Critique : Les Amants du Texas

Affiche de Les Amants du Texas
C’est beau… mais c’est chiant !

Fiche

Titre:
Les Amants du Texas
Réalisateur(s):David Lowery
Scénariste(s):David Lowery
Acteurs:Rooney Mara, Casey Affleck, Ben Foster, Keith Carradine, Nate Parker
Titre original:Ain’t Them Bodies SaintsDate de sortie:18 septembre 2013
Pays:États-UnisBudget:3 000 000 $
Genre:Drame, RomanceDurée:1h 37

Bob et Ruth s’aiment, envers et contre tout. Et surtout contre la loi. Un jour, un braquage tourne mal et les deux amants sont pris dans une fusillade. Quand Bob est emmené par la police, Ruth a tout juste le temps de lui annoncer qu’elle est enceinte. Dès lors, Bob n’aura qu’une obsession : s’échapper de prison pour rejoindre sa femme et son enfant.

Mais quand il y parvient, quatre ans plus tard, le rêve correspond mal à la réalité. En fuite, poursuivi par la police et par les membres d’un gang, Bob peine à rétablir le lien avec sa famille. Ruth est devenue mère et elle ne veut pas d’une vie de cavale : courtisée par un policier attentionné, la jeune femme devra choisir entre le passé et l’avenir.

Critique

L’affiche me subjuguait. Voir ces deux grands acteurs jouer deux amoureux transis que la police sépare me donnait des élans de romantisme. Je n’avais qu’une seule attente : bénéficier d’une histoire d’amour qui prend aux tripes (donc avec un final forcément tragique – les meilleures histoires d’amour finissent toujours mal). La découverte de la réalité fut rude…

Les Amants du Texas fait partie de la catégorie des films que j’appelle : « C’est beau, c’est bien joué… Mais qu’est-ce que c’est chiant ! ». En une phrase, on résume toutes les qualités et les maux du long-métrage de David Lowery. Le gars se démerde pourtant pas mal avec la caméra. Il la place toujours judicieusement. Au plus près des acteurs pour capter leurs sentiments ou au loin pour bénéficier des superbes paysages du Texas (du moins, mon Texas fantasmé, n’y ayant jamais foutu les pieds). Il bénéficie aussi d’une superbe musique bien collée sur les images. Niveau technique, Les Amants du Texas offre une base solide.

L’interprétation des acteurs Rooney Mara, Casey Affleck, Ben Foster et Keith Carradine est impeccable. Chacun réussissant à transmettre l’état d’esprit de leurs personnages sans en faire des masses. En même temps, les quatre sont des acteurs confirmés. Malgré tout, difficile de s’attacher aux personnages. Ces derniers n’inspirant guère la sympathie. Sans vouloir heurter, mais c’est un peu le truc de suivre des bouseux qui ont un peu des vies de merde et qui tentent de s’en sortir. Entre le mec un peu teubé qui s’évade de prison, la femme clichée qui place sa fille au centre du monde et le flic amoureux de la fille (parce qu’il faut un trio amoureux). Le tout entrecoupé de longs plans contemplatifs censés faire pousser des émotions dans le cœur des spectateurs.

Voir ces deux grands acteurs jouer deux amoureux transis que la police sépare me donnait des élans de romantisme.

L’ensemble évolue lentement, tellement lentement (un court-métrage est largement possible avec un tel scénario) qu’on commence à penser à autre chose et à décrocher du film. C’est là toute la difficulté du rythme lent. Sans doute, le défi le plus périlleux du cinéma. D’un côté, il est le symbole de la réalité (la vie, ce n’est pas Fast & Furious). De l’autre côté, pas grand monde n’aime aller au cinéma pour vivre une vie qu’ils vivent déjà. Le but premier du cinéma étant de faire rêver. Malgré tout, certains films réussissent à utiliser cette lenteur pour faire passer un message ou à s’en servir pour faire passer des sentiments. Chez Les Amants du Texas, ce ne sera ni l’un, ni l’autre. On s’emmerde tout simplement.

Le pire tout de même, c’est le final consternant. Une seule pensée m’est venue à l’apparition du générique final. « Tout ça pour ça ? Misère, j’aurai mieux fait de rentrer chez moi pour jouer à GTA V. ».

Spoiler : le film en Fast & Furious

Course poursuite entre les deux amants et les flics. Flash-back, la fille annonce à son mec qu’elle est enceinte. La course-poursuite se termine avec une fusillade et l’arrestation des deux amants. Fin de la scène d’ouverture.

4 ans plus tard, le mec s’évade. Rejoint la ville. Pendant ce temps-là, la fille se fait draguer par un flic. Le mec rejoint la ville et tente de renouer des contacts. Il appelle la fille et lui dit que c’est le moment de partir en cavale. La fille refuse. Le flic continue à la draguer. Des méchants débarquent. Fusillade. Le héros bute les méchants, mais se prend une balle. Il va voir la fille et décède dans ses bras tout en ayant vu sa fille pour la dernière fois.

Fin.

PS : le deuxième paragraphe dure 1h20 dans le film. 1h20 !!!

Conclusion

Un film « C’est beau, c’est bien joué… Mais qu’est-ce que c’est chiant ! ».

+– C’est beau
– C’est bien joué
– C’est chiant (je l’aurais suffisamment dit)
4/10
Affiche de Les Amants du Texas
Affiche de Les Amants du Texas

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