Critique : Men In Black III

Une suite dans la lignée du second

Fiche

D’après la bande dessinée de Lowell Cunningham
Réalisateur(s):Barry Sonnenfeld (Men in Black I & II)
Scénariste(s):Etan Cohen (Tonnerre sous les tropiques), David Koepp (Anges et démons), Jeff Nathanson (Le casse de Central Park), Michael Soccio
Acteurs:Will Smith (prochainement dans Independence Day 2), Tommy Lee Jones (Captain America : First Avenger), Josh Brolin (True Grit), Jemaine Clement, Michael Stuhlbarg (Hugo Cabret), Emma Thompson, Bill Hader (Paul), Alice Eve (Trop belle !)
Pays:USADate de sortie:23 mai 2012
Genre:Action, Comédie, Science-FictionDurée:1h44
Budget:215 000 000 $
En quinze ans de carrière chez les Men in Black, l’agent J a vu beaucoup de phénomènes inexplicables… Mais rien, pas même le plus étrange des aliens, ne le laisse aussi perplexe que son partenaire, le sarcastique K.

Lorsque la vie de K et le destin de la Terre sont menacés, l’agent J décide de remonter le temps pour remettre les choses en ordre. Il va alors découvrir qu’il existe certains secrets de l’univers que K ne lui a jamais révélés. Il est cette fois obligé de faire équipe avec l’agent K, plus jeune, pour sauver la vie de son partenaire, l’agence, et l’avenir même de l’humanité…

Critique

En regardant la bande annonce, on avait la désagréable sensation comme le sixième sens de l’Araignée que le nouveau Men In Black y montrait un peu tout ce qu’il y avait à voir. Sensation malheureusement confirmée après visionnage. Toutes les meilleures blagues, tous les meilleurs moments y sont condensés à l’extrême à tel point que rien ne nous surprend au visionnage.

Pourtant le début démarrait en fanfare avec une évasion astucieuse nous permettant aussi de découvrir un méchant charismatique avec un look assez barré même s’il n’attendra jamais le culte cafard géant plongé à l’intérieur d’un humain. C’est déjà mieux que la meuf de Twin Peaks dans le second. Seulement, il ne sera que très peu exploité et tellement mal par la suite qu’il en devient ridicule et dérisoire. Surtout le scénariste qui essaie de nous refourguer une réplique supposée « culte » : « Accordons notre désaccord », un truc comme ça. J’ai déjà oublié la réplique exacte deux heures après le visionnage (c’est l’heure affiché à l’instant où j’écris cette ligne). M’enfin bref, c’est pour vous dire que c’est relativement casse burne vu qu’on n’a apparemment pas expliqué au scénariste qu’une blague, c’est drôle une fois, peut-être encore la seconde fois, beaucoup moins la troisième fois mais alors à partir de la quatrième fois, il vaut mieux la ranger.

D’ailleurs en parlant de répliques, ça soulève un mal de ce MIB devenu le Will Smith Show. Etant donné que Tommy Lee Jones en avait un peu ras le cul de faire K, ils ont dû se démerder pour en rajouter un nouveau (Josh Brolin impeccable comme toujours mais bon, ce n’est pas Tommy, il essaie de l’imiter mais sans le regard de chien battu légendaire, ça ne donne pas la même chose). Donc on se retrouve seul avec Will Smith la majeure partie du temps et c’est trop, beaucoup trop. Le mec part tellement en live sans personne pour le retenir que ça en devient furieusement… « inhilarant » (cherchez pas dans le dictionnaire, je l’ai inventé). Pourtant je l’adore le Will mais c’est un peu comme un copain marrant et lourd, quand on le voit de temps en temps c’est cool mais tous les jours avec lui, on finit par se jeter par la fenêtre.

En plus, le pauvre, il n’est guère aidé par les répliques qui font flop neuf fois sur dix. Un ratio très, très bas. La seule blague notable implique les noirs et les voitures. Le reste du temps, c’est de la resucée de Men In Black. Un peu comme si le mec responsable du script avait repris les blagues des précédents et changé quelques mots. Alors le spectateur qui l’a vu une bonne dizaine de fois, il est passablement irrité.

