des merveilles avec l’action
  • Ilsa Faust, bon dieu, c’est quand le spin-off avec elle ?
  • La séquence de l’opéra avec Ilsa Faust et sa robe jaune
  • La vue à la première personne lors de la course-poursuite en moto
  • Un méchant digne d’intérêt
  • Retrouver l’essence du premier Mission: Impossible

  • Les notes d’humour qui éventent la tension
  • Final pas aussi dantesque qu’espéré
Trophée8/10

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