Critique : Marvel’s Jessica Jones – Saison 1

Elle picole trop, mais c’est une vraie héroïne

Fiche

Intégré au Marvel Cinematic Universe
Titre:
Marvel’s Jessica Jones
Créateurs:Melissa Rosenberg
Acteurs:Krysten Ritter, David Tennant, Mike Colter, Rachael Taylor, Carrie-Anne Moss
Titre original:Saison:1
Pays:États-UnisNombre d’épisodes:13
Genre:Action, Drame, Science fiction, ThrillerFormat:50/60 mn
Diffusion d’origine:20 / 11 / 2015Chaîne:Netflix

À trente ans, à la suite d’un stress post-traumatique, Jessica Jones, super-héroïne, décide de se reconvertir en détective et ouvre sa propre agence…

Pas vraiment commode, la Jessica.

Critique

Difficile de passer après Daredevil, la série Marvel/Netflix ayant fait si fort au point de ringardiser tous ses collègues super-héroïques de la télé, Arrow en premier. Du coup, confier cette mission à Jessica Jones et son mètre 75 avait, à première vue, tout du pari casse-gueule. Mais, c’était seulement à première vue finalement…

J’irais droit au but. Non, à mes yeux, Jessica Jones ne rivalise pas avec Daredevil. Il faut dire qu’il y a un point, ou plutôt deux, qui la pénalisent d’emblée. D’un, l’effet de surprise a disparu et cela avait beaucoup joué sur le phénomène DD. De deux, là par contre, c’est plus personnel, Jessica Jones n’est pas mon super-héros préféré, alors que l’homme sans peur est dans mon Top 5. Mais peu importe finalement, car Jessica Jones n’est finalement pas une vraie super-héroïne. Plutôt une détective privée dans le style film noir. Comme le dit si bien Luke Cage dans le show, elle boit trop, elle est cynique, elle est solitaire, mais pourtant, elle nous charme.

Krysten Ritter est Jessica Jones

Pendant longtemps, on avait reproché aux producteurs de séries ou de films super-héroïques de ne pas offrir une figure féminine forte. Certes, il y avait Natasha, mais c’était davantage un second rôle. Au final, on attendait tous Captain Marvel et Wonder Woman, mais finalement, et les fans ne seront pas surpris, elles furent tous dupées par Jessica Jones. Elle est la première vraie super-héroïne live. Je n’avais pas trop de doutes quant au choix de l’actrice, malgré tout, il me fallait une confirmation. Eh bien, je l’ai eu cette confirmation, Krysten Ritter EST Jessica Jones. Elle ne semble même pas faire d’effort ou jouer. Elle incarne parfaitement cette idée du détective privée de film noir dépeinte par Brian Michael Bendis dans son comic Alias.

Le show s’éloigne du comic, toutefois, il en respecte toujours l’essence. Si certains personnages sont remaniés, si d’autres ont été créés, si les intrigues sont, pour la plupart, neuves, j’ai vraiment retrouvé l’esprit d’Alias. Le meilleur avec cette nouvelle configuration, c’est que j’ai été davantage accroché, car je ne savais pas ce qui allait se passer ensuite. Comme sur le show Daredevil.

Néanmoins, l’ensemble n’est pas dénué de défaut. Déjà, il faut savoir que le jeu du chat et de la souris (parfois inversé) entre Jessica Jones et le vilain, Kilgrave, est au cœur de toute la saison (un peu comme la série, The Following). Même s’il y a quelques épisodes qui en digressent pour développer les personnages secondaires, ça fait long. Trop long. Au point que par moment, les situations deviennent un peu loufoques, sans pour autant déverser dans le n’importe quoi (contrairement donc à The Following). En fait, j’avais espéré que cette saison prenne le temps d’installer l’environnement de Jessica Jones, avec plus de missions secondaires comme on dit dans le langage du jeu vidéo, au lieu de rentrer directement dans le vif du sujet. Au final, ça ne dure qu’un épisode. C’est dommage, mais d’un autre côté, c’est le seul point que je reproche vraiment à cette saison.

Oui, vraiment, car pour le reste, c’est d’un excellent calibre. Les scénarios sont très bien écrits. J’ai été ému plusieurs fois. De plus, les personnages secondaires sont suffisamment étoffés pour susciter de l’intérêt, voir de l’empathie. Même la voisine semblant sortir d’une sitcom (« une new-yorkaise en fait », diront certains). En toute franchise, j’ai adoré cette dernière. J’étais totalement fasciné et je voulais vraiment la revoir pour savoir quelles excentricités, elle allait faire. Toutefois, ils ne sont vraiment que deux à vraiment sortir du lot : Luke Cage et, évidemment, Kilgrave.

Luke, l’ami des chiens.

Commençons avec Luke Cage. En découvrant que c’est Mike Colter qui allait incarner le super-héros black, j’étais un peu déçu. Physiquement, je ne retrouvais pas vraiment le personnage. Ok, il est black et musclé, mais ça s’arrête là. Puis en voyant la série, j’ai compris le choix. Son alchimie avec l’actrice Krysten Ritter était si évidente qu’il m’est désormais difficile d’imaginer un autre acteur dans le rôle. Le gars est vraiment dans le trip Cage. Il a la répartie bad ass et surtout, il en impose physiquement. Avec son mètre 91, il peut regarder Thor les yeux dans les yeux sans bouger la tête. Le must, c’est ses scènes de sexe avec la détective. Une belle tranche de rire qui détonne dans le milieu si prude des adaptations de comics Marvel. Un vrai coup de pied aux couilles des autres adaptations et une belle preuve que Jessica Jones n’est pas un Marvel comme les autres. C’est un film noir dans l’univers Marvel, nuance.