Sans compter qu’on nous ressert encore la même soupe au lieu de tenter un minimum d’innovation. Encore un méchant envoyé sur notre cher planète qui a des potes à lui qui l’attendent pour envahir la planète. Ce n’est pas en y ajoutant un soupçon de Retour vers le futur qui va changer quelque chose vu qu’au final, c’est totalement inexploité que ça ne sert presque à rien (bon je concède, deux/trois blagues avec Warhol, un saut dans le temps, des hippies et basta). Tout va tellement vite et en même temps, ça paraît tellement lent qu’on se fait un peu chier. C’est contradictoire je sais.

Comment l’expliquer ? En fait, il y a une telle volonté de mettre du dynamisme que les évènements s’enchainent à toute vitesse sans queue, ni tête. Les agents débarquent dans un endroit, trouve un indice (parfois y a des gunfights) et passent à l’endroit suivant. Et c’est répété plusieurs fois sans conviction donc on finit par s’emmerder devant l’absence de surprise et de vrai enquête. On ne prend plus le temps de savourer, de découvrir, de s’émerveiller comme dans la séquence culte de la morgue du premier. On y prenait le temps d’installer l’intrigue, y avait de la tension, de la tristesse et des bonnes blagues. Le problème, c’est que le premier Men In Black était une comédie un peu noire et là on se retrouve avec un produit MTV où tout est emballé sans aucun sens du rythme : accélérer les évènements à fond, je n’appelle pas ça du rythme. C’est comme un beau match de foot, il faut de la vitesse mais aussi prendre le temps de découvrir l’adversaire, de faire monter la sauce, avec des adversaires qui se toisent et une bagarre de temps à autre (le coup de boule de Zidane n’est pas devenu culte pour rien).

Les extraterrestres passent presque au second plan, on nous en fout un max dans les passages au QG et nada ailleurs hormis le bad guy et le mec bizarre qui voit tous les futurs possible mais en même temps, on a juste pris un mec avec une tête de con et on lui a foutu un bonnet. Mais merde, où est passé le chien qui parle, Mikey le ouf, le vendeur avec sa tête qui repousse. Ce n’est pas en foutant Lady Gaga en arrière plan pour essayer de nous refaire le coup « Michael Jackson est un ET?! » que notre faim sera satisfaite. En plus bon, merci la pub pour la Move refourgué discrètos mais bon, si ça permet de remplir le budget. D’ailleurs en parlant de budget, le film a coûté grosso modo la même chose qu’Avengers, eh ben dis donc, on n’a pas la même chose à l’écran. Même pas une vulgaire invasion extraterrestre.

Y a quelques trucs pas mal quand même, la révélation finale bien marquante et… euh… ben, c’est Men In Black quoi. On surfe sur l’aura d’un film culte et ça permet de disposer d’un capital de sympathie. Mais bon les gars faut essayer autre chose, quitte à mettre le voyage dans le temps, essayez de l’exploiter un peu parce que bon là, vous vous ne vous êtes pas foulé. Allez, la première demi-heure est sympa surtout la séquence avec affichage du titre dommage que le reste ne soit pas du même acabit. Pour bien illustrer à quel moment le film devient inintéressant, c’est quand K old disparaît.

Pour les effets spéciaux, ce n’est pas bien fameux. On retrouve des séquences complètement ratées surtout celles qui font intervenir le double numérique visible à des kilomètres (aussi désagréable que de voir que ce n’est pas Schwarzenegger qui conduit la moto dans Terminator 2). Heureusement, d’autres sont réussis, je pense surtout au lancement d’Apollo ou le saut dans le temps. Pour la 3D, elle est sympathique avec des effets marrants.

Conclusion

Tommy Lee Jones avait tout compris, il n’était pas motivé à faire ce troisième et on le comprend en voyant le résultat final. Quelle tristesse de voir la saga plonger ! Men In Black 3 est dans la même veine que le second mais en plus long…
+– Tommy Lee Jones immortel
– c’est les Men In Black!
– la séquence d’intro
– Will Smith lourd mais lourd
– rien d’original
– séquences d’actions à dormir assis avec une repompe sur Casino Royale sans le parkour
4/10

Men-In-Black-3-Affiche-France

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