Dans ce genre, il y a aussi de l’action. Pour son premier combat, la série laisse à désirer (par contre, les autres sont plus funs). C’est l’occasion de découvrir le style de Luke et il m’a beaucoup plu. Le voir prendre la tête d’un assaillant avec l’aide d’une seule main a ce petit quelque chose d’ultra jouissif. Bref, j’ai vraiment hâte de le voir dans sa propre série, le personnage conservant beaucoup de zones d’ombre donnant envie d’en savoir plus. Une pierre, deux coups. D’un, le personnage apporte beaucoup à la saison et de deux, on fait la promo pour sa série. Quant au style de Jessica, il est un peu rustre. Cela s’explique par le fait que la détective n’a pas vraiment besoin de savoir se battre. Au final, ça reste logique et appréciable.

Kilgrave, ce vilain qui aimait le violet

En successeur du monstrueux Wilson Fisk se pose Kilgrave incarné par l’ex-Docteur Who, David Tennant. Je n’ai pas souvenir de l’acteur dans un autre rôle que celui de l’individu qui voyageait dans le temps depuis une cabine téléphonique, donc quand j’ai quitté Tennant, c’était un dandy sympathique avec beaucoup d’humour. En passant de l’autre côté de la barrière pour ce rôle de vilain Marvel, il fait des étincelles… Violettes. Si je regrette qu’il apparaisse trop vite, évinçant par-là son statut de croque-mitaine. Kilgrave est si épatant que je souhaitais systématiquement son apparition. Il fait tellement bien le show et vole pratiquement la vedette à tout le monde. De plus, comme pour Wilson Fisk, son personnage laisse apercevoir des traits d’humanité qu’on n’aurait pas soupçonnée, le rendant vraiment intéressant. Ainsi, le Purple Man version série télé surclasse son homologue papier. Alors que les méchants marquent rarement les esprits dans les films Marvel, pour les séries Netflix, ils en sont à deux sur deux. Un ratio de 100 % que j’espère être conservé avec la prochaine série, Luke Cage actuellement en cours de tournage. Bon ok, techniquement, le prochain, c’est la saison 2 de Daredevil, mais ce n’est même pas la peine d’espérer de voir le ratio baisser avec. Le Punisher, quoi…

Ceux qui ont trouvé la série Daredevil un peu trop dark… N’espérez pas un changement avec Jessica Jones. C’est toujours aussi sombre. Personnellement, je l’ai même trouvé plus violente. Certaines morts étant pour le moins choquante (même si rien ne rivalise avec celle de Daredevil, un vrai traumatisme pour le fan que je suis). Surtout, le style ne change pas malgré ce que pouvait laisser supposer les différents posters promotionnels ou même le générique. Niveau réalisation, niveau photographie, c’est le même style à quelques nuances près. J’ai trouvé l’ensemble moins inspiré. Bref, on a transposé cette idée d’uniformisation des films Marvel pour les shows Netflix. Et c’était forcément obligatoire, car toutes les séries partagent le même univers.

Côté super-héroïsme, les pouvoirs sont très utilisés, mais toujours dans un registre film noir. N’espérez donc pas des combats chorégraphiés à la Daredevil, la plupart sont expédiés (à part un magnifique dans l’appartement de Jessica) dans le style fight street, un peu comme ces films de détective privée à l’exception que les pouvoirs de Jessica lui permettent de surclasser ses adversaires masculins. C’est rafraîchissant, car ça prouve qu’on ne tente pas de reproduire la même formule à chaque série. La véritable fascination reste les pouvoirs de Kilgrave, car ils ne ressemblent à rien de ce qui a déjà été vu et permettent de développer des propos originaux tout en installant une paranoïa subtile. Mais la palme de la démonstration la plus cool est pour Luke Cage.

Par Christophe Menat, le , depuis Hell’s Kitchen pour la deuxième fois.

Kilgrave, un deuxième vilain réussi pour la team Marvel/Netflix.

Conclusion

Avec Jessica Jones, l’association Marvel et Netflix transforment l’essai et confirment que Daredevil n’était pas une exception, seulement la porte d’entrée d’une maison de merveilles. Si je garde une préférence pour Daredevil à cause des défauts de Jessica Jones (et parce que Daredevil est un de mes super-héros préférés), je me suis tout de même éclaté grâce à cette formule sensiblement proche des aventures du Diable d’Hell’s Kitchen, mais qui avance tout de même beaucoup de différences. Bref, l’univers Marvel/Netflix n’en est qu’à ses balbutiements et ils sont déjà merveilleux. Vivement la suite.

+

  • Le casting est entièrement parfait
  • Kilgrave est un digne concurrent de Wilson Fisk dans son style
  • Scénario, réalisation toujours aussi soignés
  • L’ambiance film noir

  • Dommage d’avoir introduit trop vite Kilgrave au point que l’intrigue principale a parfois du mal à trouver des idées pour prolonger le trip
8/10

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A propos de l'auteur : (2925 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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